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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Albergue San Xurao.
Albergue San Xurao.

« Il n’en finit pas, le chemin, il est en moi, je suis en lui. Il s’efface quand je le fuis. Je crois le suivre, il me dépasse ». Marc Baron.

Après un petit déjeuner complet, nous quittons Fonte Ferreira sous un ciel couvert et un temps frais. Après quelques centaines de mètres de marche, ce que nous espérions, Jean-Charles et moi, arrive. Sortant d’un champ, nos amis Joao et Damien apparaissent. Ils ont dormi dans un champ sous la tente près de là. C’est pour nous une belle joie.

Sanctuaire sur le bord du chemin.
Sanctuaire sur le bord du chemin.

De concert, sans Laurent resté un peu en arrière, nous reprenons notre chemin. Je leur parle naturellement de Melide et de la dégustation de poulpe chez Madame Ezéquiel.

Après Monteccelo, nous atteignons San Xurao de Aguas Santas où j’avais dormi précédemment. Voulant faire voir à mes amis ce gite moderne, nous assistons à une scène étonnante sur le Chemin, un véritable échange hargneux et fort entre l’hospitalière et un jeune homme, à priori un pèlerin. Nous arrivons sur les entrefaites, et nous en avons les conséquences. On nous demande de partir. Bref, mes amis se moquent gentiment de moi qui leur avais dit que j’avais eu un bel accueil. C’était raté.

La Sierra do Carreon.
La Sierra do Carreon.

C’est la traversée du hameau de Merlan et notre arrivée au village de Cascarrino après un passage par des chemins boueux.

Nous entamons la montée de la crête parmi les genets et les incontournables petits eucalyptus pour arriver au col de la Sierra do Careon, l’ultime col bien modeste du Primitivo. Nous quittons la province du Lugo pour celle de la Corrogne. La route goudronnée redescend ensuite entre les pins et des landes.

Jean-Charles dans la Sierra et une borne jacquaire décorée.  Jean-Charles dans la Sierra et une borne jacquaire décorée.

Jean-Charles dans la Sierra et une borne jacquaire décorée.

Alain vers Vilamor.
Alain vers Vilamor.

Après Vilouriz, nous arrivons à Vilamor où nous profitons de la gentillesse d’un habitant qui a mis à disposition des pèlerins de grosses bouteilles d’eau. On peut boire avec une coquille Saint-Jacques. Nous en profitons tous pour nous désaltérer. En fait, c’est à cet endroit que je vais oublier mon bâton, le quatrième de mon cheminement 2015, puisque les autres n’ont pas tenus. Je ne m’en apercevrai qu’à Melide.

Dégustation de l'eau (Damien, Alain) avec une coquille Saint-Jacques. Cela rappelle celle du vin...
Dégustation de l'eau (Damien, Alain) avec une coquille Saint-Jacques. Cela rappelle celle du vin...

Dégustation de l'eau (Damien, Alain) avec une coquille Saint-Jacques. Cela rappelle celle du vin...

Jean-Charles, Joao et Damien..
Jean-Charles, Joao et Damien..

Avant d’arriver à Melide, nous passons au hameau de Compostela le bien-nommé portant le nom du chemin. C’est en pleine campagne et rien à voir avec Santiago. Oui, le chemin n'est pas fini...Puis, c’est l’entrée à Melide où l’on rejoint le Camino Frances, le Chemin des Francs, cette véritable autoroute de pèlerins. Adieu les petits groupes. C’est toujours frappant pour celui qui n’a pas vécu cela, cette soudaine apparition d’un flot continu de pèlerins. On les compte par dizaines et dizaines.

Jean-Charles, Alain et Damien.
Jean-Charles, Alain et Damien.

Parmi eux, il y a ceux qui marchent depuis des jours et des jours, des mois et des mois comme votre serviteur parti depuis trois mois. Et puis, de nombreux Espagnols parcourant les cent derniers kilomètres pour obtenir la fameuse Compostela en arrivant à Santiago. La différence entre ces deux catégories se voit assez aisément dans le comportement et les attitudes plus réfléchies de ceux qui ont « vécu » sur le Chemin.

Melide - statue de Saint-Jacques.
Melide - statue de Saint-Jacques.

Ainsi, ceux qui ont marché longtemps se reconnaissent comme tels. Pour tous, de nombreuses albergues offrent leurs services pour les accueillir. C’est la rançon du succès du Chemin, et une véritable économie pour les villes et villages traversées. On est loin du silence du Primitivo. Il faut s’y faire.

Lorsque nous arrivons, la chapelle vue déjà à deux reprises n’est pas accessible. Toutefois, profitant que le prêtre n’est pas sorti, nous nous y engouffrons juste le temps de prendre une photo de Saint-Jacques exposé sur un support.

Notre ami Joao doit revoir une amie qu’il a rencontrée sur le Chemin. Il sait qu’elle est arrivée depuis peu à Melide. Il veut lui en faire la surprise. La rencontre est fantastique et pleine d’émotions, ce que nous ressentons tous. Ces deux-là vivent un grand bonheur que nous partageons. Joao m’avait demandé de prendre en photo la scène, ce que j’ai fait en rafale.

Le bonheur des retrouvailles de Joao...
Le bonheur des retrouvailles de Joao...

Le bonheur des retrouvailles de Joao...

Melide - Damien déguste le vin galicien.
Melide - Damien déguste le vin galicien.

Il est maintenant temps de pousser la porte de la pulperia dénommée chez Ezéquiel, le plus réputée, et celle que je connais le mieux. Nous y avons dégusté un pulpo gallego, du poulpe bouilli assaisonné de piment, arrosé d’huile d’olive présenté sur une assiette en bois, le tout accompagné d’un vin rouge galicien épais.

Melide - A la pulperia Chez Ezequiel...
Melide - A la pulperia Chez Ezequiel...
Melide - A la pulperia Chez Ezequiel...

Melide - A la pulperia Chez Ezequiel...

Melide - Église Santa Maria.
Melide - Église Santa Maria.

Un peu plus tard, en reprenant la route, nous envahissons la terrasse d’un café regroupant des pélerins venus de divers horizons. Puis, c’est le départ pour effectuer les cinquante derniers kilomètres à parcourir pour atteindre Santiago.

Le Chemin quitte Melide en montant légèrement vers un village qui était autrefois un castrum depuis christianisé par une petite église. Puis, c’est l’arrivée devant la très belle église romane du XIIIe siècle portant le nom de Santa María. Plusieurs d’entre nous s’y précipitent pour admirer de magnifiques fresques datant du XVIe siècle, et une Piéta de toute beauté.

Maintenant, le chemin nous mène dans un bois qu’il faut parcourir jusqu’à Peroxa. Le groupe est séparé, je me retrouve seul avec Jean-Charles, nos autres compagnons ont disparus en cours de route. Ce qui nous semble normal, car Joao, le jeune fille, son copain et Damien forment un nouveau groupe.

De Melide à Boente...
De Melide à Boente...
De Melide à Boente...
De Melide à Boente...

De Melide à Boente...

Boente - L'albergue Os.
Boente - L'albergue Os.

Lorsque nous arrivons à Boente, nous choisissons d’aller dormir à l’albergue Os, une maison un peu isolée du bord de la route. Autant le gite précédent paraissait plein, ici il n’y a pas grand monde. Cela ne nous inquiète pas plus que cela. Le propriétaire, un homme bien en chair et barbu nous accueille et nous donne deux places dans une chambre de quatre. Ce n’est pas le luxe, c’est même un peu limite, mais cela ne nous dérange pas.

Nous y mangeons et découvrons sous l’homme bourru qu’il parait un homme agréable, qui a fait de nombreux voyages notamment comme opérateur son et photo pour la télévision. Tout heureux de l’intérêt que nous lui portons, il nous fait visiter son musée personnel comportant de nombreuses pièces rares et anciennes sur ces deux secteurs : photographie et son. Et puis, c’est un grand conteur si bien que la soirée s’est prolongée autour d’un fort alcool du cru.

Boente - Alain, notre hôte Mariano et Jean-Charles. Le musée de notre hôte.
Boente - Alain, notre hôte Mariano et Jean-Charles. Le musée de notre hôte.

Boente - Alain, notre hôte Mariano et Jean-Charles. Le musée de notre hôte.

Merci Mariano pour ce grand moment.

A suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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Commenter cet article

AmiGilbertAhuy 04/04/2016 23:36

Bonsoir Alain,
Il est génial ton site ! Bien mieux organisé que le mien... mais bon, je n'ai plus le courage de le changer ou d'en ouvrir un autre...
Je reviendrai à mon retour, nous partons en Ardèche avec nos petits fils pour 8 jours, voire 2 semaines si le temps s'arrange...
Hasta luego !
Ultréïa !
Gilbert

Alain 07/04/2016 11:28

Bon voyage Gilbert, reviens-nous en bonne forme. Alain