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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Départ vers 7 h 30. Le temps est frais et humide. Il me faut revenir sur mes pas pour rejoindre le village d’Ammerschwihr et retrouver le tracé du Chemin.

   Au bout d’une vingtaine de minutes, je rejoins la petite chapelle de Saint-Wendelin de style néo-gothique datant du 19e siècle. Souvent représenté en berger, ce saint est né en Écosse en 594.

Fils de roi, il se rendit en Allemagne, aspirant à une vie pieuse. Il vécut comme mendiant et berger avant de devenir abbé de Tholey (Allemagne). Son culte est répandu dans son pays d’origine, dans les régions germaniques de Sarre et de Rhénanie, ainsi qu’en Alsace-Lorraine.

Je prends la direction de Katzenthal par une grimpette passant non loin du château médiéval du Wineck entouré de vignes se dressant au-dessus du village. C’est un endroit magnifique avec la traversée du vignoble de Sommerberg dominant le petit village de Niedermorschwihr. Ce village est réputé pour les confitures mondialement connues de Christine Ferber, vendues dans une petite épicerie. En passant, je vois des gens faire la queue. Étonnant !

   Je continue mon cheminement en direction du collet du Brand. Un très beau calvaire avec un personnage entourant avec ses bras le pied de la croix. Il doit y avoir certainement une légende ou une histoire à ce sujet. Je ne l’ai pas trouvée.

Niedermorschwihr et calvaire du collet du Brand.
Niedermorschwihr et calvaire du collet du Brand.
Niedermorschwihr et calvaire du collet du Brand.

Niedermorschwihr et calvaire du collet du Brand.

C’est la descente vers Turckheim. Je passe la Porte du Brand, l’une des trois Portes entourant la cité, avec son architecture massive. Selon l’information touristique, elle était dotée d’une herse, d’un pont-levis enjambant un fossé et de deux portes battantes soigneusement gardées fermées, sauf lors de la saison des vendanges.

J’ai déjà parcouru sept à huit kilomètres. Comme il n’est pas tard, j’en profite pour faire un saut en bus jusqu’à Colmar, grande ville située non loin de là. J’y suis en moins de trente minutes.

   Colmar, cité connue pour sa Petite Venise, le nom donné à la rivière Lauch traversant la cité. Ce nom fut donné en référence à sa grande sœur italienne du fait de l’alignement des maisons surplombant la rivière de part et d’autre de celle-ci. Ces maisons à colombages de toutes les couleurs sont datées entre le 14e et le 18e siècles. Des promenades en barque sont même organisées.

Colmar : collegiale Saint-Martin et "Petite Venise".
Colmar : collegiale Saint-Martin et "Petite Venise".
Colmar : collegiale Saint-Martin et "Petite Venise".
Colmar : collegiale Saint-Martin et "Petite Venise".
Colmar : collegiale Saint-Martin et "Petite Venise".
Colmar : collegiale Saint-Martin et "Petite Venise".
Colmar : collegiale Saint-Martin et "Petite Venise".

Colmar : collegiale Saint-Martin et "Petite Venise".

Avant de m’y rendre, je me balade dans la zone piétonne autour de la collégiale Saint-Martin. À l’origine romane, elle est devenue une œuvre majeure de l’architecture gothique d’Alsace. Elle fut cathédrale durant une dizaine d’années lors de la Révolution.

Sur le tympan-sud, on aperçoit saint Nicolas sauvant trois filles de l’égorgement ainsi que des jeunes hommes d’un assassinat. Voici cette légende. Trois jeunes enfants égarés trouvèrent refuge chez un boucher qui les accueillit et les nourrit avec bienveillance. Profitant de leur sommeil, il les égorgea, les découpa en morceaux qu’il jeta dans un saloir. Sept années plus tard, saint Nicolas, passant dans la région, eut vent de cette terrible histoire. Se rendant chez le boucher, il réclama du petit salé ayant sept ans d’âge.

Comprenant l’allusion, le meurtrier tenta de s’enfuir. Saint Nicolas le fit arrêter et ressuscita les trois enfants. Depuis, il est devenu le saint Patron des enfants.

À l’intérieur de la collégiale, de magnifiques stalles (23 de chaque côté) accueillaient naguère les chanoines de l’ancien chapitre collégial. Les représentations sur le côté droit (je n’ai pu m’approcher pour les examiner), hormis le triptyque de la Vierge à l’Enfant, sainte Odile et saint Martin, font allusion à l’Ancien Testament. Quant au côté gauche, les représentations sont axées sur l’Église primitive, c’est-à-dire l’Église directement liée au Christ. Belle visite qui vaut le détour.

Il est temps de reprendre mon cheminement après ces deux heures consacrées à la spiritualité. Une pluie fine se met à tomber, accompagnée d’un vent frais. Je prends un bus qui me dépose aux environs des ruines du château de Hagueneck. J’y retrouve la direction des trois châteaux et le marquage du tracé. Je marche rapidement, car j’ai froid.

   Après de nombreux dénivelés, j’arrive au Couvent des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Marc de Gueberschwihr. Je suis logé dans la Maison d’Accueil Thérèse d’Ávila. L’endroit est situé au milieu d’une forêt.

C’est l’un des plus anciens monastères puisqu’il fut connu sous le nom de Sigismundzell à l’époque mérovingienne, avant l’an 740. Il prit son nom actuel en 1050 avec l’installation de moines. En 1845, ce furent les Sœurs de Saint-Joseph qui s’y installèrent. De nos jours, la communauté est réduite à quelques religieuses.

On me donne une petite chambre très simple avec douche à l’étage pour 17 € auquel s’ajoute le petit-déjeuner à 5 €. Comme je suis arrivé relativement tardivement, je n’ai pas pu bénéficier du repas du soir. J’ai donc mangé dans la chambre quelques subsides sortis de mon sac.

   Fatigué par cette longue journée, je m’endors assez rapidement.

    À demain… Alain, dit Bourguignon la Passion.

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