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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Je quitte le gite de notre hospitalier vers 7h30. Le cycliste anglais s’est montré peu disert, restant dans son coin hier soir. C’est un taiseux. Dur quand la communication ne se fait pas. C’est ainsi, il faut savoir accepter tous les caractères, et laisser tranquilles ceux qui restent plongés dans leur propre cheminement. En l’occurrence, ce qui l’intéressait, c’était l’étude de sa prochaine étape. Ce matin, il n’est même pas venu me dire au revoir alors que je lui ai dit que je partais, en anglais bien sûr. Peut-être faut-il que je révise ma prononciation…

Je continue mon chemin en passant devant l’émouvante église Saint-Hilaire avant d’aller vers la campagne. Émouvante, car elle a parlé à mon cœur.  

Melle est connue pour son passé médiéval, mais aussi pour sa triade d'églises romanes avec Saint-Savinien et Saint-Pierre. Saint Hilaire est un véritable joyau de l'architecture romane, classée depuis 1914 comme Monument historique et depuis 1998 au Patrimoine Mondial de l'UNESCO au titre d'étape du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Je ne devais pas la manquer.

Construite entre le XIe et XIIe siècle, elle fut restaurée au XIXe siècle. Nichée le long de la rivière Béronne, c'est aujourd'hui la seule église de Melle encore utilisée pour le culte.

La statue équestre située dans la niche au-dessus de l'entrée date de l'époque romane. La première interprétation qu’il s’agit de l'Empereur Constantin foulant un païen, en quelque sorte le symbole de la victoire du christianisme sur le paganisme. Une seconde version est qu’il s'agirait d'un seigneur local dénommé Constantin. De fière allure sur son destrier, il semble protéger l’église.

Melle : église romane Saint-Hilaire.
Melle : église romane Saint-Hilaire.
Melle : église romane Saint-Hilaire.
Melle : église romane Saint-Hilaire.
Melle : église romane Saint-Hilaire.

Melle : église romane Saint-Hilaire.

À l’intérieur, la paix et la sérénité règnent. Le plan de l’édifice facilite leur déambulation tout en nous invitant à la quiétude pour admirer les chapiteaux (il y en a 282) montrant de nombreuses sculptures de formes géométriques, d’animaux, de feuillage, de scène de la vie quotidienne ou historiée, le tout finement sculpté. Tout est symbolique dans l’art roman, c’est un déclencheur de la spiritualité introspective.

Je ne peux oublier non plus la réalisation moderne du chœur en marbre blanc de Namibie. Le mélange des arts roman et moderne est harmonieux. Au milieu du chœur, l'autel et l'ambon ont été taillés dans deux blocs d'albâtre, couleur ambre. Une beauté qui suscite l’émotion.

Au bout d’une heure, je reprends ma route par une petite montée raide. C’est la traversée de la campagne en longeant plus ou moins loin la rivière que je vais franchir à plusieurs reprises. En fait, je vais vite m’apercevoir que je fais de longs détours : le tracé du chemin…

En traversant un village, une ancienne chapelle laissée à l’abandon. À Mazières-sur-Béronne, une pancarte de rue nous indique que nous sommes bien sur le chemin de Tours.

C’est une succession de petites routes, de chemins, de passage en forêt. Rien de spécial à dire, c’est reposant. À La Villedieu, j’entre en Charente-Maritime.

J’arrive enfin à la halte jacquaire d’Aulnay située au en plein centre. Après plusieurs appels, j’ai réussi à contacter la personne bénévole.

La halte est agréable, dans une petite maison avec cuisine, salle d’eau et même lave et sèche-linge pour huit euros. Il est déjà occupé par deux dames qui parcourent une petite partie du Chemin. Nous sympathisons. Le soir, nous allons manger sur la terrasse intérieure d’un restaurant un menu simple et copieux.

Il y a de nombreux étrangers. La Saintonge est belle et réputée pour ses églises romanes.

Demain, je partirai de bonne heure pour visiter en faisant un détour l’église Saint-Pierre de la Tour qui s'élève sur un site occupé à l'époque gallo-romaine par un temple païen, puis par un sanctuaire chrétien. Un moment fort à déguster.

À suivre. Bourguignon la Passion.

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