Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Vers 7 h 30, prise du petit-déjeuner généreux servi par mes hôtes, avec du miel issu de leurs ruches.

   C’est maintenant le départ accompagné de Jean-Louis, un ami de Jean, lui-même un grand marcheur. Il accompagne parfois les pèlerins de passage jusqu’à Arras, situé à une vingtaine de kilomètres de là. Il a plu durant une partie de la nuit, et les petits chemins en gardent la trace. Au bout de quatre kilomètres, nous avons atteint à la porte bleue d’une résidence qui marque la fin de notre parcours commun.

   Me voilà désormais seul sur des petites routes peu fréquentées en direction d’Arras. Le ciel est nuageux, et le soleil a du mal à sortir avec un vent qui arrive par rafales.

   Au loin, j’aperçois des ruines qui m’apparaissent gigantesques. En m’approchant, je vais découvrir qu’il s’agit des ruines de l’abbaye du Mont Saint-Eloi sur son promontoire. Je décide bien entendu de m’y rendre d’autant que j’ai rejoint le tracé à Ablain-Saint-Nazaire.

   L’accès au Mont-Saint-Eloi nécessite un petit détour. La côte est raide, même si je passe par un petit chemin herbeux bien fléché, mais aussi bien détrempé. Aux pieds des tours, la vue dominant les collines et les forêts de l’Artois est magnifique malgré le temps pluvieux et venteux m’obligeant à remettre ma polaire et le k-way. Avec sa position privilégiée culminant à 150 mètres sur la voie romaine passant par Thérouanne, le site servit de poste d’observation de César et des Romains (hypothèse ?) ou des Alliés lors de la Première Guerre mondiale.

   Les deux tours mutilées de l’abbaye, classées monuments historiques en 1921, témoignent de sa grandeur passée et de la violence des combats. En 1914, elles servirent de postes d’observation face aux Allemands installés sur les collines de Lorette et Vimy. L’ennemi déclenchant le feu à chaque mouvement des soldats français, ces derniers recherchèrent la présence d’un espion éventuel. En fait, ils découvrirent que les ennemis se fiaient à l’envol des oiseaux nichant sur l’édifice. En 1915, la canonnade écorna le dernier étage des tours, les ramenant de 53 à 44 mètres de haut. Début 1916, l’armée britannique releva les troupes françaises. Le cimetière militaire d’Ecoivres renferme 1 728 sépultures du Commonwealth de la Première Guerre mondiale, 786 sépultures de guerre françaises et quatre sépultures de guerre allemandes.

   Acquises par le Conseil Départemental en 2004, des travaux de consolidation furent entrepris, ces ruines constituant un monument « vivant » des malheurs de la guerre et un appel à la paix.

   Un peu d’histoire de l’abbaye. Selon la légende, un ermitage fut construit sur le « mont blanc » (dû à la craie) au 7e siècle par saint Vindicien, un disciple de saint Éloi.

Le lieu aurait été consacré en 929, lorsque l’on retrouva miraculeusement ses reliques. L’évêque Fulbert fit ériger une chapelle pour les abriter. Le site agrandi au 11e siècle, il devint un monastère de chanoines réguliers. Au 13e siècle, l’église abbatiale gothique est construite. Au 18e siècle, tous les autres bâtiments adoptent le style classique.

  

À la Révolution, les abbayes étant déclarées bien national, les bâtiments sont vendus et transformés en carrière de pierres. Seuls les tours et le porche de la façade occidentale furent sauvegardés après le rachat par l’État en 1836.

   En face des ruines de l’abbaye, une sculpture de cycles me posa question. Elle fut édifiée en hommage à François Faber, vainqueur du Tour de France en 1908, mort au front en 1915 à Mont-Saint-Eloi. Elle fut installée en 2015 pour le passage du Tour de France lors de l’étape Arras-Amiens.  

Quelques photos du chemin...
Quelques photos du chemin...
Quelques photos du chemin...
Quelques photos du chemin...

Quelques photos du chemin...

Il est temps de quitter ce lieu de sérénité pour reprendre mon cheminement vers Arras. Je passe par des petites routes dans différents villages, longeant même à un moment une petite rivière, la Scarpe. Le temps est moyen, alternant averses et soleil bien pâle. C’est ainsi que progressivement, j’arrive à la Maison diocésaine, mon arrêt du jour. En ces temps de pandémie, je suis le seul à y demeurer, le gardien étant venu de chez lui m’ouvrir la porte et me donner ma chambre.

Aucun repas n’étant prévu, je suis parti en ville pour faire des courses et visiter les lieux. Notamment la cathédrale Saint-Vaast, ancienne abbatiale de l’abbaye Saint-Vaast reconstruite en style classique. La Première Guerre mondiale va massacrer le monument. À la fin de guerre, il ne reste quasiment que le bâti. La cathédrale est reconstruite à l’identique dans les années 1920 et rouverte en 1934. Aux dires des témoins, elle n’a rien perdu de sa splendeur initiale.

Quelques photos de la cathédrale Saint-Vaast d'Arras.
Quelques photos de la cathédrale Saint-Vaast d'Arras.
Quelques photos de la cathédrale Saint-Vaast d'Arras.
Quelques photos de la cathédrale Saint-Vaast d'Arras.

Quelques photos de la cathédrale Saint-Vaast d'Arras.

Quelques photos des places d'Arras.
Quelques photos des places d'Arras.
Quelques photos des places d'Arras.

Quelques photos des places d'Arras.

Puis, c’est sur la Grand-Place que je vais déguster sur une terrasse ma bière d’arrivée. Les places d’Arras, dont celle des Héros, représentent un ensemble unique en Europe de 155 façades de style baroque flamand. Le Beffroi gothique flamboyant initial de 75 mètres de hauteur fut érigé de 1463 à 1554. Détruit en 1914 par l’artillerie allemande, il fut reconstruit à l’identique.

    De retour dans ma chambrée, je déguste sobrement ma salade-césar achetée en ville.

    À demain… Alain dit Bourguignon la Passion

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article