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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Lever de bonne heure bien que l’étape soit assez courte en distance, mais avec un bon dénivelé. Mon accueillant m’a laissé de quoi préparer mon petit-déjeuner de manière autonome l’ayant prévenu de mon départ matinal.  

Après la traversée de la voie ferrée menant à Orsières, me voilà parti pour une longue montée vers les alpages.

En regardant de plus près cette voie, je m’aperçois que je suis sur un chemin parcouru alors que j’avais à peine 20 ans (au siècle dernier), la liaison Chamonix-Zermatt avec l’UCPA. Une belle aventure qui se termina avec le début de l’ascension du Matterhorn. Ah ! Souvenirs, souvenirs… Cela veut dire aussi que je me trouve tout proche du Mont-Blanc.

Revenons au présent. Je vais passer d’une altitude de 700 mètres à 1 600 mètres, avec surtout un dénivelé cumulé de 1 200 mètres environ. Je rejoins le hameau de La Garde. Le sentier bien balisé m’amène tranquillement à Orsières. Près d’une chapelle, je rencontre un pèlerin assis pour se reposer et se désaltérer. Il s’agit d’un prêtre d’origine hindoue officiant en Suisse.

Il est parti hier de Martigny, et doit dormir à Orsières au presbytère. Je ne peux pas y dormir, car le gîte d’accueil Saint-Bernard est fermé pour cause de Covid. Nous engageons la discussion en anglais, un bon moyen de pratiquer. Nous nous croisons à deux reprises, ayant fait moi-même une halte, étant allongé sous un arbre.

Sur le chemin, de Sembranchet à Orsieres.
Sur le chemin, de Sembranchet à Orsieres.
Sur le chemin, de Sembranchet à Orsieres.
Sur le chemin, de Sembranchet à Orsieres.
Sur le chemin, de Sembranchet à Orsieres.

Sur le chemin, de Sembranchet à Orsieres.

Le fléchage me fait passer par le torrent des Fornys, suivi d'une descente accentuée m’amenant à la gare d’Orsières. Ce village, situé à 900 mètres d’altitude, est entré dans la grande Histoire lorsque Mayeul, quatrième abbé de Cluny, fut enlevé dans la nuit du 21 au 22 juillet 972, par des Sarrazins. Il revenait de Rome pour rejoindre la Bourgogne.

Les kidnappeurs exigèrent une rançon de 1 000 livres d’argent qui fut versée. La réaction fut vive. Ils furent tous tués pour cet acte infâme, et de plus, les Sarrazins furent chassés de la Provence et des massifs alpins.

   Passage à l'office du tourisme qui me conseille de dormir à l’hôtel Terminus en face, car c'est la moins chère des solutions. Ils ont aménagé des chambres pour les marcheurs. J'y mange un plat, fais quelques courses à l’épicerie du village avant de repartir. Il est encore tôt. Ah, si j'avais eu la tente... Tiens Alain, tu radotes !

La montée vers Bourg-Saint-Pierre où je dors ce soir est la plus éprouvante de la journée. Après la passerelle sur la Dranse d’Entremont, j’entreprends la montée en suivant la via Alpina R115 en direction de Fornex. En chemin, je rencontre deux pèlerins marchant ensemble, un Anglais et une Japonaise. Nous parlons tout en marchant. Ce sont des habitués de Compostelle qu’ils ont parcouru ensemble.

   À un moment donné, nous perdons la trace de la Francigena, nous obligeant à effectuer une montée épique à travers de nombreux arbres et branchages cassés pour rejoindre le sentier passant sur le dessus. À la suite de cette demi-heure de difficulté vécue ensemble, nous sommes plus que des pèlerins se croisant, d’où cette photo prise à son issue.   

D'Orsières à Bourg-Saint-Pierre.
D'Orsières à Bourg-Saint-Pierre.
D'Orsières à Bourg-Saint-Pierre.
D'Orsières à Bourg-Saint-Pierre.

D'Orsières à Bourg-Saint-Pierre.

Bons marcheurs, mes compagnons de route vont plus rapidement que moi avec mon célèbre pas de sénateur, très régulier. À une intersection, après un pont sur la Dranse, je me trompe de direction si bien que je vais les perdre de vue et ne plus les revoir de la journée. Ayant vu mon erreur, je retourne en arrière en remontant la côte descendue à tort. Cela arrive parfois lorsque l’esprit vagabonde, alors que la marche est devenue mécanique.

  

C’est maintenant l’arrivée au dernier village suisse avant l’arrivée au col du Grand-Saint-Bernard et l’Italie. J’ai pris gîte chez Vero et Bernard, un Bed and breakfast peu onéreux, adapté à ma situation, dans un chalet, à l’entrée du village. L’accueil est sympathique, le petit appartement de belle qualité.

Le soir, Bernard m’amène de quoi prendre mon petit-déjeuner de demain matin. C'est très complet avec une baguette, du fromage, des œufs, des fruits… si bien qu’une partie me sert pour mon dîner. Et puis, il y a télévision que je regarde pendant quelques minutes pour avoir des nouvelles de mon pays. Ensuite, je feuillette quelques revues locales pour m’imprégner des lieux et de la région. Une habitude prise depuis quelque temps. Je recommande, c’est une belle adresse.

   À demain… Alain dit Bourguignon la Passion

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