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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Étant sans dépendance, je me lève vers 6 h 30 pour prendre la route sur la voie romaine vers 7 h. Je vais pouvoir marcher à la fraîche et m’arrêter en cours une bonne heure. Avec ce que m’a fourni Michel, je prends un petit-déjeuner simple, mais conséquent et deux bols de café.

   Dès le départ, le parcours est bien fléché grâce au marquage mis en place par ces défenseurs bénévoles de la voie historique. Merci à vous et à votre engagement.

Peu après Corbeil, je passe du département de la Marne dans l’Aube. Mon premier village est Donnement, un petit village endormi. Direction Balignicourt que je n’atteins pas, prenant de nouveau un chemin agricole. Après quelques détours, je rejoins le bord d’une petite rivière dénommée gentiment Le Petit Ravet. Ayant parcouru une bonne dizaine de kilomètres, j’y fais halte un moment. Je passe au petit village d’Yèvres-le-Petit, presque un hameau. Par une petite route, je rejoins Rosnay-l’Hôpital où je rejoins le tracé de la Francigena.

Le village doit son nom à une commanderie templière. Ici, le 2 février 1814, le maréchal Marmont protégeant la retraite de Napoléon 1er en immobilisant une armée de plus de 20 000 Autrichiens avec 4 000 hommes, entraînant pour l’ennemi une perte de 3 000 hommes. Cet acte de bravoure valut à son régiment l’autorisation de l’empereur de mettre sur leur drapeau la devise « 1 contre 8 », devise toujours inscrite sur le drapeau du 132e bataillon cynotechnique de Suippes. Je prends l’occasion de trouver un bar ouvert pour prendre un long café sur la terrasse.

À la sortie du village, en suivant une allée bordée de marronniers, j’accède à l’église de l’Assomption-de-la-Vierge datant du 11e siècle, classée depuis 1846 aux Monuments historiques. L’église primitive était dédiée à saint Étienne par saint Thomas, évêque de Canterbury, alors en exil à Pontivy. On voit tout de suite le lien avec le parcours de Sigéric, lui-même évêque de cette cité anglaise. En y passant, saint Bernard de Clairvaux y fit, dit-on, un miracle le 5 février 1147 en rendant la vue à une femme.

   Sa grande particularité est d’être en fait une église double à deux niveaux. L’église supérieure date du 16e siècle. Elle comprend quelques parties romanes. Une belle dalle funéraire vaut bien une photo à partager avec vous.

Entrée de la crypte.

On y trouve aussi de très beaux vitraux notamment sur la vie de saint Thomas Becket, l’arbre de Jessé, saint Nicolas, saint Jean-Baptiste… une merveille à découvrir notamment lorsque le soleil flamboyant transperce les couleurs chatoyantes.

L’église inférieure ou crypte, accessible par une porte extérieure, est tout naturellement la plus ancienne avec des parties datant de la période des 11e/12e siècle. Je n’ai pas manqué de tourner une vidéo pour vous faire vivre les émotions ressenties lors de cette découverte.

Eglise de Rosnay-l'Hôpital : église haute.
Eglise de Rosnay-l'Hôpital : église haute.
Eglise de Rosnay-l'Hôpital : église haute.
Eglise de Rosnay-l'Hôpital : église haute.
Eglise de Rosnay-l'Hôpital : église haute.
Eglise de Rosnay-l'Hôpital : église haute.

Eglise de Rosnay-l'Hôpital : église haute.

Lien vidéo sur la crypte :

Plus d’une heure passée dans ce lieu frais m’a requinqué pour repartir vers Bétignicourt, puis Chalette-sur-Voire. En regardant sur le GPS, je m’aperçois que j’ai fait un détour de plusieurs kilomètres sans grand intérêt en suivant le GR. J’aurais pu prendre une voie plus directe vers Brienne, en passant par Lassicourt, sans passer par les villages cités. C’est trop tard, il faut l’assumer. Je continue par Précy-Saint-Martin, Saint-Léger-sous-Brienne, puis Brienne-le-Château, rendu célèbre par la présence du jeune Bonaparte.

   À l’arrivée, l’office de tourisme me confirme que le local municipal accueillant les pèlerins n’est pas ouvert pour cause de Covid. Je suis obligé de me rabattre sur l’hôtel des voyageurs faisant un prix spécial pour nous. Étant fermé lorsque j’y arrive, j’en profite pour faire des courses dans une épicerie voisine. L’hôtelier arrivant, il me donne une chambre surclassée avec douche. Il ne louera que deux chambres ce soir-là.   

Il est temps de me balader dans cette petite ville. L’ancienne école royale militaire va l’abriter pendant cinq ans alors qu’il avait à peine dix ans, comme boursier du roi comme enfant de la petite noblesse. La Corse était rattachée depuis peu à la France. Aujourd’hui, elle abrite le Musée Napoléon. Je ne suis pas fana de ce conquérant dont les ambitions firent de nombreuses victimes dans l’Europe entière. Il reste toutefois un homme marquant de notre histoire. Mes sentiments ne m’empêchent pas de me placer dans cette optique.   

La statue de Louis Rochet le représentant à 15 ans est du bel ouvrage. Il tient dans sa main son livre favori, La vie des Hommes illustres de Plutarque. À l’avant du piédestal, une inscription témoignant de son attachement à la cité : « Pour ma pensée, Brienne est ma patrie, c’est là que j’ai ressenti les premières impressions de l’homme. »

   Je ne suis pas allé voir le château se trouvant en surplomb de la cité, le « petit Versailles de l’Aube », aujourd’hui devenu un centre psychothérapique.  

   Voilà une longue journée, sous un ciel cuisant. Si bien que le lit moelleux de l’hôtel fut le bienvenu.

   À demain… Alain dit Bourguignon la Passion

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