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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Le gite de Morlaàs.
Le gite de Morlaàs.

C’est donc un peu en colère contre le manque de savoir-vivre minimal que je quitte ce lieu où toutefois, hier, j’ai fait tailler ma barbe qui me donnait un peu l’air d’un « compagnon de la route ». J’ai donc décidé de la tailler plus régulièrement, du moins j’essayerai. Il fait toujours aussi chaud, à tel point que même les gens du pays se plaignent. Il manque de l’eau…

A la croisée des chemins.
A la croisée des chemins.

Me voilà donc partie pour encore une longue étape, la plus longue effectuée à ce jour. Il est vrai que j’ai pris du retard à cause de cette canicule qui empêche de marcher aussi longtemps et aussi vite que lorsque le temps est plus clément (pour le marcheur). Jusqu’avant la forêt de Bastard, c’est-à-dire aux alentours de Pau, le chemin passe par de nombreux chemins, routes, bref le quotidien. Ah oui, j’allais oublier. Je n’avais pas entendu venir derrière moi un chien qui s’approchait doucement. Est-ce pour me mordiller le mollet ou tout simplement voulait-il me suivre ? Ayant l’air un peu vicieux, je sais, je sais, je peux me tromper, par prudence, je l’ai chassé. Il a continué pendant un bon kilomètre à me suivre puis il a disparu aussi vite qu’il était arrivé. Un rêve ?

Albert, un vrai hospitalier dans l'âme.
Albert, un vrai hospitalier dans l'âme.

Ayant traversé un quartier résidentiel aux belles villas, au détour d’un champ de maïs, je rencontre un baliseur de Lescar (ceux qui font les marques des chemins de grande randonnée pour les sachants) qui m’engage à aller boire un café chez des gens accueillants les pèlerins. C’est ainsi que je fais connaissance d’Albert, un homme en bonne forme de 85 ans qui venait de terminer son kilomètre de marche quotidien. Encore tout en sueur, il m’offre café et gâteaux. Ancien agriculteur, passionné du Chemin, il fut le premier ange de la journée.

Forêt de Bastard. Un vrai bijou cette forêt que l’on appelle aussi le bois de Pau avec ses chemins bien tracés, bien entretenus, parcourus par de nombreux joggeurs. Même un cavalier passe près de moi. Pas le temps de prendre une bonne photo. Il est vrai que nous ne sommes pas loin de l’hippodrome que se trouve de l’autre côté de l’autoroute. Et dans ce lieu d’une grande beauté, on entend les chevaux s’entrainer. Même une pancarte indique la direction de Santiago à 930 km. Cette distance, c’est le chemin direct par le Camino Frances que je doute alors de suivre.

Quelle belle forêt...Quelle belle forêt...

Quelle belle forêt...

Voilà maintenant la banlieue de Pau. Rien à voir avec les entrées de ville habituelle. Je passe sur l’autoroute A64 par un petit pont bordé de chaque côté d’arbustes. En effet, je continue à entendre les voitures, mais je ne les vois pas. Tout cela est bien réussi, et félicitations à ceux qui ont eu cette bonne idée. Puis c’est le très bel l’hippodrome de Pont Long Pau, un modèle du genre. Je suis en train de tomber sous le charme de cette ville fleurie.

Etape 47 – Lescar - Artiguelouve – Lacommande : 35 km (1128 km)Etape 47 – Lescar - Artiguelouve – Lacommande : 35 km (1128 km)
Maitre Jacques.
Maitre Jacques.

Direction Lescar, un village étendu qui eut son heure de gloire comme première capitale du Béarn, mais aussi comme siège d’un évêché au VIe siècle. Un vrai bail. C’est en arrivant dans l’ancienne ville, que l’on peut découvrir ce passé prestigieux de l’art médiéval. Tout d’abord sa cathédrale qui abrite les tombeaux de certains des rois de Navarre, notamment de la dynastie des Albrets. Mais aussi des peintures dans le chœur réalisées par un dominicain. Sans oublier son portail et ses six coquilles… Saint-Jacques bien sûr ! Comme beaucoup d’endroits, la statue de saint Jacques est très présente.

La Vierge à l'enfant.
La Vierge à l'enfant.

J’y rencontre de nouveau Colette qui, en compagnie de Thierry, un pèlerin belge, de Kio, sa fille, de Bruno dont on m’a déjà parlé sur le Chemin, est présente. En fait, avec ses ampoules, elle a pris le bus de Morlaàs à Lescar pour visiter Pau. Si l’endroit est plaisant, j’aime retrouver cette solitude que je viens de vivre pendant ces quelques jours. C’est donc un peu à regret que je décide de continuer et de parcourir 12 kilomètres supplémentaires.

Direction donc Lacommande sous un ciel de plomb, un bon moyen aussi de gagner une journée avant d’arriver à Oloron-Sainte-Marie. Le début du trajet est loin d’être sympathique, mais c’est le prix à payer. Puis, petit à petit, tout va bien, il y a des petits chemins frais, un peu de véloroute jusqu’à Artiguelouve.

Quelques vues de la cathédrale de Lescar.Quelques vues de la cathédrale de Lescar.Quelques vues de la cathédrale de Lescar.

Quelques vues de la cathédrale de Lescar.

La commanderie.
La commanderie.

Là, j’achète chez un boucher de quoi manger le soir et deux litres de coca. Je sais, deux kilos de plus dans le sac. Mais, cela étanche la soif. Sur les conseils du boucher, je prends la route. Ce fut une chance, nous le verrons, mais aussi une malchance car la distance est beaucoup plus longue que celle qu’il avait avancé. Il faut parfois se méfier des locaux qui vous annoncent cinq kilomètres qui en font neuf. Sous la chaleur du soleil, cela compte.

Eglise de Lacommande.
Eglise de Lacommande.

En fait, lorsque j’arrive en haut de la côte, les gendarmes présents m’annoncent qu’il reste encore 3,5 kilomètres en descente me disent-ils en souriant. Quel humour ! Et comme je me suis engagé à arriver avant 18h00, cela risque d’être juste. C’est dans ces cas-là que l’on se dit que l’on a pris une mauvaise décision. Je lève le pouce pour le principe et surprise, une fiat 500 moderne s’arrête, et Ingrid, une charmante habitante de Lacommande m’invite à monter avant de me déposer en face de la commanderie où je vais loger. Ce sera mon second ange de la journée.

Isabelle, mon hospitalière.
Isabelle, mon hospitalière.

En fait, j’avais mal compris. Si j’arrivais après 18h00, je devais attendre. Alors que je m’installe dans le gite, je m’aperçois que la pochette intégrée sur les sangles de mon sac où je mets mon appareil photo est ouverte. J’ai perdu mon appareil ainsi que les photos prises sur les derniers jours. Une vraie catastrophe.

C’est alors que mon hospitalière, Isabelle, va se montrer d’une grande humanité. Après la fermeture aux visiteurs de la commanderie, elle va refaire avec moi en voiture tout le chemin que j’ai effectué depuis chez le boucher d’Artelouve jusqu’à ma prise en charge par Ingrid. En revenant, je me rappelle m’être arrêté dans une longue côte pour boire du coca.

Le gite de Lacommande.
Le gite de Lacommande.

S’arrêtant plus haut, je pars en footing et découvre mon appareil rouge qui m’attendait dans l’herbe. J’avais une chance sur… de le retrouver. Une vraie chance, j’ai décidément une bonne étoile. Si j’étais passé par le chemin de terre suivi par les pèlerins, nous n’aurions pu le retrouver. Heureusement, je suis passé par la route. De nouveau, un ange fut présent, ce fut le troisième de la journée.

Le cimetière aux stèles discoïdales.
Le cimetière aux stèles discoïdales.

Après ces malheurs qui se terminent bien, je peux enfin prendre du repos après cette rude journée. Et pouvoir découvrir Lacommande, une halte voulue par le vicomte du Béarn qu’il confia à des moines hospitaliers. On peut admirer dans son cimetière de nombreuses stèles discoïdales, signes des moines hospitaliers. Merci Isabelle de continuer cette belle tradition des hospitaliers de ce lieu de tradition.

A suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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