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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Lunel - le pécheur de lune.

Après une bonne nuit et un petit-déjeuner copieux avec mes hôtes, il va être le temps de prendre le Chemin. Comme j’ai envie de passer sur la tombe de Georges Brassens à Sète, je décide de prendre cette direction.

Guy et son épouse font partie des personnes qui, non seulement sont accueillantes, mais pour qui j’ai une forte estime. Nous n’avons pas besoin de parler longuement, nous partageons des valeurs fortes de la vie. Merci à vous pour votre chaleur fraternelle.

Guy m’amène à la gare de Lunel pour rejoindre Montpellier, lieu réel de mon départ. Le temps est déjà chaud, on ne va pas s’en plaindre. En passant, photo de la statue du « chasseur de lune » dont je parle dans Les mystères de Saint-Jacques de Compostelle[1]. Guy me raconte l’histoire de cet ancien port qui aujourd’hui est une cité de 25 000 habitants. C’est l’occasion pour moi d’évoquer cet épisode sanglant de l’histoire compagnonnique dont je suis fervent. En 1816, les tailleurs de pierre « enfants de Salomon » affrontèrent ceux de « maître Jacques » pour conquérir la cité. Le combat fut si violent que plusieurs compagnons trouvèrent la mort. Autres temps, autres mœurs.

 

[1] Alain Lequien, Les mystères de Saint-Jacques de Compostelle, éditions De Borée.

Arrivée à la gare de Montpellier je prends le tram pour Saint-Jean-de-Védas. Il y a en effet peu d’intérêt de traverser la banlieue montpelliéraine. Je vais suivre le bord d’une route fréquentée pour arriver à Fabrègues. J’ai tenté de visiter l’église Saint-Jacques. Hélas, comme de nombreuses églises, elle est close. Même les policiers municipaux ne pourront me renseigner. Dommage !

Fabrégues - Eglise Saint-Jacques et fontaine. Fabrégues - Eglise Saint-Jacques et fontaine.

Fabrégues - Eglise Saint-Jacques et fontaine.

Il me faut continuer sur un chemin longeant l’autoroute A9. Ah ! Nos pèlerins d’antan n’étaient pas soumis à la pollution et aux bruits. Toutefois, même si j’entends le bruit des véhicules, le chemin est agréable, vallonné, souvent abrité du soleil qui tape déjà fort. Peu à peu, je me rapproche des ruines de l’abbaye de Saint-Félix de Montceau situées sur son promontoire.

Pour y accéder, je dois quitter les chemins pierreux pour suivre une route asphaltée. Elle grimpe fort à certains moments dans le massif de la Gardiole, sans possibilité de se mettre à l’ombre. D’un seul coup, le détail des ruines grandioses que j’avais aperçues de loin apparait. Elles dominent la plaine de Gigean avec au loin la ville de Montpellier. Un lieu plein d’émotion. Ici, il semble selon les érudits qu’une vie religieuse existait à l’époque carolingienne. Ce ne fut qu’au XIIIe siècle que l’abbatiale gothique fut bâtie. Mais les routiers, ces compagnies de mercenaires privées d’employeurs à la fin de la guerre de Cent-Ans, la réduisirent en cendres au XVe siècle.

Le silence retomba sur ces ruines jusqu’en 1970. Elle ne pouvait demeurer ainsi. Des bénévoles mirent la main à la pâte comme on dit pour lui redonner vie. Je n’ai pu visiter l’abbatiale, mais par contre me rendre dans le jardin médiéval où sont plantés des herbes parfois oubliées pour leurs vertus médicinales.   

Me promenant dans les ruines, j’ai rencontré un petit groupe d’adultes accompagné d’un animateur social. Ils m’ont fourni de l’eau nécessaire à la poursuite de mon cheminement dans de bonnes conditions. L’accompagnateur m’expliqua que sa mission consistait à faire découvrir à ces personnes en difficulté les beautés de la nature en les sortants de leur quotidien. La méthode était ludique en compagnie d’ânes. Une bien belle rencontre qui fait ressortir à quel point le travail de ces personnes est généreux.

Abbaye Saint-Felix de Montceau.
Abbaye Saint-Felix de Montceau.
Abbaye Saint-Felix de Montceau.

Abbaye Saint-Felix de Montceau.

En surplomb de l'abbaye Saint-Felix de Montceau.

Je reprends le chemin de pierres qui surplomber l’abbaye. Peu à peu, sous un soleil brûlant, je rejoins Balaruc-le-Vieux par des chemins forestiers ou de grandes voies pierreuses tracées à l’intention des pompiers. Ce massif est beau, tout simplement.

Je retrouve enfin la civilisation car j’ai soif et un grand besoin d’ombre. Quelques courses au supermarché (ouf ! c’est climatisé) puis je rejoins un hôtel à coût modeste proche. Cette première étape m’a vidé, à cause de la chaleur. Je ne ressors même pas pour manger, me contentant de grignoter ce que j’ai acheté au supermarché.  

Cette étape fut d’une grande beauté en ce qui concerne les paysages, mais ce soleil !

A suivre. Bourguignon la passion.

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