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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Vous me connaissez, je ne me presse pas le matin pour courir et ensuite ne rien faire à l’arrivée. Et bien, ce matin, nos jeunes Espagnoles trainent un peu, Sebastian n’a pas l’intention d’aller vite avec ses problèmes de pieds. Il est vrai que leur intention est de ne parcourir que vingt kilomètres ce jour pour pouvoir se baigner dans la réserve d’eau de Campobecemos. Alors, pourquoi s’exciter à se presser ? Je sais, mais je l’ai découvert seul, qu’il n’y a que cinq places au gite communal. Ils sont inquiets car y en aura-t-il assez pour la fine équipe ? En fait, j’ai l’intention d’aller plus loin. Et donc que, certainement, nous nous croiserons plus jusqu’à Compostelle.   

Ce matin, un soleil hésitant.pendant deux heures... Mais après...
Ce matin, un soleil hésitant.pendant deux heures... Mais après...
Ce matin, un soleil hésitant.pendant deux heures... Mais après...

Ce matin, un soleil hésitant.pendant deux heures... Mais après...

En partant, je vais boire mon café au bar des peregrinos qui est ouvert, bientôt rejoint par Sebastian, le professeur de sport espagnol, à qui j’indique mon intention d’aller plus loin. Nous entreprenons ensemble la sortie d’A Gudina. Peu à peu, je pars à l’avant. Il fait très frais et on n’y voit pas à vingt mètres. Le brouillard est particulièrement épais, et cela est dangereux car nous suivons une route où passent quelques véhicules. Si la montée n’est pas raide, elle monte régulièrement pour atteindre le col d’A Venta da Teresa ou je rejoins Mariette et Willeme partis une heure avant nous. Nous sommes bientôt rejoints par Sebastian qui a monté le col à son rythme.  

Du brouillard, du brouillard.... mais on y voit quand même.
Du brouillard, du brouillard.... mais on y voit quand même.
Du brouillard, du brouillard.... mais on y voit quand même.

Du brouillard, du brouillard.... mais on y voit quand même.

Tous deux, nous reprenons la route pendant que nos deux Néerlandais font leur pause. A un embranchement avec un chemin de terre que je prends, vers le neuvième kilomètre, je n’entends plus le bruit sourd des bâtons de Sebastian. Il a dû continuer à cheminer sur la route pour éviter les pierrailles des chemins de terre. Je le comprends parfaitement. C’est dans ces conditions que je vais quitter cette équipe avec qui je marchais plus ou moins depuis Zamora, depuis neuf jours. C’est ainsi la vie sur le Chemin, on se voit, on s’apprécie, et chacun garde un bon souvenir de ces moments passés ensemble.

Toujours des paysages grandioses et la solitude.
Toujours des paysages grandioses et la solitude.
Toujours des paysages grandioses et la solitude.

Toujours des paysages grandioses et la solitude.

Je vais terminer l’étape en solitaire. Cela ne me gêne pas, je suis habitué. Peu à peu, le brouillard se lève et j’atteins bientôt le point culminant de la journée à onze cents mètres après treize kilomètres de marche. Au loin, le réservoir d’eau Das Portas apparait. Mais, c’est surtout le chantier important de la ligne de train rapide qui attire mon attention avec tout ce bruit de va et viens des camions de chantier.  Un autre chantier du même type apparait vers le dix-huitième kilomètre, près de Santiago de Campo Becerros. Là, il me faut descendre rapidement à moins de neuf cent mètres d’altitude pour rejoindre le village un peu à l’écart du chantier.

Beauté des paysages... Et chantiers...
Beauté des paysages... Et chantiers...
Beauté des paysages... Et chantiers...
Beauté des paysages... Et chantiers...

Beauté des paysages... Et chantiers...

J’y fais une petite halte pour me rafraichir avant de reprendre la route vers Porto Camba, un village possédant de nombreuses maisons abandonnées. Il me reste une dizaine de kilomètres à parcourir. En haut du village, je trouve une croix qui apparait comme les restes du monastère de Milagros. La Cruz de Ferro fut élevée ici en mémoire des pèlerins décédés. Je vais y mettre un peu de cendres de René.

J’entreprends la suite de mon cheminement en suivant un large chemin de terre qui sillonne entre les dénivellements du terrain et les altos (pics) recouverts de pins et de chênes. Ayant un petit coup de fatigue, je marche depuis sept heures, je fais une halte pour me restaurer et me reposer sous un arbre bienveillant. Face à moi, la montagne avec ses petits villages aux toits de maisons recouverts d’ardoises. Je vais même faire un petit somme d’un quart d’heure.

René repose en partie au pied de la croix.
René repose en partie au pied de la croix.
René repose en partie au pied de la croix.
René repose en partie au pied de la croix.

René repose en partie au pied de la croix.

Maintenant, j’entreprends la descente qui va m’amener à As Eiras, un tout petit village où je vais pouvoir boire frais grâce à l’obligeance des amis de Saint-Jacques. Ceux-ci ont installé une sorte de ravitaillement « donativo » pour nous permettre de nous restaurer. Une bien belle initiative que j’ai beaucoup apprécié.  

Les six kilomètres suivants vont être en constante descente, passant de huit cents à quatre cent cinquante mètres d’altitude. Eh bien, vous n’allez peut-être pas me croire, mais j’ai trouvé cela pénible car réalisé sur une petite route asphaltée.  Heureusement que j’ai pu trouver une fontaine en chemin pour me rafraichir le visage.

Accueil pélerin As Eiras. Super sympatique.

Accueil pélerin As Eiras. Super sympatique.

C’est maintenant l’arrivée à Laza, une cité de mille sept cent habitants. Passage obligé par la Protection civile pour récupérer une clé me permettant d’accéder à l’albergue régionale de la Xunta de Galicia au prix de six euros. Je vais y rencontrer Adrian, un jeune Madrilène de dix-neuf ans et une pèlerine polonaise. Un peu plus tard, nous serons rejoints par quatre cyclistes espagnols. Peut-être est-ce dû à mon âge, mais je serais seul dans la chambrée de huit lits que l’on m’a affecté.           

L'arrivée à Laza, en contrebas.
L'arrivée à Laza, en contrebas.

L'arrivée à Laza, en contrebas.

À suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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