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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Je me lève tôt, le premier de notre chambrée. Comme nous étions trois, j’avais préparé mon sac pour éviter de faire du bruit en partant, finissant de boucler mon sac à dos dans le couloir. Entretemps, j’avais pris ma douche matinale et un petit coup de rasoir sur le visage. Je sais que la distance du jour est longue, et que plusieurs beaux dénivelés m’attendent.

Après la prise du petit-déjeuner seul, me voilà parti en longeant le lac. Je sais que j’arrive bientôt au bout, je vais bientôt rentrer dans les terres. Le temps est couvert avec un petit vent frisquet.

   Arrivé à Veytaux, j’aperçois un magnifique château. Je m’arrête pour prendre des photos, et prendre connaissance des indications sur son histoire.  Le château de Chillon a été édifié sur un îlot rocheux à un emplacement stratégique pour garder le passage entre le nord et le sud de l’Europe.   

La forteresse a épousé sa forme ovale, mesurant environ 100 mètres de longueur sur 50 mètres de large. Son nom en langue ancienne signifie « plateforme rocheuse ». Entouré d’un fossé naturel, il est accessible par le lac sur tout son pourtour, étant relié à la terre par un ancien pont-levis, aujourd’hui, un simple pont.

   Son histoire est marquée par quatre grandes périodes : celle des évêques de Sion, celle des ducs de Savoie, celle des baillis bernois et enfin, l’époque actuelle au sein du canton de Vaud.

Le château de Chillon.
Le château de Chillon.
Le château de Chillon.
Le château de Chillon.

Le château de Chillon.

Bâti à partir du 10e siècle pour les évêques de Sion, il devint propriété de la Maison de Savoie au 12e siècle. Il présente un double visage. La façade nord est percée d’archères et de meurtrières surmontées de mâchicoulis. Elle constitue la partie forteresse protégeant l’édifice du bord du lac où passe la Via Francigena. Au sud, côté lac, il présente la façade d’une résidence princière avec de magnifiques fenêtres gothiques. Je n’ai vu ce côté qu’en gravures. Cette période dura jusqu’au 16e siècle.

En 1536, les Bernois envahissent le Pays de Vaud, prenant le château après un siège de trois semaines. Le châtelain s’était enfui avec ses serviteurs par le lac. À partir du 18e siècle, le château est abandonné, servant de dépôt.

   En 1798, nous sommes en pleine période révolutionnaire en France, des habitants chassent les Bernois au cours de la Révolution vaudoise. Le château devient bien national, servant de dépôt d’arme, de prison… Dès la fin du 19e siècle, les restaurations commencent… et continuent jusqu’à nos jours.

Je poursuis mon chemin le long du lac, et arrive à Villeneuve où je découvre, en ville, une stèle et un buste offert par l’Inde en hommage de Gandhi, l’apôtre de la paix inaugurée en 2019. Il a résidé six jours dans le bourg en 1931. Il rendait visite à son ami Romain Rolland. Prix Nobel de littérature, grand humaniste, qui s’était installé en 1922 dans la commune.

  

À la sortie du village, en longeant une petite rivière, j’ai entendu de nombreux tirs provenant d’un stand installé au pied d’une falaise. J’ai appris par un Suisse que les entraînements de tirs étaient fréquents, certains soldats servant dans l’armée suisse qui n’a que 3 000 professionnels environ.

   Par de petites routes, sous le soleil devenu bien présent, j’arrive à Aigle (où je fais halte pour déjeuner mon achat dans une supérette) après être passé à Yverdon.

Le long du chemin
Le long du chemin
Le long du chemin
Le long du chemin

Le long du chemin

Le tracé m’amène après une montée au château d’Aigle. Datant du 12e siècle, il est bâti sur la colline de la Blonaire, à l’abri des débordements impétueux de la rivière Grande-Eau. Il fut partiellement détruit et reconstruit à plusieurs reprises, notamment pendant la période bernoise. Lorsque ceux-ci sont chassés, il devint bien national avant d’être acheté par la commune pour devenir une prison jusqu’en 1972. Depuis, une grande campagne de restauration et de transformations permet au château d’être devenu un site de culture et de convivialité. Depuis 2010, il abrite le Musée de la Vigne et du Vin.

Au château d'Aigle.
Au château d'Aigle.
Au château d'Aigle.
Au château d'Aigle.
Au château d'Aigle.
Au château d'Aigle.

Au château d'Aigle.

En juin 2001, le Conseil d’État du canton de Vaud confie 150 m² d’une parcelle au CIO (Comité international olympique) sous l’intitulé « vignes olympiques ». Ceci, en l’honneur de Juan Antonio Samaranch. Je n’en sais pas plus ?

    À Verschiez, je croise un petit train allant en direction des Diablerets, une station de ski réputée. Mon cheminement continue à monter, passant au-dessus d’Ollon. J’ai plusieurs centaines de mètres de dénivelé positif dans les chaussures. Un petit arrêt s’impose avec une table de bois bien placée à propos.

Après un petit café à Ollon, et avoir rechargé ma gourde dans une fontaine, me voilà reparti par une nouvelle montée dans les bois. Progressivement, à mon pas de sénateur, j’arrive à Antagnes. Après une descente épique sur un sentier à peine marqué, quasiment pas fléché, je passe par l’ancienne abbaye de Salaz, une dépendance rurale des moines de Saint-Maurice, devenue de nos jours une propriété vinicole et un lieu d’évènements.

Le long du chemin...
Le long du chemin...
Le long du chemin...
Le long du chemin...
Le long du chemin...

Le long du chemin...

Le reste de mon trajet devient plat jusqu’à Saint-Maurice, après avoir longé la rivière La Gryonne, être passé auprès de juges dans un champ, évaluant des pilotes d’avion dans un concours de voltiges (très bruyant), avoir longé un Rhône à l’eau grise et à l’écoulement rapide…. 

Du Rhône à l'abbaye de Saint-Maurice.
Du Rhône à l'abbaye de Saint-Maurice.
Du Rhône à l'abbaye de Saint-Maurice.
Du Rhône à l'abbaye de Saint-Maurice.
Du Rhône à l'abbaye de Saint-Maurice.
Du Rhône à l'abbaye de Saint-Maurice.
Du Rhône à l'abbaye de Saint-Maurice.

Du Rhône à l'abbaye de Saint-Maurice.

   Très fatigué, je me rends à l’Hôtellerie franciscaine où je dors ce soir. Il est situé tout près du couvent de la Fraternité Saint-Maurice créée en 1610. Les membres vivent selon l'esprit de saint François d'Assise. Assise, un lieu où j’ai l’intention de me rendre après mon arrivée à Rome (cette année ou l’an prochain).  

À peine le temps de me doucher, c’est l’heure du repas pris en compagnie d’une dizaine de personnes, tous en tenue civile : prêtres, moines, retraitants… On parle peu, sinon de façon sporadique…

   Je sors faire un tour dans le village où il y a peu de monde. Naturellement, l’abbaye est close, et ouvrira peut-être demain à 10 h. Je serais loin.

     Je regagne ma chambre où je m’endors rapidement. D’autant qu’il n’y a pas la télévision. C’est un plus. Cela permet de rester dans l’esprit du Chemin, déconnecté de la société. Dure journée !

   À demain… Alain dit Bourguignon la Passion

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