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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Lors de mon dernier passage dans la région, j’avais manqué la visite de cette ancienne abbaye qui se situe pourtant à une centaine de mètres du chemin de grande randonnée que nous parcourons.

Elle fut fondée entre 1135 et 1142, puis s’étendit rapidement avant de décliner en raison des Guerres de Cent Ans et des religions. Lors de la Révolution française, elle est vendue comme bien national et fut transformée par les acquéreurs en pavillon de chasse et résidence secondaire. Elle ressemble alors plus à un petit château qu’à une abbaye même si son histoire est conservée.

Depuis 1997, le lieu est devenu la propriété du département des Hautes-Pyrénées. Ceci nous assure, à nous pauvres passants, à la gratuité de la visite. Un exemple en la matière.

caladieu, en latin, signifie « Échelle vers Dieu ». C’est bien dans la logique de l’ordre des cisterciens fondé à Cîteaux, non loin de chez moi en Bourgogne, en 1098 par une poignée de moines souhaitant revenir aux fondements de la Règle de saint Benoit perdue par l’ordre de Cluny.  Ils choisirent un marais plein de cistels (roseaux qui vont donner le nom de Cîteaux), en privilégiant la grande pauvreté, la rigueur liturgique et le rejet de l’oisiveté.

Abbaye cistercienne de l’Escaladieu : abbatiale, salle de pénitence, salle capitulaire, armarium...
Abbaye cistercienne de l’Escaladieu : abbatiale, salle de pénitence, salle capitulaire, armarium...
Abbaye cistercienne de l’Escaladieu : abbatiale, salle de pénitence, salle capitulaire, armarium...
Abbaye cistercienne de l’Escaladieu : abbatiale, salle de pénitence, salle capitulaire, armarium...

Abbaye cistercienne de l’Escaladieu : abbatiale, salle de pénitence, salle capitulaire, armarium...

La pauvreté, on la trouve dans la simplicité de l’abbatiale. Rien ne devait détourner l’attention des moines dans leurs huit prières quotidiennes. On la retrouve dans la salle de pénitence réservée aux moines pour expier les péchés les plus importants.  On la retrouve dans le chauffoir, une des rares pièces avec l’infirmerie et la cuisine à bénéficier de la chaleur. 

On y retrouve aussi la salle capitulaire, lieu de décision et de lecture, l’armarium, sorte de bibliothèque permettant aux moines de s’instruire…  Hélas, le cloitre a disparu.

Les jardins sont plus modernes, ils datent du XIXe siècle, même si on y retrouve des vestiges anciens. Notamment ceux d’un vivier permettant l’élevage de poissons remplaçant la viande interdite au quotidien.  Une manière au monastère d’être autonome.     

L’abbaye sert de nos jours à des expositions, concerts, spectacles, conférences, ateliers… et à la présence dans les jardins d’œuvres modernes réalisées par des artistes.  Par exemple, la souche monumentale de Simon Augade.  Selon son concepteur, « C’est à la fois la dynamique de la vie, le mouvement, les cycles de l’arbre et la force de l’inertie, du figé presque intemporel… vestige d’une fulgurante énergie originelle puissant dans ses racines une histoire qui nous dépasse. »  

À suivre. Alain, dit Bourguignon la Passion.

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CetB 06/02/2020 10:16

Une belle découverte. Merci pour ce partage.
Cordialement. C&B