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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Christophe me sert mon petit-déjeuner bien achalandé sur la terrasse. C’est maintenant le départ pour rejoindre ce soir Frasne-le-Château. Marie, chez qui je dors ce soir, m’a appelé pour me dire qu’elle comptait sur moi ce soir. Ce que j’ai confirmé.

   Le temps est frais, mais il ne pleut pas. Je retraverse le bourg pour me diriger en direction d’Autet. J’y rencontre un homme du cru, ancien sportif, ayant parcouru le Chemin vers Compostelle, et la Francigena depuis son village jusqu’à la frontière suisse.

Il semble avoir préféré l’ambiance et l’accueil du premier cité. J’aurais certainement dit la même chose au début de mon cheminement présent.

   À la sortie, je rejoins un bois dont le sentier recouvert de feuilles passe sous un pont de chemin de fer. Peu à peu, je me rapproche des bords de Saône que je vais suivre durant un moment. J’arrive à la dérivation de la Saône à Savoyeux dont la particularité est de passer en partie dans un tunnel. À l’écluse semi-automatisée, j’assiste au passage d’un bateau.  

Le long de la Saône.
Le long de la Saône.
Le long de la Saône.
Le long de la Saône.

Le long de la Saône.

Je continue en direction du village de Savoyeux avant de bifurquer vers Mercey-sur-Saône. Longeant la Saône, je passe à Motey-sur-Saône traversé rapidement. Marchant sur des petites routes et des chemins forestiers, j’atteins Sainte-Reine. Reprenant une grande route, j’atteins La Chapelle-Saint-Quillain où un petit cirque a planté son chapiteau. J’entends les bruits d’un haut-parleur, mais il n’y a pas beaucoup d’activité. Cela doit être dur pour ces artistes.

M’asseyant à une table de bois pour manger un morceau, j’ai comme voisin un lama en train de manger les feuilles d’un arbre me regardant béatement. Vision étonnante d’un échange de regards entre l’homme et la bête.

   Je quitte le tracé du chemin pour me diriger vers Frasne se trouvant sur le chemin historique. Toujours ce combat associatif entre les tenants de ce dernier, et le tracé du GR145. Je vais traverser une forêt. En arrivant à La Montbleuse, et comme je n’ai plus d’eau, un habitant m’en fournit de la fraîche. Il est habitué depuis quelques années à le faire. « Cette année, me dit-il, vous devez être le deuxième ou le troisième. » Année difficile pour tout le monde.      

Il me reste encore une petite distance avant d’arriver à ma destination. Je suis reçu par Marie, une ancienne mairesse ayant décidé de raccrocher après avoir œuvré pendant 20 ans. Elle est restée conseillère municipale. Elle me reçoit dans sa maison, le gîte municipal de plusieurs dizaines de lits recevant les participants à un mariage.

Elle me raconte que le chemin initial avant le choix du GR145 passait par Frasnes. Elle a même reçu comme édile les autorités italiennes à ce sujet. Un jour, sans être prévenue, elle a découvert qu’on n’avait pas pris en compte son historicité et les investissements faits par la commune. Un choix préjudiciable pour des raisons économiques ?

Le village abrite un beau château privé inscrit aux Monuments historiques. Bâti sur les ruines d’un château fort du 11e siècle, il est constitué d’un bâtiment en forme de U flanqué d’une tour ronde datée du 15e siècle et d’une tour carrée à l’est. Sa façade sur cour date de 1570, sa surélévation et les transformations intérieures du 19e siècle. Marie m’emmena non pour le visiter, mais pour en voir les extérieurs.

   Dans le village existe un centre d’accueil d’une cinquantaine de demandeurs d’asile (CADA) pendant l’étude de leur dossier de demande de statut de réfugié. C’est une tradition séculaire du village d’être un lieu d’accueil de jeunes en difficulté. Il assure l’hébergement, l’accompagnement dans la procédure de demande d’asile, le suivi social (soins, scolarisation des enfants, etc.) et une aide financière alimentaire. Les débuts ont été un peu difficiles, mais aujourd’hui, la cohabitation est apaisée. Chacun a mis de l’eau dans son vin en se respectant. Les jeunes pris en charge par des éducateurs apprennent le savoir-vivre à la française, mais aussi les préparent à une bonne intégration par la formation. Les métiers de bouche y sont très présents.

Comme vous le voyez, chaque rencontre est enrichissante si on sait écouter, si on ouvre son cœur. Elle permet en toute liberté et tolérance d’échanger, de s’enrichir au contact des réalités quotidiennes de chacun. Si j’étais resté sagement dans mon fauteuil à regarder la télévision, je ne les aurais pas vécues.

   En fin d’après-midi, Marie s’absente pour se rendre chez des amis. Après m’être installé, douché…, je m’installe dans le jardin pour lire une brochure trouvée dans la chambre. À son retour, nous passons à table en parlant de nombreuses choses. Le repas est très bon et bien fourni.  

   Vers 22 h, je rejoins la grande chambre qui m’est dévolue.

   Merci à Marie pour cette rencontre enrichissante sur tous les plans.

   À demain… Alain dit Bourguignon la Passion

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