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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Poitiers, l’ancienne Lemonum gallo-romaine, est une cité superbe possédant de grandes richesses que nous allons visiter ensemble avant de nous séparer.

Notre première visite est pour Notre-Dame la Grande mentionnée à l’époque médiévale sous le nom latin Sancta Maria Majore en référence à l’église Sainte-Marie-Majeure de Rome. Rebâtie au XIe siècle sous le style roman poitevin, elle ne possède pas de transept donc pas la forme en croix latine de la plupart des églises. L’espace est très fractionné une nef en voûte en berceau, des collatéraux très élevés, un chevet à déambulatoire, des chapelles rayonnantes, une crypte. Le chœur est entouré de six colonnes aux chapiteaux corinthiens.

À l’intérieur, on retrouve un décor peint au XIXe siècle. Il ne reste de l’époque romane que quelques fresques dans l’abside. Dans le chœur se trouve la statue de Notre-Dame-des-Clefs. Selon une légende médiévale, la Vierge serait intervenue pour éviter que les Anglais prennent la cité livrée par un traître qui voulait leur donner la clé. Il ne put le faire, la clé se retrouvant miraculeusement dans la main de la statue. Tous les lundis de Pâques, jusqu’au XIXe siècle, une procession commémorait cet évènement. La statue actuelle, basée sur un modèle de l’époque romane, est une création du XVIIe siècle.

L’église classée aux Monuments historiques en 1840 connut de nombreuses restaurations. Elle est surtout très célèbre par l’abondance du décor et des scènes historiées de sa façade ouest datant du XIIe siècle. L’ensemble sculpté est exceptionnel avec le Christ dans sa mandorle, Adam et Ève, les prophètes, les apôtres…Son clocher est couronné d’un toit en écailles, forme de couverture fréquente que l’on retrouve notamment à Saintes sur le cheminement de Compostelle.

Poitiers : Notre-Dame la Grande.
Poitiers : Notre-Dame la Grande.
Poitiers : Notre-Dame la Grande.
Poitiers : Notre-Dame la Grande.
Poitiers : Notre-Dame la Grande.
Poitiers : Notre-Dame la Grande.
Poitiers : Notre-Dame la Grande.
Poitiers : Notre-Dame la Grande.
Poitiers : Notre-Dame la Grande.

Poitiers : Notre-Dame la Grande.

Nous nous dirigeons ensuite vers le baptistère Saint-Jean-Baptiste édifié au Ve siècle de notre ère à l’emplacement d’une salle baptismale aménagée dans un domus située à l’est de la cathédrale primitive. Moins connu que Notre-Dame-la-Grande, c’est un monument exceptionnel classé aux Monuments historiques en 1846. C’est l’un des plus anciens témoignages conservés en France des débuts de l’architecture chrétienne. Les parties les plus anciennes datent du IVe siècle, époque de saint Martin et de saint Hilaire, premier évêque connu de Poitiers.

Présentant un plan rectangulaire comprenant de chaque côté de l'entrée deux petites sacristies, une sorte de narthex mène à la salle baptismale. Au centre de celle-ci se trouve la piscine octogonale où les futurs chrétiens sont baptisés.

Pas assez profonde pour immerger un homme (26 cm d'eau), l'officiant verse l'eau sur la tête et les épaules du baptisé.

Dès le VIe siècle, à la suite de l'occupation wisigothe, le baptistère arbore un plan en forme de croix latine après l'ajout de trois absidioles. Au Xe siècle le bâtiment est transformé : les absidioles latérales sont créées en demi-sphère et le narthex est tronqué pour  prendre une forme polygonale visible de nos jours. La piscine est comblée, le baptistère devient église paroissiale.

Au XIIe et au XIVe siècle, l'église est dotée de fresques reprenant les thèmes de l'Ascension ou de la vie de Saint-Jean-Baptiste. Aujourd'hui, il abrite une collection de sarcophages mérovingiens du Ve au VIIe siècle provenant de la région.

Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.
Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.
Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.
Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.
Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.
Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.
Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.
Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.
Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.
Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.

Poitiers : baptistère Saint-Jean-Baptiste.

Nous continuons notre visite poitevine en nous dirigeant vers l’église Sainte-Radegonde, le sanctuaire construit pour abriter le tombeau de l’ancienne épouse du roi franc Clotaire 1er.

La légende raconte que, poursuivie par son mari Clotaire qui veut la ramener à la cour, Radegonde demanda à un laboureur qui semait de l’avoine : « à qui lui demanderait s’il a vu quelqu’un de répondre qu’il n’a vu personne depuis qu’il a semé son avoine. ». Par miracle, l’avoine poussa immédiatement dissimulant aux yeux des poursuivants Radegonde et sa suite. Elle consacra la seconde partie de sa vie à la prière et aux pauvres dans son monastère de Sainte-Croix.

Appelée autre fois Sainte-Marie-hors-les Murs, il y a une chapelle appelée Pas de Dieu. C’est une sorte d’ancien tombeau pratiqué dans l’intérieur d’un mur. On y voit deux statues de pierre (le Christ et sainte Radegonde) séparées par une pierre portant l’empreinte d’un pied. C’est, dit-on, l’empreinte faite par le Christ lorsqu’il apparut à la future sainte dans sa cellule. Ce monument était autrefois dans le couvent Sainte-Croix.   

À partir de la fin du XIIIe siècle, différentes fêtes en son honneur apparaissent. La fête principale est celle du jour de sa mort, le 13 août, appelée communément fête d’été. Celle de février dite fête d’hiver est associée au miracle des avoines.

Aux IXe et Xe siècles, l'église est l'objet de destructions et le tombeau de la sainte n'est retrouvé qu'en 1012. Une nouvelle église est détruite dans un incendie qui ravage la ville en 1083. L'édifice reconstruit est consacré en 1099. Sont alors construits le chœur et la partie basse du clocher. Le clocher est achevé au XIIe siècle. La nef date du XIIIe siècle. D’architecture simple, sans transept et collatéral, l’église possède des parties romane (chœur et tour-clocher de la fin du XIe siècle) et gothique bien distinctes. Sa crypte abrite le sarcophage de la reine Radegonde, patronne de Poitiers. La nef date du début du XIIIe siècle.

Poitiers : église Sainte-Radegonde.
Poitiers : église Sainte-Radegonde.
Poitiers : église Sainte-Radegonde.

Poitiers : église Sainte-Radegonde.

À la suite de cette visite commune, nous nous quittons, chacun reprenant son cheminement. Le mien est en direction de l’abbaye de Ligugé. Merci de cette rencontre et de ce partage Christian et Paul, bonne continuation sur votre chemin de vie.  

La suite de l’étape. Bourguignon la Passion.

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