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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Lever vers 7 h, après une très bonne nuit. Le petit-déjeuner est avalé rapidement. Après le nettoyage de mon passage, me voilà parti vers 8 h pour ma dernière étape suisse. Elle va me mener au col du Grand-Saint-Bernard, un endroit mythique chargé d’histoire. C’est une étape immanquable, la position la plus haute du cheminement (2 473 mètres d’altitude) pour le pèlerin se rendant à Rome. Aujourd’hui, s’il y a 800 mètres de dénivelé avec le point de départ, c’est plus de 1 000 mètres de dénivelé cumulé que je vais parcourir.

Je commence par traverser Bourg-Saint-Pierre, ce petit village de montagne endormi de 180 âmes. Il est mentionné par Sigéric de Cantorbéry en 990 sous la référence XLIX Petrecastel depuis Rome.

   Dès sa sortie, cela va être une succession de sentiers montagnards qui m’amènent au barrage hydroélectrique des Toules situé à 1 820 mètres d’altitude, alimenté principalement par la Dranse d’Entremont, rivière suivie depuis Sembrancher. Sa hauteur est de 86 mètres, la longueur de sa couronne de 460 mètres (affichage). Sa voûte verticale est très prononcée.

Vers le barrage de Toules.
Vers le barrage de Toules.
Vers le barrage de Toules.
Vers le barrage de Toules.

Vers le barrage de Toules.

Avant d’y arriver, je suis passé près d’une maison d’alpage en pierre du pays qui semble habitée. D’ailleurs, j’ai croisé un homme venant du barrage qui s’y rendait. Juste un petit bonjour, ce doit être un taiseux. Petit arrêt au barrage où se trouve un petit café en plein air hélas fermé.

De l’autre côté du lac constitué par le barrage, j’aperçois un groupe de marcheurs que je vais croiser une heure plus tard. Je les retrouverais ce soir à l’Hospice. Ce groupe de touristes sénior est accompagné d’un guide. Ils marchent relativement lentement, s’arrêtant pour prendre des photos de fleurs.

Dans les alpages, les fameuses vaches de la race d'Hérens. Sa présence en ces lieux remonterait à 3 000 ans avant J-C ? Courte sur pattes, adaptée à l'hostilité des lieux, elle est réputée pour ces combats de reines, mais aussi pour ce bon fromage à raclette que l'on aile déguster en montagne.

   Je découvre sur la rivière un endroit élargi où se trouvent des sortes de cuves plongées dans l’eau me faisant penser à la présence d’une pisciculture. Je n’ai pas trouvé de réponse. Étonnant, on se trouve à plus de 2 000 mètres d’altitude.

Le long de la montée vers le col du Grand-Saint-Bernard.
Le long de la montée vers le col du Grand-Saint-Bernard.
Le long de la montée vers le col du Grand-Saint-Bernard.
Le long de la montée vers le col du Grand-Saint-Bernard.

Le long de la montée vers le col du Grand-Saint-Bernard.

Au loin, j’aperçois un marcheur. Je le rejoins près des ruines d’une ferme située à environ 2 100 mètres d’altitude. Il s’agit du prêtre d’origine hindou rencontré hier. Il a pris un bus pour rejoindre Bourg-Saint-Pierre, ayant peu de temps pour monter au col, et aussi parce qu’il a peu de moyens financiers. « Le chemin coûte cher », me dit-il. Nous cheminons un moment. Il me parle des deux pèlerins déjà cités, les ayant rencontrés vers 6 h ce matin (je dormais) en arrivant à Bourg-Saint-Pierre. Ils sont donc devant nous, marchant d’un bon pas. J’espère qu’ils s’arrêteront à l’Hospice cet après-midi, et que nous passerons la soirée ensemble.

   Comme il marche lentement, nous nous donnons rendez-vous au col. En fait, je ne le verrais qu’au repas du soir pris en commun par une trentaine de personnes.

Je continue donc la montée seul, en passant par la Combe de la Mort. Quelques rencontres bovines, curieuses de voir passer l’énergumène que je suis. Les pentes sont parfois raides, surplombant la route en lacets. Sous nos pieds, sous la montagne, le tunnel du Grand-Saint-Bernard. Après un dernier coup de reins, c’est l’arrivée devant la pancarte du col. Il y a du monde, des touristes, des cyclistes, des marcheurs. Le vent souffle, et malgré le soleil, il fait frais.

   Je commence par me tromper d’endroit en me rendant à l’auberge. Accueil froid, on me renvoie rapidement de l’autre côté, celui du vrai Hospice. Ouai ! no comment ! Je n’ai pas le profil.

Je suis accueilli par un hospitalier. Il faut retirer les chaussures, les mettre au sous-sol, prendre des chaussons, passer du gel hydroalcoolique, mettre le masque… C’est normal, j’arrive dans une collectivité. Je règle mon écot auprès de l’hôtellerie, y compris pour le dîner et le petit-déjeuner de demain. Étant frigorifié par l’altitude et la fin d’étape, on m’offre un grand bol de thé bien chaud. Réconfortant.

   Je m’installe dans un grand dortoir d’une douzaine de lits où est déjà installé un marcheur allemand. Petite discussion. Dans la soirée vont arriver trois autres marcheurs, deux Suisses venus faire de l’escalade dans la région, un jeune Français, vétérinaire de son état, venu s’installer depuis peu en Suisse. Il découvre la montagne, et il a randonné dans la journée.

À table, autour d’un repas simple, mais bien fourni, nous parlons de la Francigena qu’ils découvrent tous. Comme quoi, il reste à améliorer la communication sur ce chemin… Je retrouve aussi le prêtre hindou venu à la fin du repas avec le chanoine avec qui il a dîné. Il m’apprend que mes compagnons pèlerins sont passés et ont décidé de continuer vers Aoste. Dommage !

   Durant l’après-midi, j’ai visité les lieux et les alentours. Voir l’article suivant.

   C’est fatigué, mais heureux d’être arrivé là que je termine cette journée. Demain, c’est la descente vers Aoste, et l’Italie.

   À demain, les amis… Alain dit Bourguignon la Passion

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