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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Ancienne abbaye d'Aniane (photo).
Ancienne abbaye d'Aniane (photo).

Grosse journée en perspective puisque nous (je vous y associe très volontiers), nous allons passer dans deux lieux importants pour la Chrétienté. Tout d’abord Aniane où s’était établi Benoit d’Aniane qui rénova la première règle monastique bénédictine établie par Benoit de Nursie. Ensuite, à Saint-Guilhem-le-Désert, celui qui fut un fidèle de Charlemagne et fit bâtir l’abbaye de Gellone. Aujourd’hui, ce village es classé parmi les plus beaux de France.

Parfois, un chemin tranquille.
Parfois, un chemin tranquille.

Mais avant de rejoindre ces deux lieux symboliques, il nous faut partir de Montrenaud. Très rapidement, la route fait place à une importante falaise pleine de rochers et d’éboulis qu’il faut gravir. C’est le prix à payer pour changer de vallon. Les rochers font de nouveau place à la garrigue déjà longuement rencontrée depuis Montpellier. Puis à un long chemin qui n’est que la voie d’une ancienne ligne du train local. Une belle reconversion !

Montagne verdoyante.
Montagne verdoyante.

Tout autour, la campagne est verdoyante même si par moment le sol est d’une teinture tirant sur le rouge grenat. On dirait de la lie de vin. A un moment donné, j’ai deux options. Tout d’abord celle de suivre le chemin de Grande Randonnée qui contourne la montagne. Je préfère la seconde qui consiste à passer par l’ancien tunnel ferroviaire de 350 mètres de long. Il est indispensable d’avoir une lampe-torche.

La traversée du tunnel.
La traversée du tunnel.

Celle installée sur mon smartphone suffira je pense. L’impression est étonnante. C’est le noir complet, il n’y a plus un bruit sauf le crissement de mes chaussures sur le gravier qui résonne. La lumière est si faible qu’on s’attend à voir sortir quelqu’un à tout moment des renfoncements du tunnel. Et puis, enfin, la lumière de l’autre bout du tunnel apparait. L’épreuve fut courte mais captivante.

L’arrivée à Aniane est rapide, et je découvre que l’abbaye si chère à Benoit d’Aniane est dans un piteux état. Fondée en 782 par Wittiza, un aristocrate wisigoth converti ayant pris le nom de Benoit en hommage à Benoit de Nursie, celui-ci rénova la règle bénédictine émise par son prédécesseur sous la férule de Louis le Pieux afin de la diffuser dans l’empire carolingien.

Gorges de l'Hérault.
Gorges de l'Hérault.

Elle fut successivement abbaye, filature après la Révolution, centre pénitentiaire, centre pour jeunes délinquants... Classée Monument historique en 2004 (il n’est jamais trop tard !), la Communauté de Communes en prit possession en 2010. Je repars un peu déçu de cette (fausse) visite devant des grilles cadenassées. J’espère que l’avenir de la restauration envisagée sera plus brillant.

Le pont du diable.
Le pont du diable.

En route maintenant vers le Pont du diable sous un soleil écrasant. Mon pas a nettement ralenti. Situé sur les magnifiques gorges de l’Hérault, il fut construit au début du XIe siècle par décision des deux abbés, d’Aniane et de Gellone (Saint-Guilhem). De style roman lombard, il fait l’objet d’une légende typique de cette période. Saint-Guilhem passa un marché avec le diable en lui offrant l’âme du premier être qui passerait sur le pont terminé. Ce fut un chien. Se jetant dans l’Hérault, il créa le gouffre noir. Jadis lorsque les pèlerins passaient, ils jetaient des cailloux pour l’empêcher de remonter. Tradition perdue…

Ancienne abbaye Gillone.
Ancienne abbaye Gillone.

Remontant par un petit chemin en contrebas de la route, je découvre la première abbaye de Gillone en ruines, celle élaborée par Guilhem. Surplombant les gorges, les moines devaient avoir une vision très onirique de ce qu’étaient la terre, le ciel, les éléments de la nature. Ils l’abandonneront au profit du site auquel j’arrive maintenant. La chaleur est si forte que mon coca glacé passe très rapidement.

Descente dans la crypte.
Descente dans la crypte.

Dans l’article suivant, je vous fais découvrir en quelques photos ce magnifique site. Ce nouveau site fut construit au XIe siècle. C’est une représentation typique de l’art roman méridional. Qu’en dire ? C’est magnifique, prenant, émouvant au-delà de la partie architecturale. La descente dans la crypte fut pour moi d’une grande émotion, un peu à la manière dont je le vis à chaque fois la crypte de la Madeleine de Vézelay.

L'intérieur de la crypte.
L'intérieur de la crypte.

Quant au cloitre, il est sublime. On comprend pourquoi le site est visité par 650 000 personnes par an.

Mes accueillants sont les Carmélites Saint-Joseph, un ordre de moniales bien intégrées dans le monde, partageant leurs vies entre actions et prières. J’eus une conversation très intéressante avec la sœur en charge du gite. Le soir, j’ai participé à l’eucharistie avec un partage du pain (en l’occurrence un morceau d’hostie) et du vin qui me rappelle notre cérémonie pascale (clin d’œil !). C’est la première fois que je vis cela au sein de l’église catholique.

Comme vous le voyez, une journée riche que je n’oublierai pas.

A suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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