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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Je pars à 7 h 30, mon hôte ayant déjà préparé le petit-déjeuner. Il a plu durant la nuit jusqu’à 6 h du matin, au moment où je suis sorti prendre l’air. Ce matin, le ciel est dégagé avec un léger vent. Pour rejoindre le chemin, je refais le chemin pris hier soir sur un bon kilomètre avant de traverser un champ pour raccourcir le trajet.

Je retrouve La Loue que je vais suivre jusqu’à Châteauvieux-les-Fossés où elle disparaît sous terre. Le trajet est agréable, se déroulant en grande partie sous des arbres et un chemin souple. En chemin, je croise de nombreux joggeurs. C'est animé par ici.

À Châteauvieux, je traverse la rivière pour me rendre à Vuillafans, le village situé en face. Je prends un café dans un bar situé devant l’église de l’Assomption. De loin, j’aperçois la statue de saint Vernier, l’équivalent franc-comtois de saint Vincent.  Comme le veut la tradition, il est figuré sous les traits d'un jeune homme debout, la main gauche posée sur le cœur. Il tient une grappe de raisin dans sa main droite, une serpe, une gourde et une besace pendent à sa ceinture. Elle date de 1869.

Le long de la rivière calme, jusquà Vuillafans-les-Fossés.
Le long de la rivière calme, jusquà Vuillafans-les-Fossés.
Le long de la rivière calme, jusquà Vuillafans-les-Fossés.
Le long de la rivière calme, jusquà Vuillafans-les-Fossés.
Le long de la rivière calme, jusquà Vuillafans-les-Fossés.

Le long de la rivière calme, jusquà Vuillafans-les-Fossés.

Retraversant le pont, je me dirige à l’intérieur de Châteauvieux. Je découvre la maison de Gérard Balthazar, l’homme qui assassina Guillaume d'Orange dit le Taciturne, le fondateur protestant des Pays-Bas. Il le tua à la demande de Philippe II, roi d’Espagne à laquelle était rattaché alors la Comté. Arrêté, il fut supplicié en 1584.

Continuant la montée, je me retrouve sur un chemin de terre en forêt. Non loin du village, je retrouve La Loue sortant de sa partie souterraine.

   À Lods, l’un des « Plus Beaux Villages De France », changement de rive de La Loue. Le fléchage m'amène dans une petite rue raide allant à l’église Sainte-Théodule. Construite en 1731 grâce à la souscription de quatorze habitants, elle abrite des fresques malheureusement en mauvais état.

Lods, un des plus beaux villages de France.
Lods, un des plus beaux villages de France.
Lods, un des plus beaux villages de France.
Lods, un des plus beaux villages de France.
Lods, un des plus beaux villages de France.
Lods, un des plus beaux villages de France.
Lods, un des plus beaux villages de France.

Lods, un des plus beaux villages de France.

Je continue la montée en direction de Mouthier-Haute-Pierre. Le soleil tape fort, et je m’arrête à plusieurs reprises pour reprendre mon souffle et récupérer un peu sous l'ombre. Je suis en pleine nature et la vue est magnifique. J’arrive au village, le dernier avant les Gorges de Nouailles empreintes de légendes fabuleuses, dont celle de La Vouivre, une créature fantastique mythologique bien connue en Bourgogne.

Le village viticole à 400 mètres d’altitude se niche au pied des falaises abruptes d'Haute-Pierre, à 882 mètres, qui lui ont donné son nom. Il fut édifié autour d’un prieuré clunisien à partir du 9e siècle.    

   Belle église Saint-Laurent datant du 16e siècle au tour-clocher de 43 mètres (inscrite aux Monuments historiques) avec de nouveau la présence de saint Vernier. À l’image de la Saint-Vincent tournante bourguignonne, il existe une Saint-Vernier tournante. Comme je n’ai plus grand-chose dans mon sac, je mange une grande salade bien fournie au fromage du pays à la terrasse du Relais du Prieuré. Délicieux, je recommande.

C’est maintenant la grande descente suivie d’une grande montée qui progressivement, m'amener à la centrale hydroélectrique marquant l’entrée des Gorges de Nouailles, une sorte de petit canyon entouré de falaises. Le parcours tortueux est accidenté avec de nombreux changements de niveaux. Il peut se révéler dangereux, notamment par temps de pluie. Les niveaux de l’eau étant gérés par EDF, ses changements de hauteur peuvent varier rapidement. Malgré les pancartes jaunes, ce n’est pas ce qu’a compris ce couple avec trois jeunes enfants faisant trempette dans le débit rapide. Des inconscients… On a envie de les prévenir, mais, à quel titre sinon la peur d’un grand-père protecteur…

Les Gorges de la Nouailles, La Loue vigoureuse.
Les Gorges de la Nouailles, La Loue vigoureuse.
Les Gorges de la Nouailles, La Loue vigoureuse.
Les Gorges de la Nouailles, La Loue vigoureuse.
Les Gorges de la Nouailles, La Loue vigoureuse.

Les Gorges de la Nouailles, La Loue vigoureuse.

Surplombant La Loue, j’entends constamment l’eau s’écoulant plus ou moins rapidement. Par moment, la rivière effectue des petits bonds, dont le fameux « Grand Saut », d'une dizaine de mètres. En cours de route, je croise de nombreux marcheurs et familles. Le lieu est assez fréquenté.

   Après trois kilomètres de cette marche usante (j'ai plus de 800 kilomètres dans les pattes), je sympathise avec un couple de Dijonnais me proposant les restes de leur bouteille d’eau. Un geste que j’apprécie puisque ma gourde est vide. l.

Nous décidons de continuer de concert pour le dernier kilomètre menant à la source de La Loue. Les eaux débouchent d'une vaste grotte s'ouvrant au pied d'une falaise, une sorte d'hémicycle naturel. Avec l’infiltration des pluies du plateau, elle garde en toute saison un débit élevé. On sait depuis 1901 qu’il s'agit d'une résurgence du Doubs, puisqu’accidentellement, un million de litres d’absinthe furent déversés d'une usine de Pontarlier. Quelques jours plus tard, l’eau de la source avait l’odeur et la couleur de l'absinthe. Cette thèse fut confirmée plus tard à l’aide d’un colorant.

Au Chalet, au milieu de guêpes agressives, nous partageons le verre de l’amitié. Comme je suis près de mon accueil du soir, j’opte pour une bière. Je me fais piquer par l'une de ces indésirables… Un serveur, certainement habitué à la présence de ces insectes, m’amène de la crème à mettre sur la piqûre. Cela me soulage rapidement.

  Belle rencontre. Nous nous quittons amicalement, espérant de nouveau nous croiser dans notre région.  

   Je pars par une petite route en direction d’Ouhans.

En passant, sur une colline dominant la source de La Loue, la chapelle Notre-Dame des Anges édifiée à la fin du 19e siècle témoigne la reconnaissance de la Sainte Vierge pour sa préservation du village. Les habitants sont appelés « loups blancs ? »

   Je suis accueilli par mes hôtes du soir, Jean et son épouse. Anciens hôteliers du village, ils recevaient déjà des pèlerins dans une annexe de leur établissement. À leur retraite, ils ont continué à proposer le gîte et le couvert à leur domicile.

   Nouvel bel accueil par une famille sympathique, se posant de nombreuses questions sur l’avenir de leur belle région. La Francigena reprend de plus en plus les codes des Chemins de Compostelle. Tant mieux !

   À demain… Alain dit Bourguignon la Passion

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