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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Akain à Santiago.Après avoir cheminé à plusieurs reprises sur les voies de Saint-Jacques de Compostelle (plus de 9 000 km), avoir brûlé à plusieurs reprises mes vêtements à Fisterra pour me débarrasser du vieil homme, j’ai éprouvé un appel pour me diriger vers d’autres civilisations, d’autres cultures, d’autres croyances que celles purement judéo-chrétiennes. Déjà, mes recherches m’ont amené à étudier les anciennes religions babyloniennes, chaldéennes et perses, à étudier l’hébraïsme et l’islam, sans oublier de partager celles de ma tendre épouse pour les religions pharaoniques égyptiennes. Mais, ces recherches sont restées purement intellectuelles, la situation actuelle des pays ne pouvant mettre à profit ma passion de la marche pour aller plus loin.

Nous savons que le pèlerinage, le cheminement est d'une grande profondeur sans que l'on puisse en comprendre tous les fondements. C'est un vagabondage dans la confusion d'un questionnement sans fin, qui nous amène finalement à chaque fois à un nouveau pèlerinage dans un cheminement sacré donc le seul but est l'élévation spirituelle. La vie elle-même n'est finalement qu'un pèlerinage.

J’ai soif de vivre de nouvelles nourritures intérieures, non seulement au travers les lectures mais physiquement comme pour m’éprouver soi-même. Pour cela, quoi de mieux que d’aller vers un monde ignoré, un monde à découvrir et à vivre intensément.

Le circuit des quatre-vingt-huit temples du pélerinage de Kûkai.

Le circuit des quatre-vingt-huit temples du pélerinage de Kûkai.

Depuis douze siècles, comme notre Chemin de Compostelle, à plusieurs milliers de kilomètres de là, un pèlerinage dédié au moine Kûkai (774-835) se traduit par le passage rituel dans quatre-vingt-huit temples bouddhistes fudasho (où on peut obtenir des amulettes) répartis sur les quatre pays (aujourd’hui préfectures) de l’île de Shikoku (Japon). L’ile est la plus petite en superficie du Japon (5 % de la superficie totale) et la moins peuplée (3 % de la population).

Un chemin singulier, empli de sérénité toute asiatique. On y découvre la présence d’une myriade de divinités qui cohabitent en provenance de différents cultes (animisme, culte des ancêtres, shintoïsme, bouddhisme, confucianisme, ascétisme). Le nombre de quatre-vingt-huit temples peut être complété par le passage dans vingt temples secondaires supplémentaires pour obtenir la valeur symbolique de cent-huit, le nombre sacré du bouddhisme. Le chiffre "8" est intimement lié à Bouddha. Il est souvent représenté par un lotus à huit pétales. 

Le pèlerin entame le henro michi au temple 1 pour suivre le tour de l’ile dans le sens des aiguilles d’une montre. Le circuit est divisé en quatre parties correspondant aux quatre préfectures de l’île. La première, Tokushima est le chemin de l’éveil spirituel (Hasshin-no-dojo - temples 1 à 23). La seconde est Kôchi, le chemin de la pratique ascétique, Shugyō-no-dojo allant des temples 24 à 39. La troisième, Ehime est considérée comme le chemin de l’illumination, Bodai-no-dojo parcourant les temples 40 à 65. La dernière, Kagawa, est le chemin du nirvana, de la libération (Nehan-no-dojo, temples 66 à 88).

La statue de Kûkai.

La statue de Kûkai.

Comme à l’arrivée de Saint-Jacques où l’on peut obtenir la Compostela, à quelques kilomètres après le temple 87 (Nagao-ji, la Grande Queue), au Maeyama Ohenro Kôryu, on peut obtenir l’attestation du pèlerinage de Kûkai. On quitte le pèlerinage au temple 88 Ôkubo-ji, la Grande Cavité pour rejoindre, selon la tradition, le temple initial, Ryôzen-ji, la Montagne sacrée, en signe de remerciement du bon déroulement du pèlerinage. Traditionnellement, on quitte l’ile de Shikoku pour rejoindre l’ile de Honshu où on se rend à Koya-San au mausolée de Kûkai.

Les origines du pèlerinage sont incertaines. Le moine Kûkai (connu sous le nom de Kôbô Daishi après sa mort) en serait spirituellement à l’origine. Fondateur du bouddhisme ésotérique shingon, il est une figure marquante de l'histoire du Japon. Son esprit universel a fortement influencé la culture et la civilisation japonaises. Religieux, homme de lettres, philosophe, poète et calligraphe, il manifesta toute sa vie une grande bienveillance pour tous les êtres. Il est encore de nos jours très populaire au Japon.

La tradition nous dit qu’Emonsaburô, l’homme le plus riche de l’ile qui avait perdu ses huit fils, commença à la parcourir à la recherche de Kûkai. Il voulait s’excuser de l’avoir chassé lorsque celui-ci lui avait demandé l’aumône. En vain ! Au moment de sa mort, Kûkai lui serait apparu pour lui accorder l’absolution.

A suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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Evgeniia-Rusia 12/02/2017 08:21

Alen! Buen Camino!