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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Réveil assez tôt, nous obligeant à attendre que le bistrot des pompiers ouvre afin de prendre notre petit-déjeuner avant de reprendre notre cheminement. La question matinale qui se pose à nous est de savoir si nous ferons halte ce soir à Fátima ou si nous continuons. Il n’y a que quinze kilomètres à parcourir. À titre personnel, j’aimerais y passer un peu de temps même si je suis déjà venu en 2015. Je devais alors réaliser mon engagement pris auprès d’Anna-Maria, une habitante de la région de Dole (Jura). Je l’avais rencontrée lors de mes activités de soutien aux personnes âgées. Très malade, ayant appris que je passais à Fátima, elle m’avait chargé de réaliser pour elle un acte qu’elle ne pouvait réaliser : tourner à genoux autour de la chapelle des apparitions de Fátima, et brûler une lettre qu’elle m’avait remise dans le foyer situé derrière la chapelle. Ce qui fut fait avec son frère venu de la région de Lisbonne.

Ce petit rappel n’est pas indiqué pour briller d’un éclat trompeur, mais pour indiquer à quel point ce lieu est chargé d’une grande émotion. Nous prendrons notre décision sur place.

La majorité de notre parcours jusqu’au sanctuaire se déroule sur des chemins de terre et des pistes forestières. Le marquage est très présent. On ne risque pas de se perdre. Les villages vont se succéder : Covão do Coelho, Giesteira, Moita do Martinho jusqu’à l’immense parking du sanctuaire.

Il est environ 11h00 du matin, et le parking est quasiment vide. En 2015, il était plein sans oublier les nombreux cars de pèlerins.

Quelques ilmages de l'arrivée à Fátima.
Quelques ilmages de l'arrivée à Fátima.
Quelques ilmages de l'arrivée à Fátima.
Quelques ilmages de l'arrivée à Fátima.
Quelques ilmages de l'arrivée à Fátima.

Quelques ilmages de l'arrivée à Fátima.

Fátima est un des lieux de pèlerinage marial parmi les plus célèbres du monde chrétien. Chaque année, près de cinq millions de pèlerins et de touristes s'y rendraient. La chapelle des apparitions (Capelinha das Aparições) fut bâtie à l'endroit même où la Vierge Marie serait apparue en 1917 à six reprises à trois jeunes bergers : François et Jacinthe Marto, et leur cousine Lucie dos Santos. François et Jacinthe moururent rapidement de la grippe espagnole. Béatifiés en l’an 2000 par Jean-Paul II, ils furent canonisés l’an dernier par le pape François lors de son voyage pour le centenaire des apparitions mariales. Quant à Lucie, elle entra au Carmel de Coimbra où elle décéda en 2005. Leurs tombes se trouvent dans la basilique que nous avons visitée.

Une question m’a toujours taraudée : pourquoi ce petit village portugais porte-t-il le nom de la fille préférée de Mahomet, un prénom souvent porté par de nombreuses femmes musulmanes ? La raison serait pense-t-on historique. Elle daterait de l’époque de la reconquête par les rois chrétiens de cette partie de la péninsule ibérique conquise par les Omeyyades en 711 de notre ère.

Une explication locale (légende ou non ?) est donnée. Au cours d’une bataille menée par le comte d’Ourem (localité proche du sanctuaire), une princesse arabe, prénommée Fatima fut capturée. Au contact du comte, elle se convertit au catholicisme en prenant le nom d’Oriane avant de l’épouser. En hommage, la localité aurait été baptisée de son prénom musulman. Belle histoire !

Quelques photos de Fátima.
Quelques photos de Fátima.
Quelques photos de Fátima.
Quelques photos de Fátima.
Quelques photos de Fátima.
Quelques photos de Fátima.
Quelques photos de Fátima.

Quelques photos de Fátima.

Nous allons donc voir ces différents lieux avant d’aller manger un morceau près du sanctuaire.

Frédéric ne souhaite pas rester dormir ici, pensant que l’on va tourner en rond. C’est pour moi un peu à contrecœur que nous reprenons la route vers l’étape suivante. Voilà typiquement quelque chose qui justifie ma marche souvent solitaire : la liberté de faire ou de ne pas faire. Si Frédéric n’avait pas été mon fils, mais un simple compagnon de voyage, je l’aurais laissé continuer seul et serait resté dormir à Fátima. Étant mon fils, je ne pouvais le laisser seul et je n’ai pas insisté. Sa démarche est autre que la mienne. Je dois la respecter. Et puis, je reviendrais surement.

Nous repartons donc cette fois-ci sur des routes asphaltées. Il nous reste 21 kilomètres si nous allons jusqu'à Caxarias. Peut-être est-ce le hasard ou une réponse à ma remarque précédente ? Nous allons être séparés. À un croisement, alors qu’il marchait rapidement loin devant moi, il a disparu. Pensant qu’il avait suivi le marquage, je ne me suis pas inquiété outre mesure. Le chemin de terre jaune a remplacé l'asphalte. Je pense qu'il m’attendra bien à un carrefour. Les kilomètres défilent, et toujours pas de fiston. Aucune trace de son passage. Je me dis qu’il a dû rater un fléchage, et qu’il a suivi un autre chemin. Naturellement, je suis très inquiet d’autant qu’il n’a pas de téléphone pour me contacter (il utilise le mien), et peu d’argent sur lui. Je décide donc de l’attendre à un endroit connu de nous deux, la caserne des Bombeiros de Caxarias ; pour être sûr d'être là, je prends un taxi pour m'y amener.

Alors que j’y arrive, mon téléphone sonne : c’est Frédéric qui a emprunté le téléphone d’un local. Bonne initiative ! En fait, il a continué son chemin sans m’attendre et se trouve à environ huit kilomètres de là. Il lui faudra près de deux heures pour me rejoindre. C’est donc un grand soupir de soulagement.

Les Bombeiros ne pouvant nous loger à la caserne, nous rejoignons une salle paroissiale où ils se réunissent. Un pompier nous ouvre, nous réglons notre écot de dix euros pour nous deux. C’est immense, on est un peu perdu et il n’y a pas de matelas. On fera au mieux.

Le soir, nous allons manger non loin de là. Nous y retrouvons Jean-Marc vu à Minde avec qui nous dinons en regardant un match de foot. Il a réussi à trouver un accueil chez une vieille dame à deux kilomètres de là.

Drôle de journée qui m'a fait découvrir un autre visage de mon fils. On en apprend tous les jours.

À suivre.

Alain et Frédéric.

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