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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Très bonne nuit de sommeil, ce lieu étant particulièrement calme. Lorsque je me lève, je découvre que cette nuit, il a plu. Je vais certainement rencontrer des chemins boueux. Ce n’est pas bien grave en soi si les chemins sont praticables.

Petit déjeuner copieux avec des croissants. Je fais connaissance d’un jeune homme venu passer une retraite d’une semaine au Foyer. Il m’interroge sur la raison de mon cheminement vers Compostelle. Je tente de lui expliquer, mais à plusieurs reprises il me coupe la parole. « À quoi cela sert, me dit-il, on peut très bien faire ce travail de façon intérieure. » Je lui confirme que cela peut-être le cas, mais que la marche à cet avantage d’être propice à la réflexion.

C’est mon choix et je pense de celui de nombreux marcheurs. Il a alors cette phrase : « Tous les gens comme vous font Compostelle parce que c’est à la mode. » Jugement un peu péremptoire même s’il y a un fond de vérité. Je préfère cesser la conversation prétextant l’heure du départ. Une dame m’accompagne jusqu’à la sortie. « Ne vous en faites pas, me dit-elle, tout le monde n’est pas comme lui. Il est excessif, mais il a bon fond. » Elle m’embrasse en me souhaitant bonne route.

Cette scène m’a fait réfléchir une partie de la journée sur la tolérance et sur une certaine forme d’intégrisme des milieux chrétiens. Nous ne faisons pas l’unanimité.    

Rapidement, je quitte le quartier de La Fumade et me retrouve sur un sentier bien signalé qui me mène en forêt. L’herbe est haute et bien mouillée. Mon pantalon et mes chaussures sont déjà bien trempés. Traversée d’une rivière suivie d’une remontée en surplomb d’une carrière qui se poursuit par des sentiers et chemins forestiers. Arrivé à un carrefour où trône une étrange statue. Je rejoins le circuit de Font Martine jusqu’au pont de bois sur la Brague. Je vais suivre un bon moment cette rivière suivie d’une autre, Le Bruguet me faisant passer au large de Valbonne et de son abbaye médiévale bénédictine de type cistercien datant du XIIIe siècle. Rien à voir avec la Chartreuse de Valbonne située dans le Gard. Le détour n’aurait pas été grand, mais je veux conserver des forces après mes doutes de ces derniers jours.    

Au bout d’une douzaine de kilomètres, je m’arrête, car tombe une mauvaise nouvelle. En effet, dans la préparation du parcours, j’espérais m’arrêter à La Roquette-sur-Siagne (au bout de vingt-six kilomètres) où existe un accueil pèlerin. Une distance de bon aloi. Contactés quelques jours avant mon départ, les accueillants m’ont prévenu qu’ils n’étaient pas dans la région, et m’avaient proposé de trouver une solution alternative. En vain ! Celle-ci n’arriva pas. Restent d’autres choix dans cette région touristique. Mais, au vu des tarifs pratiqués dans cette région touristique en consultant mon smartphone, ils sont trop onéreux pour mon engagement financier.

En consultant le trajet (merci à l’Association PACA-Corse des amis des chemins de Saint-Jacques et de Rome), il me faut prendre une décision. Soit je suis le tracé par Mouans-Sartoux pour revenir par La Roquette en direction de Théoule-sur-Mer. Cela fait une bonne quarantaine de kilomètres, ce qui est déraisonnable. Soit je trouve un chemin hors tracé passant par Mougins et Mandelieu-La-Napoule soit une bonne trentaine de kilomètres. C’est cette seconde solution plus réaliste que je choisis d’autant que le ciel est très ombrageux avec un vent frais. Une bonne saucée en perspective.

Ce chemin passe devant de nombreuses villas. Vers 18h00, sous la pluie battante, j’arrive enfin à la Villa Saint-Camille de Théoule-sur-Mer située sur les hauteurs. Je suis fatigué et complètement trempé. Ce lieu accueille les pèlerins vers Saint-Jacques-de-Compostelle au tarif préférentiel de 35 € en demi-pension. Une vraie ristourne sur les tarifs affichés.  

Adossé depuis peu à un groupe puissant, ce lieu de séjour même s’il ressemble à un hôtel sort de l’ordinaire. Il accueille un centre d’hébergement et de réinsertion sociale de 64 places, une pension de famille, une maison de retraite de 20 places et une maison familiale de vacances. Cette cohabitation diverse est un lieu intergénérationnel riche d’échanges, une manière du vivre ensemble dans la diversité.

Créée en 1888 par la congrégation religieuse de Saint Camille de Lellis sur un terrain offert par des particuliers, elle donnait obligation aux camilliens d’y construire une chapelle et d'assurer le service religieux à perpétuité. Devenue Maison d'Accueil, elle abrite une chapelle ouverte à tous. 

J’ai passé une bonne soirée très calme dans une chambre confortable après avoir diné à satiété au self-service. C’est bon le confort de temps à autre. Non ?

À suivre.

Alain, dit Bourguignon la Passion.

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