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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Ordiarp : chapelle romane templière.
Ordiarp : chapelle romane templière.

Hélène, l’épouse de Sauveur, un vétéran du Chemin, m’a préparé un très bon petit déjeuner copieux. Elle connait les besoins du pèlerin puisque son mari s’est rendu à huit reprises à Saint-Jacques de Compostelle. Malgré son âge avancé, Sauveur est toujours aussi dynamique ne pouvant s’empêcher de bricoler. Il était en train de rénover un petit muret lorsque je suis arrivé hier soir. Je me reconnais assez dans ce comportement.

Je passe par le centre du village d’Ordiarp, et mon attention est attirée à la fois par l’église et le fronton de la pelote basque très coloré. L’église d’origine romane datant du XIIe siècle est le dernier vestige d’une commanderie templière ayant appartenu à Roncevaux. Son clocher-mur est atypique, il est surmonté d’un clocheton carré entouré de quatre petites tours.

Quant au fronton de pelote basque, il est de grande dimension et coloré.

Ordiarp : fronton pelote basque.
Ordiarp : fronton pelote basque.

 

Il est vrai que même dans un petit village, la pelote doit être sans doute le sport le plus populaire pratiqué. J’imagine les joueurs, tout de blanc vêtus, portant la cinta, la ceinture colorée, renvoyant la balle contre le fronton à main nue ou avec une chistera, une sorte de gant d’osier. J’ai déjà assisté à de tels échanges, et j’ai vu la passion des joueurs et des spectateurs.

Le centre d'évocation des Chemins de St Jacques et de la culture souletine est fermé à l’heure où je passe. J’ai quitté le village sans m’y rendre, et je vous l’avoue après coup, je regrette de n’avoir pas pris le temps de m’y arrêter ayant appris la richesse qu’il contient. Il est vrai, pour ma défense si j’en ai besoin, qu’au moment de mon passage, je ne savais pas que j’allais marcher assez lentement.   

Les Etoiles de Compostelle d'Henri Vincenot.

En effet, cette journée va se révéler relativement courte en termes de kilométrage. Assez rapidement, je me suis mis à marcher à mon pas de sénateur comme me disent parfois mes compagnons de route quand je musarde. Donc allure faible avec notamment un arrêt de plus de deux heures sous un arbre près d’un col pour relire un passage des Etoiles de Compostelle d’Henri Vincenot. Eh oui ! J’ai emmené dans mon sac cet ouvrage en livre de poche pour me replonger dans l’histoire de Jehan le Tonnerre et du Prophète. Ils sont en effet les héros indirects de l’ouvrage pour enfants que je suis en train d’écrire lors de mon cheminement. Mais, chut ! Ce n’est qu’un projet qui avance et qui a commencé à se concrétiser.

En pleine montagne.

 

J’aurais pu passer par la route de la vallée qui contourne le col pour rejoindre Saint-Just-Ibarre, mais j’ai envie de passer par le col d’Ehutza situé à 549 mètres par le chemin de randonnée 78. C’est plus ardu surtout sous un grand soleil, mais tellement plus beau pour les yeux.

Chemins empierrés, petites routes, chemins de terre vont s’enchainer au fil de mon avancée. Puis, le tracé monte de façon assez raide par des lacets gravissant le coteau. Il se poursuit à flanc de montagne pour rejoindre le col d’Ehutza.

C’est là que j’ai stoppé, m’asseyant sur un arbre tombé en travers de sentier.

Après une nouvelle montée, c’est le début de la plongée pour rejoindre un col moins élevé avant de plonger dans la vallée de Saint-Just-Ibarre.

Ibarre : maison natale de saint saint Michel Garicoïts.
Ibarre : maison natale du saint.

J’arrive en milieu d’après-midi, sous un grand soleil, à la ferme Borya à l’entrée du village. La jeune fille de la famille m’installe dans ce qui est quasiment un petit appartement avec cuisine, salon et télévision. Je n’allume pas cette dernière. Sur le chemin, il est bon de se détacher de tout ce qui fait le quotidien de chacun d’entre nous créant ainsi un détachement, une désintoxication permettant de se ressourcer avant de revenir dans la réalité du monde bruyant et souvent artificiel.

Je vais passer une bonne partie de l’après-midi à écrire dans le canapé de ce mini-appartement. Ce fut une journée dense dans ce domaine.

Saint-Just-Ibarre : ferme Borya.
Saint-Just-Ibarre : ferme Borya.

Ibarre est le lieu de naissance de saint Michel Garicoïts dont je vous ai parlé concernant le sanctuaire de Bétharram après l’étape de Lourdes. Sa maison natale est décrite dans un document local de la manière suivante : « C’est une toute petite maison de paysan, avec quatre pièces pour la cuisine et les chambres, l'aire au milieu, au-dessus, le grenier. Cette pauvre habitation est la dernière du village, contre la montagne et comme au fond d'un entonnoir. On montre à la cuisine la petite table où, vers 5 ou 6 ans, il simulait l'autel et les cérémonies de la messe, avec des bouts de cire et sur lequel il promenait l'encensoir formé d'un débris de pot de terre. » Cette description est bien à l’image de l’esprit de ce pays.

Maïté, mon hôtesse, m’a préparé un repas du soir succulent réalisé avec les produits de leur ferme. Quant avec Jean-Michel, nous avons longuement échangé sur l’estive où il devait remonter pour passer la nuit à surveiller son troupeau de brebis. L’estive est la période de l’année où les troupeaux paissent sur les pâturages de montagne lorsque repoussent les herbages d’altitude.

A suivre. Bourguignon la passion.

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