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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Je quitte le gîte après avoir pris un petit-dejeuner solide laissé sur place par mon hôte qui est déjà parti travailler. Il m'a laissé les indications pour pouvoir rejoindre le chemin sans difficultés. C'est sympa car je me trouve hors du chemin balisé. Grâce à cela, je trouve à quelques centaines de mètres la fameuse flèche jaune que connaissent bien tous les pèlerins. 
Un peu de route, et puis c'est un chemin agréable sous un soleil qui commence à faire son apparition. Je veux prendre une photo mais,hélas, j'ai oublié de recharger mon téléphone qui me sert à cet effet. Donc, mes amis, pas de photos personnelles de cette étape pourtant d'une grande beauté. Naturellement, vous me connaissez un peu maintenant, je râle contre cette erreur indigne d'un pèlerin ou plutôt d'un cheminant expérimenté. Les années précédentes, j'avais un appareil photo.

Une tente étonnante : pour abriter les pèlerins ?

Une tente étonnante : pour abriter les pèlerins ?

Bon, il faut faire avec. Et donc cheminer sur des chemins de terre, puis des sentiers herbeux. Le paysage est magnifique et après une quinzaine de kilomètres, j'entreprends la montée du Pico de Duanas que l'on atteint après un dénivelé de plus de deux mètres positifs. Cela peut paraître peu, mais sous le soleil, ce n'est si facile que cela. En haut, une belle croix domine.
La descente est plus rapide, et je ressens un gros coup de fatigue. Je manque d'eau fraîche. J'avais souffert sur l'étape précédente et j'en ressens le contrecoup maintenant. Je râle de n'avoir pris qu'un litre et demi d'eau. Et pourtant, les guides sont clairs : c'est une étape où l'on ne trouve quasiment pas de ravitaillement. Ce n'est pas grave si le temps est normal, plus gênant si comme aujourd'hui la canicule est présente. Bref, heureusement j'arrive au bout de vingt-et-un kilomètres à la Cazzadilla de Mendigos où, très aimablement, on me fournit de l'eau fraîche. Je m'y repose un instant à l'ombre mais j'avoue que j'en ai un peu ras-le-bol. Il faut repartir. Je ne sais pas quelle distance il reste car mon trajet est décrit sur mon téléphone portable qui ne fonctionne pas. C'est bien la technologie, mais quand tout y est lié, on est un peu démuni. 

Fuenterroble,  l'église. Fuenterroble,  l'église.

Fuenterroble, l'église.

Le sentier suit à peu de choses près la route. Je marche sur celle-ci et tout en continuant ma route, je lève le pouce. Et alors, peut-être à cause de ma marche hésitante ou par pitié, une camionnette blanche s'arrête et la conductrice propose de m'emmener. Elle se rend à Salamanque et propose de m'y emmener. Je lui dis que je vais à San Pedro et au bout de quelques kilomètres, elle me depose au croisement de l'entrée du village. Je la remercie naturellement car même s'il me reste un dernier kilomètre à parcourir, cela m'a fait gagner plus d'une heure de cagnard en moins.
Je m'installe à l'albergue du café où sont déjà présents les deux Anglais rencontrés à Oliva. Et puis arrivent mes compatriotes déjà rencontrés à plusieurs reprises sur le Chemin. Ils ne sont plus que trois, Carmen ayant été obligée de rentrer pour des raisons médicales. Qui a dit que le Chemin était quelque chose de facile ? Celui qui ne l'a pas parcouru sans doute. Il y a des hauts et des bas car notre corps habitué aux facilités n'aime malgré tout pas être bousculé dans ses habitudes. Mais, il est vrai aussi que le moral a son importance. Et j'avoue humblement que cette année c'est moins facile. Stress de cette année difficile pour moi et mission à remplir concernant René y sont, je le pense, pour quelque chose.

La ferme de Cazzadilla  où l'on eleve d'ailleurs des taureaux. La ferme de Cazzadilla  où l'on eleve d'ailleurs des taureaux.

La ferme de Cazzadilla où l'on eleve d'ailleurs des taureaux.

C'est une joie non dissimulée que je les retrouve tout en étant désolé de l'absence de Carmen qui souhaitait terminer à Salamanque. Nous avons appris à nous connaître et je pense à nous estimer mutuellement. D'ailleurs, nous ferons l'étape de demain ensemble ainsi que la prise d'une journée de repos à Salamanque.
Ce soir, je découvre que c'est le match d'ouverture du championnat d'Europe de football opposant la France à la Roumanie. Pour l'occasion, le provocateur que je suis a revêtu son maillot bleu de l'équipe de France. Tout simplement parce que je suis fier de mon pays même s'il m'arrive de le critiquer. Et en plus, après un match rugueux des Roumains, cela s'est terminé par une victoire. Les journaux espagnols donnent notre pays comme favori devant l'Espagne.    
A suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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