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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Les vingt-trois premiers kilomètres à parcourir sont assez faciles car le trajet n’est qu’une descente lente et progressive vers Ourense. En effet, nous passons de cinq cent cinquante mètres d’altitude à cent cinquante mètres. Presque au niveau de la mer. Cela ne veut pas dire que par moment il n’y ait pas quelques petits raidillons.  Le moins amusant si l’on peut dire, c’est que ce parcours est quasiment réalisé sur la route goudronnée. Je n’aime pas trop car l’asphalte manque de souplesse pour les muscles. Enfin, il faut faire avec…

Tout commence par une descente rapide vers le rio Arnoia que l’on franchit par un pont romain. Puis des passages par des villages. En fait, malgré mes soixante-huit kilomètres parcourus lors de ces deux derniers jours, je suis en forme. Et peu à peu, je remonte quasiment tous les pèlerins logés à l’albergue partis avant moi. Je ne fais pas la course, simplement le chemin est facile.

Cheminement vers Ourense.
Cheminement vers Ourense.

Cheminement vers Ourense.

Quelques kilomètres avant Ourense, je rejoins Adrian. Je lui montre comment il devait régler son bâton de marche, c’est-à-dire à angle droit du coude, pour avoir la meilleure efficacité dans son utilisation. J’en profite pour lui confirmer que désormais ce bâton lui appartient. Devant sa surprise, je lui explique que sur le Chemin, quand quelqu’un est en difficulté, ce qui est son cas pour marcher, il est normal qu’un autre pèlerin lui vienne en assistance. Et que pour moi, ce bâton, c’était la meilleure aide que je pouvais lui apporter. Entre nous, puisque nous sommes seuls, c’est cela que j’appelle un simple geste de réelle fraternité.

Nous prenons le café ensemble. Il a tenu à me l’offrir. Nous ne savons pas encore que nous nous reverrons pas. Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas, et encore…

A l’entrée de Seixalbo, je rejoins Luis dont je vous ai déjà parlé. Il est seul. Nous décidons d’aller ensemble jusqu’à Ourense. Je ne savais pas encore si j’y ferais halte ou non. Alors que Luis se dirige vers l’albergue situé dans l’ancien monastère de San Francisco, je me dirige vers la cathédrale (voir article spécifique).

Ourense : la cathedrale/basilique de l'extérieur.
Ourense : la cathedrale/basilique de l'extérieur.

Ourense : la cathedrale/basilique de l'extérieur.

Comme il est tôt, après la visite, je décide de continuer un peu mon chemin espérant trouver un logis avant San Cristovo de Cea situé à vingt-trois kilomètres. Il existe deux chemins possibles pour rejoindre cette destination. La route de l’Ouest, plus court de deux kilomètres mais au profil plus raide. La route de l’Est plus long mais moins ardu. Je choisis la seconde solution, celle qui apparait sur mon guide du Camino Levante pour m’aider en cas de difficultés. Et, ce fut une mauvaise pioche.

Si tout commença bien après mon passage sur l’ancien pont romain, peu à peu j’eus quelques doutes devant la montée rapide (près de trois cent mètres de dénivelé) qui m’amena à Sartedigos. Je commençais à regretter mon choix. Revenir en arrière ? C’était encore possible, je n’avais marché que six kilomètres, soit près de deux heures sous le cagnard. Mais, je suis un peu entêté. Respectant peut-être bêtement le dicton jacquaire « un pèlerin ne revient jamais en arrière sauf s’il s’est trompé de chemin », ce qui n’était pas le cas, je me suis donné encore une heure de marche avant de chercher un logement.  

Pont romain ancien, pont moderne...
Pont romain ancien, pont moderne...

Pont romain ancien, pont moderne...

J’ai donc continué, le chemin étant maintenant plus plat globalement. J’ai déjà parcouru vingt-neuf kilomètres. Revenir en arrière, cela veut dire rajouter six kilomètres pour aller jusqu’à l’albergue d’Ourense, soit trente-cinq kilomètres. Et cela n’empêche pas que demain matin, en repartant d’Ourense, il me faudra de nouveau gravir les six kilomètres effectués ce jour. Ce serait donc idiot. Il vaut mieux continuer quitte à faire la même distance.  Cela ne m’empêche d’enrager contre moi. Pourquoi suis-je aussi pressé ? Je n’ai pas fait preuve de raison.        

Je vais donc continuer jusqu’à Bouzas où je vais croiser la route nationale 525. J’ai parcouru trente-cinq kilomètres, et il me reste dix kilomètres à parcourir pour arriver à Cea. Je suis fatigué, non par le kilométrage, mais par cette forte chaleur que je subis. C’est alors que ma bonne étoile va encore jouer.

Alors que j’étais assis à un arrêt de bus pour avoir un peu d’ombre – eh oui, c’est bien utile -, voilà qu’arrive un autobus faisant la liaison Ourense-Santiago qui débarque quelqu’un à ce petit arrêt. Je demande au chauffeur s’il peut me déposer à Cea. « Oui, me répond-il, c’est l’un de mes arrêts. » Me voilà sauvé pour ce soir.

San Cristovo de Cea : l'albergue.
San Cristovo de Cea : l'albergue.

San Cristovo de Cea : l'albergue.

Dix minutes plus tard, il me déposa sur le bord de la route qui devait m’amener, un kilomètre plus loin, à l’albergue de Cea. Quelle veine ! J’ai appris plus tard qu’il n’y avait que trois/quatre autobus par jour.  

A l’albergue, j’ai retrouvé la pèlerine russe rencontrée auparavant et qui se dépêche d’aller à Santiago pour prendre son avion de retour. Et puis, Ana, l’Allemande, celle qui est assez solitaire. C’est une vraie joie de les retrouver après cette dure journée. C’est alors qu’arrive le couple espagnol rencontré à Lubian, et qui m’ont évité de me tromper au-début de l’étape suivante. Ils sont venus d’Ourense en bus.    

À suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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