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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Après l’étape courte d’hier et cette bonne nuit, me voilà requinqué. Mes compagnons de chambrée sont déjà partis. Je suis seul et j’en profite pour trainer un peu. Eh oui, il devient un peu fainéant le Lequien en approchant de Santiago. De toute façon, je suis seul maitre de mon destin. Enfin, ne sois pas prétentieux Alain : tu n’es maitre que de ton emploi du temps.  Bon, ok.

Sans effectuer le détour par l’église de Dozon, je suis dans un premier temps la route nationale bien déserte. Eh oui, c’est dimanche et j’ai fait le plein de provisions de bouche hier soir au village. Au bout de quatre kilomètres de descente, je peux enfin la quitter pour un large chemin de terre très agréable qui va me mener dans la campagne bien qu’en fond, il y a toujours l’autoroute peu fréquentée heureusement pour le bruit.

Au bout de cinq kilomètres, vers Puxalos, c’est la grande descente. Je perds rapidement deux cents mètres de dénivelé suivie d’une remontée d’une centaine de mètres de dénivelé. Je passe sur l’autoroute, puis à Ponte Noufe, un hameau bien typique. Je n’ai fait que huit kilomètres et le temps radieux est bon. Ni trop frais ni trop chaud.

Des chemins différents pour la marche.
Des chemins différents pour la marche.
Des chemins différents pour la marche.

Des chemins différents pour la marche.

Montées, descentes, c’est vallonné. Progressivement j’arrive à Lalin ((Laxe-Bendoiro). Je me dirige vers le polygone où se trouve la station de train croyant qu’il s’agit du bon chemin. Une femme en voiture me klaxonne, s’arrête et me remet sur le droit chemin. Ouf ! j’ai failli me tromper par manque de vigilance.

Je passe devant la nouvelle albergue de la Xunta de Galicia. Une pélerine attend en me disant qu’elle ouvre à treize heures. Il est onze heures et de toute façon, je ne vais pas m’y arrêter. J’ai effectué dix-huit kilomètres. Ce n’est pas tous les jours, les petites étapes… Il faut continuer, fainéant.

Lalin et ses environs, notamment l'albergue régionale.
Lalin et ses environs, notamment l'albergue régionale.

Lalin et ses environs, notamment l'albergue régionale.

Au bar situé à quelques centaines de mètres, je croise Ana, l’Allemande qui était à Cea, qui se restaure. Je prends mon café du matin. Il était temps. Nous nous donnons rendez-vous à Silleda, à l’albergue rurale. En fait, je ne la trouverais pas, et ce fut un rendez-vous manqué.Reprise du chemin qui va me mener au « Ponte Vella », un vieux pont romain  au-dessus du rio Deza. C’est aussi le passage sur une route romaine pavée.

A la sortie de ce chemin, je tombe sur un café typique, la casa de Geraldo où, avec mon coca, on va me servir un petit plat de haricots et viande.

Vers le vieux pont romain et un petit en-cas galicien.
Vers le vieux pont romain et un petit en-cas galicien.
Vers le vieux pont romain et un petit en-cas galicien.
Vers le vieux pont romain et un petit en-cas galicien.

Vers le vieux pont romain et un petit en-cas galicien.

Puis, je passe à la belle église de Taboada dédiée à Santiago, Saint-Jacques. 

Je me rapproche maintenant de Silleda où je devrais trouver cette fameuse albergue rurale. Avant d’y arriver, je passe devant une maison portant cette inscription. Elle est close, je continue donc mon chemin.

A Silleda, alors que cherche l’entrée d’une albergue, je suis interpellé par une Américaine, Dominica, qui me dit me reconnaitre à la suite d’une vidéo qu’elle a vue sur mon interprétation musicale  du chant des pèlerins dans l’église de Santa Marta de Tera dix jours auparavant. C’est notre pélerine russe qui lui a montré. Étonnant  non ce que j’appelle Radio Camino.

L'église Santiago de Taboada avec une Vierge de Fatima.
L'église Santiago de Taboada avec une Vierge de Fatima.
L'église Santiago de Taboada avec une Vierge de Fatima.

L'église Santiago de Taboada avec une Vierge de Fatima.

Elle a réservé dans un hôtel à Bandeira. « Si vous voulez, me dit-elle, on peut manger un morceau ensemble ». Décomplexée cette jeune femme. J’accepte car il faut savoir profiter de l’instant. Grâce à un local, nous allons manger des gambas et du poulpe accompagnés de vino tinto verrano que je lui fait découvrir. Elle apprécie. Et nous parlons de plein de choses, en anglais bien sur, de quoi me faire travailler cette langue. Cette halte va durer deux heures. Je vois le serveur qui aurait envie que cela finisse. En bonne compagnie, on ferme les yeux.

Au moment de payer, je m’attendais à minima à payer la moitié du repas, mais elle a été plus rapide que moi en sortant sa carte bancaire. « C’est moi qui vous invite, dit-elle avec son accent américain ». Je décide de l’accompagner à Bandeiras, à sept kilomètres de là. Il y a une albergue régionale de la Xunta.

Sur le chemin, elle me parle de sa vie, de ses ennuis avec son mari, de ses difficultés relationnelles avec les collègues qu’elles dirigent dans un hôpital. C’est parce qu’elle est déstabilisée qu’elle est venue en Europe notamment sur le Chemin de Compostelle pour réfléchir. Me voilà de nouveau devenu écoutant. Comme ce n’est pas la première fois, j’écoute avec attention sans naturellement jouer au professeur ou distribuer la bonne parole.

Bandeira : l'église.
Bandeira : l'église.

Bandeira : l'église.

A l’évidence, elle aimerait que je lui donne une solution. Je lui dit à plusieurs reprises que cette solution se trouve en elle et quel que soit son choix, il lui appartient en propre. Nous discutons du mariage, de son historique, de ses forces et faiblesses. Elle est très étonnée de savoir que je suis en couple avec mon épouse depuis quarante-sept ans. Nous sommes tellement fusionnels. Nous parlons aussi de techniques de management  des hommes. Si bien que le temps a passé très vite et que nous arrivons à destination.

Elle rejoint son hôtel moi mon albergue où nous ne sommes que trois. Très étonnant si prés de Santiago !    

Le soir, nous dinerons ensemble, chacun payant son écot.          

À suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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