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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Il reste deux étapes pour atteindre Laon, la préfecture de l’Aisne, ville historique où mon fils aîné Cédric doit me rejoindre pour effectuer les étapes vers Reims. Naturellement, cela me motive après avoir été accompagné sur la voie de Vézelay vers Compostelle par mon petit-fils Yohan en 2012, et par mon autre fils Frédéric sur la voie portugaise, en 2018.

Pour cela, je dois parcourir une soixantaine de kilomètres en deux étapes. Je vais rejoindre dans un premier temps Tergnier situé à une vingtaine de kilomètres. De là, si je suis en forme et que la canicule annoncée n’est pas trop importante, je vais me rapprocher de Laon si je trouve un endroit où poser ma tente.

   Je pars après mon petit-déjeuner pris sur le pouce en direction de Clastres par des petites routes, puis jusqu’à Jussy. Là, je vais suivre le canal de Saint-Quentin déjà rencontré hier jusqu’à Tergnier. Je n’ai pas suivi le canal à mon départ de cette étape, car il fait un long détour par Tugny-et-Pont.  

Ma grande surprise est que, si au début la bordure du canal est largement accessible, elle va se transformer pendant plusieurs kilomètres en un filet de sentier au milieu des ronces, des épines. Cela va provoquer chez moi de nombreuses coupures aux jambes, étant resté en short. Peut-être une erreur ! Arrivé près d’une écluse, le chemin s’élargit et je retrouve un chemin digne de ce nom.

   La température est bien montée. Je décide de passer par le centre de Tergnier pour acheter un sandwich et une boisson fraîche dans une boulangerie que je m’empresse de manger sur un banc. Je suis rejoint par deux cyclistes déballant le leur et s’interrogeant sur ma présence. D’où un échange sur cette Francigena méconnue.

J’apprends que les hébergements disponibles se trouvent en dehors du village. La seule solution économique possible se trouve être le camping municipal de la Frette, situé sur la base de loisirs. Il n’est que 13 h, je n’ai parcouru que 18 kilomètres. Si je m’arrête maintenant, demain je devrais parcourir les 38 kilomètres. Impensable… 

   Je dois reprendre mon cheminement, d’autant qu’à Septvaux, hors du chemin, la gérante d’un gîte d’étape me confirme qu’elle peut m’accueillir pour un prix raisonnable. Le premier gîte contacté me proposait une chambre à 60 € plus 25 € de nettoyage. Je décline sa proposition, n’étant pas sur ce Chemin pour payer ce prix. Je ne suis pas Crésus… Chacun sa vie, son espace. Une heure plus tard, il me proposa de réduire à 40 €, plus le nettoyage. Je lui dis que j’ai déjà réservé. Il insiste… Il est trop tard. Ce genre de relance commerciale est rare, heureusement.

En fait, je vais payer 35 €, petit-déjeuner compris ce qui est plus onéreux que la moyenne, mais justifié par la qualité du logement et du petit-déjeuner. 

   Reprenons le fil du jour. Après Tergnier, je rejoins la route allant vers Saint-Gobain. Alors que j’ai effectué plusieurs kilomètres, un gros 4x4 Mercedes s’arrête. Sophie, qui m’avait aperçu en allant vers Tergnier faire des courses, me proposa de m’avancer. Déshydraté, j’accepte sa proposition fraternelle d’autant qu’elle m’offre une bouteille d’eau. Je n’en avais plus. Elle dépassa son domicile pour m’amener au village de Septvaux, où se trouve le gîte. En descendant, elle m’offrit une bouteille de Pulco. Merci, Sophie.

Au centre du village, je fais une halte pour calmer ma soif avant d’entreprendre la montée jusqu’à la Ferme de Bellemont. Ce lieu accueille des randonnées équestres comme le faisaient les hostelleries anciennes. Ils ont donc l’habitude d’accueillir des passants. L’accueil est très sympathique et souriant. Ce soir, je dors dans un lit. J’en ai bien besoin après les conditions d’hier.

   Le soir, je dîne dans la salle commune. Deux couples de touristes, un Anglais faisant halte ici avant de rejoindre son pays. Des échanges limités.

 

Ah oui ! Avant d’arriver au gîte, nous sommes passés par Saint-Gobain, cité mondialement connue comme marque. C’est ici que Colbert créa en 1665 la Manufacture royale de glaces de miroirs. Après avoir espionné les verriers vénitiens venus travailler en France, les verriers français maîtrisèrent les techniques permettant à la France de Louis XIV d’exporter dans toute l’Europe. On leur doit la galerie des Glaces du château de Versailles. Depuis 2018, la manufacture est occupée par une entreprise fabriquant et exportant à travers le monde des manèges à forme de Carrousel. Une belle reconversion.

   Que dire de cette étape ? Un parcours plat et mitigé, peu de monde rencontré, mais de qualité, une grande fatigue due à la canicule. Je vais bien dormir ce soir.  

   À demain… Alain dit Bourguignon la Passion

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