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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Hospitalier au Puy-en-Velay du 21 au 31 mai 2015 – quelques notions…

Depuis que j’ai entrepris le Chemin, j’ai souvent été accueilli par des bénévoles eux-mêmes cheminants ou pèlerins, parfois anciens pèlerins. Lors du cheminement, cette rencontre s’effectue au sein des familles, c’est ce que nous appelons l’accueil jacquaire. Parfois, elle se déroule dans des monastères ou, comme c’est le cas au Puy-en-Velay, dans des relais jacquaires. Quelquefois aussi dans des gites privés ou communaux, des campings... L'ambiance y est différente.

Comme de nombreux pèlerins ou cheminants, l’idée fait son chemin dans la tête : il arrive le temps où l’on peut, et l’on veut donner ce que nous avons reçu. C’est aussi une autre façon de voyager, de rencontrer l’autre, les autres qui vous enrichissent sans les fatigues de la marche. C’est une façon de servir et de consacrer du temps utilement.

Nous et l'équipe sortante.
Nous et l'équipe sortante.

Qu’est-ce qu’un hospitalier ?

Cela n’a naturellement rien à voir avec les Hospitaliers de Saint-Jean ou avec les monastères, nous sommes à une autre époque. Bien que, sous certains aspects, nous en reprenons quelques missions… Cela n’a rien à voir avec les servants que l’on retrouve dans certains ordres initiatiques… En fait, l’hospitalier est un bénévole volontaire qui a déjà fait le chemin, et qui va consacrer une ou deux semaines de son temps aux jacquets. Il est au service du pèlerin ce qui signifie qu’il est disponible, aimable, qu’il écoute et respecte l’autre, qu’il apporte le réconfort et les réponses adaptées,… en toute humilité. Il doit tout faire pour faciliter la démarche du pèlerin sans tomber dans l’assistanat ou le paternalisme.

Carmen, Dominique et Alain
Carmen, Dominique et Alain

En ce qui me concerne, j’ai officié pendant 11 jours avec Carmen (venue de Barcelone) et Dominique (de la Drôme) au Relais du Pèlerin Saint-Jacques situé à 100 mètres de la cathédrale. D’une capacité de 27 lits, il se trouve dans les locaux du collège Saint Régis (en fonctionnement) appartenant à la Congrégation des Sœurs de Sainte Croix. En lien avec l’église locale, cette Congrégation est heureuse de les mettre à la disposition de tous les pèlerins sans distinction notamment de revenus, de race, de religion… A leur suite, le premier témoignage à donner est celui de la charité. En effet, l’hospitalité (hébergement et petit-déjeuner) est basée sur le principe de la participation libre aux frais (donativo) donnée par le pèlerin en fonction de ses possibilités. Nous précisons bien au pèlerin que sans sa participation financière, l’accueil en ce lieu ne serait pas possible. Elle est donc laissée à son appréciation. Le pèlerin verse lui-même, son don dans une sorte de boite aux lettres dont les hospitaliers n’ont pas la clé. La gestion financière n’est pas de notre ressort.

Le partage de la soupe...
Le partage de la soupe...

L’accueil en fraternité des pèlerins débute à 15 h. L’hospitalier, identifié par son badge, accueille, installe les pèlerins vers son box individuel et se rend disponible pour toute demande d‘information ou d’écoute… jusqu’à 22 h, heure de fermeture des portes. Le soir, aucun repas n’est servi. Toutefois, les pèlerins peuvent prendre leurs repas hors-sac dans la salle d’accueil du rez-de-chaussée. Ils disposent à cet effet d’un four à micro-onde. En ce qui concerne notre équipe d’hospitaliers, tout en payant notre propre nourriture, nous avions décidé de préparer une soupe du pèlerin pour ceux qui voulaient la partager avec nous. Une façon de créer un esprit de corps et de lever les inquiétudes de ceux qui débutent leur cheminement au Puy-en-Velay.

Vue de ma chambre, Le Puy
Vue de ma chambre, Le Puy

Le lendemain, à partir de 6h30, commence le service du petit déjeuner préparé par les hospitaliers. L’un d’eux accompagne généralement les pèlerins à la bénédiction des pèlerins afin de partager ce moment intense avant le grand départ.

Les derniers pèlerins doivent quitter le Relais à 8h30, heure de fermeture des portes. C’est alors que commence le travail manuel important des hospitaliers. Quotidiennement, nous devons procéder au nettoyage complet des locaux : vaisselle, draps, taies d’oreiller, lavage des sols, des sanitaires, faire les courses pour le petit-déjeuner et pour nous …

Dernier petit point : nous sommes logés dans les anciennes chambres des sœurs, un peu à l’écart des pèlerins pour retrouver des forces vives pour le lendemain.

A suivre. Alain dit Bourguignon la Passion

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Commenter cet article

Dominique Ménard 03/06/2015 22:41

Bravo Alain pour le poste d'hospitalier que je connais. Trois années sur la voie de Vézelay. De grands souvenirs.
Je continue à te suivre sur ton grand Chemin de St Jacques.
Buen camion
Dominique

Alain 04/06/2015 11:19

Merci Dominique. J'entame demain la Régordane vers Arles. Amicalement. Alain