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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Avec du retard dans la rédaction et la mise en ligne, du fait de la reprise de mon cheminement sur la voie de Tours à partir de la Tour Saint-Jacques à Paris, voici la suite de mon périple et de sa richesse sur la voie du Piémont pyrénéen.

Crypte de la Basilique de l'Immaculée Conception de Lourdes.
Crypte de la Basilique de l'Immaculée Conception.

Je quitte Lourdes sous pluie battante, accompagnée d’une Québécoise rencontrée au gite et dont ce voyage préparée de longue date est une vraie découverte du cheminement vers Compostelle. Nous commençons par visiter la Basilique du Rosaire. En forme de croix grecque, celle-ci comprend quinze chapelles dont chacune est décorée d’une mosaïque monumentale.

Qu’en dire : les mots affaiblissent la beauté du lieu. Le mieux est de déguster les photos et de regarder cette modeste petite vidéo (je suis débutant) pour s’en rendre compte, tout simplement.

Puis, c’est le passage presque obligé à la crypte de la Basilique de l’Immaculée Conception. Ici, l’endroit est confiné, presque modeste face au gigantisme des autres lieux des autres lieux saints du Sanctuaire. Elle abrite une châsse en orfèvrerie où sont conservées des reliques de Sainte Bernadette. On ressent ici, qu’à l’évidence, c’est un lieu de profond recueillement. C’est calme et serein.

La visite de la basilique de Lourdes.

Sur le gave de Lourdes.
Sur le gave de Lourdes.

Il nous faut reprendre la route qui nous fait cheminer par petite route, sentier et chemin forestier le long du gave de Lourdes. On peut d’ailleurs apercevoir et entendre les cris des pratiquants de canoé-kayak, sport qui a l’air de faire de nombreux émules dans les remous. Peu à peu, nous rejoignons Saint-Pé-de-Bigorre. Ici, le lieu fit l’objet d’une légende lié à Saint-Pierre (saint Pé). En effet, la clé de Saint-Pierre, véritable relique, aurait été forgée à Rome et contiendrait des limailles des chaînes de l'apôtre dans la basilique San Pietro in vincoli. Elle était censée départager les litiges par l'épreuve de l'eau bouillante et permettrait de lutter contre la rage.

Saint-Pé-de-Bigorre : la clé de Saint-Pierre. (voir mystères de Saint-Jacques de Compostelle).
Saint-Pé-de-Bigorre : la clé de Saint-Pierre.

Nous y rencontrons deux randonneuses bretonnes qui vont quasiment m’accompagner jusqu’au bout de mon étape. En effet, notre Québécoise marche assez lentement, c’est le moins que l’on puisse dire. Alors, comme c’est souvent le cas sur le Chemin, lorsque les rythmes sont différents, peu à peu l’écart se creuse. En fait, l’ayant attendue à plusieurs reprises, je ne la reverrais plus au niveau des Gorges de Bétharram dont la publicité nous indique qu’elle fut la première à être électrifiée en France (1903). 

Lestelle-Betharram : deux randonneuses.
Lestelle-Betharram : deux randonneuses.

Arrivée à Lestelle-Bétharram, où existait autrefois une petite chapelle dédiée à la Vierge sensée protéger les pèlerins de la traversée du gave. Là encore, une légende va venir consacrer le lieu. Une jeune fille tombée à l’eau aurait été sauvée miraculeusement de la noyade grâce au rameau que lui aurait tendu la Vierge. D’ailleurs, Bétharram signifie en béarnais « beau rameau ». D’où la création de ce sanctuaire marial du XVIIe siècle, où la future sainte Bernadette se rendait souvent en famille avant les apparitions de Lourdes. 

C’est la montée ensuite du chemin de croix jalonné de quinze oratoires de style roman représentant les scènes de la Passion. Une montée raide de la colline qui aboutit à une magnifique esplanade ombragée où trône la chapelle de la Résurrection qui fut un lieu de sépulture, notamment de saint Michel Garicoïts pendant une soixantaine d’années. Il y aurait beaucoup à dire sur ce saint, fondateur de la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram qui rencontra à plusieurs reprises Bernadette Soubirous.

Lestelle-Bétharam : quelques vues.
Lestelle-Bétharam : quelques vues.
Lestelle-Bétharam : quelques vues.
Lestelle-Bétharam : quelques vues.

Lestelle-Bétharam : quelques vues.

Vers Asson.
Vers Asson.

Un grand pèlerinage local existe encore de nos jours au cours du mois de septembre, attirant de nombreux pèlerins venant en très grande majorité de la Bigorre voisine ou du proche Béarn.

La suite du chemin, sous une petite pluie et un vent frais, va m’amener progressivement à Asson  où existait jadis une importante confrérie de Saint-Jacques auquel appartenait l’abbé Bonnecaze, l’auteur d’un récit de son voyage à Compostelle au XVIIIe siècle (autobiographie de Jean Bonnecaze de Pardies, curé d'Angor – 1899- source Gallica-bnf).   

En route, j’ai perdu les deux Bretonnes. Et c’est donc seul que j’arrive, quelques kilomètres plus loin, à la bastide de Bruges. Sa construction au XIVe siècle et son nom viendrait de la cité flamande où Gaston Fébus séjourna la même année.

Ayant besoin de calme après les gites collectifs, je m’aperçois que le restaurant propose un logement pour vingt euros dans une ferme familiale en dehors du village. De plus, on m’y amène et me ramène pour le diner et le petit-déjeuner de demain matin. Une bonne solution. En revenant diner, je partage le repas avec les Bretonnes qui sont plutôt en chambre d’hôtes. Le retour se fait à la fermeture, après une partie de billard, et avoir discuté avec la patronne du Chemin de Compostelle (et de mon dernier ouvrage). Le calme de la ferme où je suis seul me permet une bonne nuit réparatrice.  

A suivre. Bourguignon la Passion.   

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