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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Après la visite de la cathédrale, prenant la direction de Cormontreuil, je passe devant la basilique Saint-Rémi que je ne connaissais pas.

   Elle est dédiée à saint Rémi, évêque de Reims à 22 ans, issu d’une famille gallo-romaine, décédé à l’âge honorable de 96 ans. Il va marquer l’histoire en baptisant Clovis, alliance entre la royauté franque et l’Église catholique.

Une légende veut que Clovis, se voyant abandonné par ses dieux, s’en remette au dieu de sa femme Clothilde pour qu’il lui apporte la victoire. Ébranlé dans sa foi, Clovis entame sa conversion avec Rémi.

   Le corps de saint Rémi est déposé hors des remparts de la cité dans l’oratoire Saint-Christophe sensiblement à l’emplacement de son tombeau actuel. Son renom attire rapidement les pèlerins. L’oratoire est alors agrandi aux dimensions d’une église dédiée à saint Rémi. Au milieu du 8e siècle, des moines bénédictins venus de Saint-Denis s’installent en créant une abbaye permettant d’accueillir et de guider les pèlerins. Cette présence dura quasiment un millénaire.

C’est au 9e siècle que l’église est de nouveau agrandie pour devenir une abbatiale carolingienne qui, vers l’an mil, est remplacée par une église romane. Il en reste aujourd’hui les onze travées de la nef, les tribunes et bas-côtés, le long transept avec ses galeries au rez-de-chaussée et à l’étage, et les absides romanes de chaque côté du chevet. Cette immense église est consacrée en 1049 par le pape Léon IX, lors d’un concile local.

   En 1162, nouvel agrandissement entraînant la destruction du porche roman et l’ajout aux extrémités de deux travées gothiques, et l’agrandissement du chœur en style gothique avec déambulatoire et chapelles rayonnantes. Désormais, l’édifice mesure plus de 120 mètres de longueur, 28 mètres de largeur, une hauteur sous la nef de 25 mètres, sa flèche culminant à 56 mètres de hauteur.

 

[1] Dans l’Église catholique romaine, une église portant ce titre honorifique donné par le pape est un lieu où de nombreux fidèles viennent en pèlerinage pour honorer Jésus-Christ, la Vierge Marie ou les reliques d’un saint (ici, saint Rémi). Les basiliques ont préséance sur les autres églises, à l’exception de la cathédrale du diocèse.

17c – Reims, la basilique Saint-Rémi
17c – Reims, la basilique Saint-Rémi
17c – Reims, la basilique Saint-Rémi
17c – Reims, la basilique Saint-Rémi

La vie monastique, florissante au 12e siècle, décline lors de la guerre de Cent Ans. L’abbé, auparavant par le chapitre, est devenu commendataire, c’est-à-dire nommé en bénéficiant des ressources de l’abbaye. Moins présents, ils délaissent l’abbaye.   

La congrégation de Saint-Maur réforme l’abbaye au 17e siècle, édifiant en style Renaissance la colonnade entourant le chœur. Lors de la Révolution, l’église est sauvée en devenant église paroissiale, les moines bénédictins ayant quitté les lieux en 1793.

Le 19e siècle voit des rénovations, mais surtout l’érection d’un nouveau mausolée en 1847, plus petit que celui du 16e siècle. Les statues, appartenant à l’ancien mausolée, représentent le baptême de Clovis et les douze pairs de France. Ils portent chacun un objet lié au sacre, les régalias : l’archevêque-duc de Laon (où je suis passé précédemment avec la sainte ampoule, le duc de Bourgogne avec la couronne…

Reims - Basilique Saint-Rémi  - Mausolée saint Rémi.
Reims - Basilique Saint-Rémi  - Mausolée saint Rémi.
Reims - Basilique Saint-Rémi  - Mausolée saint Rémi.

Reims - Basilique Saint-Rémi - Mausolée saint Rémi.

Le mausolée de saint Rémi.

   Une collecte nationale permet, en 1896, à l’occasion du 14e centenaire du baptême de Clovis, la réalisation d’une chasse en bronze enfermée dans le mausolée. Ce petit édicule à deux étages est décoré d’émaux illustrant la vie de saint Rémi et des statues de la Foi, de l’Espérance, de la Charité, de la Justice et des douze apôtres. Elle est exposée neuf jours par an dans la basilique.

Cette même année, l’ancienne abbatiale est élevée à la dignité de basilique[1]. De cette époque date aussi la couronne de lumière, suspendue à la rencontre du chœur et de la nef.

La couronne de lumières.

Symbole de la Jérusalem céleste aux douze tribus [les tours] décrite dans l’Apocalypse de Saint-Jean, les 96 bougies évoquent la durée de la vie de saint Rémi.

   Durant la Première Guerre mondiale, l’édifice est en partie détruit. La charpente est brûlée, les voûtes écroulées. Les travaux de reconstruction vont durer 40 années en respectant scrupuleusement l’édifice initial.

   Le 12 octobre 1958, la basilique est rendue au culte. Comme la cathédrale, en 1991, elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.    

Comme vous le voyez cher(e)s ami(e)s, un édifice très différent de la cathédrale, source de nouvelles émotions. Plus discrète, c’est une merveille moins architecturale, mais plus en symbiose avec ma perception personnelle de ces lieux consacrés. Son intérieur d’une grande simplicité mêle en harmonie le style gothique à l’art roman, art symbolique à mes yeux, et à la Renaissance. Contrairement à la cathédrale très visitée, la basilique semble l’être moins. Les vitraux, chargés d’apporter de la lumière, émanation du divin, sont discrets. Tout cela laisse une impression d’intimité. Sa sobriété, ce que je préfère, tranche aussi avec la cathédrale. Le chœur gothique du 12e siècle, à quatre étages, constitue un ensemble impressionnant de légèreté et d’harmonie. Deux édifices en complémentarité.  

   J’ai passé deux bonnes heures, constituant un moment de repos et de spiritualité.  

   À suivre… Alain dit Bourguignon la Passion

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