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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Robert et la yourte
Robert et la yourte

Yenne, la patrie du gâteau de Savoie dont l’origine remonterait au bâtard Pierre de Yenne qui le fit servir au comte Vert de Savoie aux alentours de l’an de grâce 1348 (voir les mystères de la Savoie de votre serviteur).

Ma pensée du jour : « Chaque être crie au silence pour être lu autrement ». (Simone Weil).

Il est déjà un peu tard lorsque nous prenons la route vers notre destination après avoir bu notre café au café du coin. La nuit dans la yourte fut bonne, mais il a fallu tout de même rajouter une couverture au-dessus du sac de couchage car il faisait bien frais.

Etape 5 – col du mont Tournier – St Maurice de Rotherens - 17 km (109 km)

Tout commence par une montée assez raide sous un soleil déjà bien présent. Notre première halte est pour Notre-Dame de la Montagne, petite chapelle qui surplombe la cité de Yenne. Elle fut construite lors de la fièvre qui prit les Savoyards lors du rattachement de la Savoie à la France en 1860. La statue fut réalisée par l’artiste qui réalisa la célèbre Vierge de La Fourvière à Lyon. On pensait que la Vierge protégerait la ville à la suite des incendies de 1840 et de 1850. Toujours est-il que notre arrêt fut le bienvenu pour reprendre son souffle et quitter le k-way.

Dessin du tombeau de Pierre Boisson
Dessin du tombeau de Pierre Boisson

Le chemin est assez raide même si parfois il y a des faux-plats. Nous arrivons bientôt à un surplomb qui nous annonce qu’en face, en France selon les habitants de Yenne, dans l’Ain en fait on peut apercevoir le tombeau de Pierre Boisson. Né en 1819, ce personnage rêvait d’Amérique. Adolescent, il quitta la région pour s’embarquer à Marseille sur un voilier en direction du Mexique. Il fit fortune comme dentiste. Il revint en 1875 demandant à être enterré en terre natale. Mais, les autorités lui interdirent cette possibilité car il était franc-maçon. C’est pourquoi il fit ériger un monument de l’autre côté du Rhône qui regardait sa ville natale. La construction dura 5 ans car il fallait transporter les matériaux sur une barque et les porter à dos d’homme.

La chartreuse de Pierre-Châtel (Ain)
La chartreuse de Pierre-Châtel (Ain)

Tout en marchant, nous arrivons bientôt à un nouvel promontoire où nous pouvons découvrir sur l’autre rive du Rhône la forteresse de Pierre-Châtel. Déjà surnommé par les anciens Castrum Petra, ce piton servit de base à la construction d’une maison forte qui servit de résidence secondaire aux Princes de Savoie. En 1383, le lieu fut transformé pour servir de monastère aux Chartreux. En 1814, elle fut assiégée par les Autrichiens qui ne purent s’en emparer. Entre 1840 et 1850, un fortin fut construit. Mais, avec le rattachement de la Savoie à la France, le lieu perdit sa vocation stratégique.

Une croix-menhir
Une croix-menhir

Le chemin est par moment très raide et long. Tel un très bon marcheur, Robert le gravit allégrement alors que votre serviteur souffre. Tel un bon compagnon de voyage, Robert m’attend de temps à autre et ainsi nous cheminons. Nous découvrons cette croix qui semble avoir été forgée dans un ancien menhir. Pesant près de 700 kg, elle faisait partie d’un groupe de trois, les autres ayant disparues. Là aujourd’hui où c’est encombré de feuillus existaient autrefois une prairie qui servait de lieu de pèlerinage.

La pierre qui roule...
La pierre qui roule...

Plus loin, c’est une énorme pierre qui roule. Vous savez, ces pierres sensées cacher un trésor dont on ne peut avoir accès qu’entre les douze coups de minuit le soir de Noël. Gare à celui qui reste trop longtemps pour récupérer le maximum de pièces d’or. Il risque de rester bloqué dessous pendant une année. Vieille légende que l’on retrouve dans de nombreuses régions de France.

Une stelle pour se recueillir
Une stelle pour se recueillir

Le soleil tape toujours. Alors que nous nous entretenions sur les croix des pèlerins décédés sur le Chemin de Compostelle, nous tombons justement sur une stèle portant la date de 2008 et la mention Ultreia ! Le signe de ralliement des jacquets (voir ma page à ce sujet). Ainsi, ici, comme l’a voulu Molière : mourir en jouant sur une scène, un pèlerin (ou une pèlerine) est décédé en marchant vers le chemin des étoiles. Belle destinée.

Puis, c’est le mont Tournier que je contourne et notre arrivée à St Maurice-de-Rotherens. Robert a réservé aux Chamois, je décide d’y faire halte même si cela est au-dessus de mes prévisions. L’accueil est chaleureux, l’endroit digne d’une chambre d’hôtes même s’il est classé en gite. Le diner fut de grande classe en compagnie d’un Suisse allemand et d’un Allemand. Bientôt, fatigué, Morphée me tendit ses bras. J’y succombais…

A suivre. Bourguignon la Passion

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