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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Notre premier acte est de nous rendre au sanctuaire Nosa Señora da Barca, le site de la Barqua de la Virgen situé tout au bout de la presqu’île. C’est un lieu emblématique de la légende de Jacques le Majeur, et donc du Chemin de Compostelle. Selon celle-ci, la Vierge aurait visité l’apôtre pendant sa mission d’évangélisation en Galice. Cette légende met une fois de plus en évidence le lien étroit avec la Vierge.

S’ajoute aussi cette tradition locale : « Tout meurt à Finisterre (Fisterra), tout renaît à Muxía ». Un vrai symbole pour le cherchant et cheminant sur le cycle de la vie avec la mort suivie d’une renaissance.

N’est-ce pas là une raison de ma présence sur du Chemin : se remettre en cause vers une vie meilleure et plus équilibrée ? Le vieil homme parti pour la huitième fois, cette fois-ci avec son fils Frédéric, avait encore besoin de laisser sur le bord de la route des restes toujours présents dans son sac de pierres, à l’image des métaux laissés à la porte d’un lieu de réflexion et de partage.

Nous nous rendons donc sur ce site rocheux faisant face à la mer sauvage, site vierge de toute présence. Le temps est venteux et je profite de l’occasion pour expliquer à mon fils la légende du lieu. De nombreux de visiteurs viennent s’agenouiller devant la Vierge, particulièrement vénérée des Galiciens. L’église étant close à cette heure matinale, je vous engage à voir mon article de l’étape 82 b en 2013 intitulée : sanctuaire Nosa Señora da Barca- Gal.

http://www.bourguignon-la-passion.fr/article-etape-82b-muxia-sanctuaire-nosa-se-ora-da-barca-24-aout-2013-2125-km-123757083.html

 

À côté de cet aspect religieux, plusieurs traditions se perpétuent de manière plus profane concernant ces gros blocs.

Premier exemple, tenter de faire bouger la Pedra de Abalar, un gros bloc bancal. Abalar signifie bouger, bercer, trembler… Cette pierre en forme de voile représenterait le mât et la voile du bateau amenant la Sainte Vierge lors de son apparition à Jacques.

Deuxième exemple, passer sous la Pedra dos Cadris qui serait le corps du bateau ? Cadrís est le pluriel de cadril, la partie du corps entre les deux hanches. Passer sous cette pierre soignerait le mal de reins. Le troisième rocher, Timón, symbolise le gouvernail du bateau. Ces quelques traditions sont vraisemblablement des vestiges de rites préchrétiens.

Nous repartons en direction de la sortie sud de la cité balnéaire en suivant dans un premier temps la route, puis une longue montée éprouvante vers le petit village de Vastelos, suivi d’un plateau où trônent des éoliennes. Sur ce chemin, la vision étonnante d’une vieille femme habillée tout de noir, assise sur une chaise, vendant des boissons. Je n’ose la photographier de peur qu’elle considère mon acte comme une agression vis-à-vis d’elle, une personne obligée de faire cette vente pour survivre.

Il fait maintenant très chaud. Nous passons au large de Lires où j’avais fait halte en 2013.

Petit à petit, nous surplombons la mer et croisons de plus en plus de marcheurs allant de Fisterra et Muxía. Certains nous sont connus, car nous les avons déjà rencontrés, d’autres non.

À environ dix kilomètres de Fisterra, nous faisons halte dans un bar de style hippie où nous mangeons un morceau. La musique, le mode de vie me donne l’impression de retourner presque cinquante ans en arrière. Nous y restons un bon moment, nous y sommes bien, entourés de chiens.

Arrêt au bar à la musique hippie.
Arrêt au bar à la musique hippie.
Arrêt au bar à la musique hippie.
Arrêt au bar à la musique hippie.
Arrêt au bar à la musique hippie.
Arrêt au bar à la musique hippie.

Arrêt au bar à la musique hippie.

Arrivée à Fisterra en espérant trouver une albergue privée pour nous accueillir. Je n’ai pas gardé un bon souvenir de l’albergue municipale lors de mes passages précédents. Finalement, après avoir reçu notre Fisterrana, le diplôme spécifique du Camino Fisterra, nous y logeons.

 

Sur le Caminho português, nous avions rencontré Dieter, un ancien cuisinier de cette fameuse auberge hippie se trouvant à l’entrée de Fisterra. À plusieurs reprises, je m’étais dit que ce serait bien d’en pousser la porte. Nous décidons de le faire. En arrivant, nous prenons une boisson. Pour manger, il faut revenir à 21 h. Finalement, on ne revint pas.

Comme nous n’aurons pas le temps de revenir à Santiago à pied, nous avons un avion à prendre pour Toulouse, nous réservons nos billets pour y retourner en bus. Nous dînons sur le port, au menu, paella. Nous nous couchons relativement tôt.

Demain, nous allons au bout du monde pour nous recueillir au cimetière des marins, là où j’ai déposé les cendres de papy René il y a quelques années, selon ses désirs. Je sais que Frédéric attend beaucoup de ce moment.

À suivre. Alain et Frédéric

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