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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Lever tôt, vers 6 h, car je sais que le chemin est long et surtout très vallonné. Je récupère le plateau de petit-déjeuner préparé par mes hôtes avant leur départ pour le travail. J’aurais aimé mieux les connaître, échanger avec eux, mais a priori, la connexion ne s’est pas faite. Il ne faut pas forcer la nature des choses.

   Je déjeune seul dans le gîte, lave la vaisselle… et quitte les lieux. Il pleut, le temps est venteux. J’entreprends ma marche sous la pluie en grimpant la côte à travers champs menant à la chapelle du Tourillot. Elle fut édifiée en 1925, à la suite d’une promesse : que le village ne soit pas envahi par les Allemands lors de la Première Guerre mondiale. Ce qui n’arriva pas.

Mon parcours se poursuit par une succession de grimpettes en suivant des chemins gravillonnés, et surtout, en suivant une piste boueuse passant au milieu des alpages sous le regard curieux de bovins se demandant qui était ce martien qui s’approchait d’eux.

   Au bout de près de 90 minutes, je tombe sur le couple d’enseignants belges rencontrés à deux reprises hier. Ils ont dormi sous la tente près d’un bâtiment ouvert où, hier soir, avait eu lieu un rassemblement de plusieurs familles du cru s’éclairant aux phares de voiture. Au centre, un important brasier réalisé avec des tonneaux où brûle du bois alimenté par nos amis. Il faut faire sécher la tente, les vêtements… Comme convenu avec humour hier soir, ils m’offrent le thé.   

Il faut partir, la pluie s’étant un peu calmée. Hélas, pas pour longtemps.

   C’est ainsi que j’arrive complètement trempé aux Hôpitaux-Vieux où je me réfugie dans le seul endroit ouvert, une boulangerie faisant office aussi de café. Je prends une grande tasse bien chaude avec une tarte salée locale qui me réconforte bien. Ce village est situé sur la voie romaine reliant Besançon à l’Italie. Il est de nos jours célèbre pour sa station de La Seigne, point de départ de 100 km de pistes de ski de fond et d’un stade de biathlon.

Je repars en direction des Hôpitaux-Neufs, un bourg très commerçant, que j’évite en passant sur le chemin le surplombant. Ça y est enfin, la pluie a fait face à un soleil timide et bienfaisant. Jougne est très proche.

   Au village, je visite de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste. Rien d’exceptionnel à mes yeux. À ses pieds, j’emprunte un chemin pierreux en forte descente jusqu’à la chapelle de Saint-Maurice entourée d’un cimetière, située en contrebas. C’est le vestige d’un prieuré datant du 9e siècle, rebâti au 12e siècle qui servit de relais entre l’abbaye Saint-Bénigne de Dijon et celle de Saint-Maurice d’Agaune, dans le Valais. Hélas, je n’ai pu visiter sa crypte romane, l’église est close.

Jougne : eglise Saint-Jean-Batiste et chapelle Saint-Maurice.
Jougne : eglise Saint-Jean-Batiste et chapelle Saint-Maurice.
Jougne : eglise Saint-Jean-Batiste et chapelle Saint-Maurice.
Jougne : eglise Saint-Jean-Batiste et chapelle Saint-Maurice.
Jougne : eglise Saint-Jean-Batiste et chapelle Saint-Maurice.
Jougne : eglise Saint-Jean-Batiste et chapelle Saint-Maurice.

Jougne : eglise Saint-Jean-Batiste et chapelle Saint-Maurice.

Le parcours se poursuit par une longue route asphaltée passant par le dernier village français, Les Echampés. D’ailleurs, c’est par un petit chemin pierreux étroit que l’on accède à la frontière entre les deux pays. Pas de présence de douaniers.

   Sur la route menant à Ballaigues, petite halte pour déjeuner sur une table et des bancs de pierre situés au début d’un chemin menant aux restes d’une voie romaine. Je n’ai pas le temps d’y passer, l’étape du jour est longue.

Au village, par un petit chemin, j’entame une longue descente me faisant passer sous la route 9 puis au milieu de la forêt jusqu’aux gorges de l’Orbe.

   Suivant un sentier de plusieurs kilomètres bordant la rivière, je profite de l’ombre, car désormais le soleil brille de mille feux. Un grand changement par rapport à ce matin. Ce sentier est souvent très large contrairement à celui des gorges de la Loue rencontrées précédemment. À plusieurs reprises, des sortes de tunnels de quelques dizaines de mètres de longueur ont été percés dans la roche pour assurer la continuité du sentier. Sur bruit de fond de l’eau s’écoulant avec force, un très beau parcours relativement peu fréquenté lors de mon passage.

Le long des gorges de l'Orbe.
Le long des gorges de l'Orbe.
Le long des gorges de l'Orbe.
Le long des gorges de l'Orbe.
Le long des gorges de l'Orbe.
Le long des gorges de l'Orbe.
Le long des gorges de l'Orbe.

Le long des gorges de l'Orbe.

   Arrivant aux Clées, je quitte le parcours officiel menant à Orbe pour prendre la variante permettant de rejoindre directement Romainmôtier où j’espère pouvoir être logé ce soir. Pour cela, je dois suivre des sentiers montants à travers bois et champs traversés au milieu de bovins. Un paysan du cru me donne toutes les indications. Progressivement, je rejoins Bretonnières en suivant la voie de chemin de fer. Avant le village, je m’aperçois qu’il me reste très peu d’eau et que celle-ci est chaude. Je m’arrête dans un bar pour faire le plein en buvant un coca.

Reprise du cheminement en suivant le fléchage jaune de grande qualité. Après la montée sur une petite route ensoleillée, je retrouve jusqu’au terme de mon étape la fraîcheur des bois. J’arrive à Romainmôtier, l’un des plus beaux villages de Suisse.

   Je rejoins l’abbatiale romane, le principal vestige de ce prieuré. Il y a du monde se prenant en photo pour un mariage. C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne peux pas être logé au gîte de pèlerin. Il est occupé par des participants à cette cérémonie.

Bien qu’il ne soit que 17 h 30, j’ai rendez-vous une heure plus tard, je visite l’abbatiale d’où sort de la musique d’orgue. L’organiste est en train de jouer, je m’assois pour l’écouter. Ayant terminé, il se dirige vers moi en m’annonçant une bonne nouvelle : l’un des membres de la confraternité protestante animant le lieu peut m’accueillir « à la bonne franquette » dans l’une des chambres de la Maison de la Porterie. Nous nous y rendons. Je découvre une pièce étonnante où a été placé un lit. Je dois utiliser la douche et les toilettes situées dans l’appartement du dessous. Cela me va bien, son propriétaire que j’ai rencontré étant absent pour la soirée.

Après m’être mis tout propre, j’assiste à l’office du soir. Une cérémonie assez différente de celle vécue dans le culte catholique. Les opérants me demandent de les rejoindre, ce que je fais bien entendu, terminant l’office avec eux.  

   Je mange un morceau dans l’un des restaurants en me contentant d’un seul plat pour 25 francs suisses : la vie est très onéreuse en Suisse, et il est facile de faire éclater son budget. 

La nuit fut bonne.

   À demain… Alain dit Bourguignon la Passion

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