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Publié par Alain Lequien

   Ce 17 février, alors que je sors d'une grosse grippe (je me suis fait un peu remonter les bretelles par le médecin – il pense que j'ai fait un petit AVC !), et bien, j'ai décidé de traiter le mal par le mal. Cela va se traduire par une marche de 15 km parmi les vignes et les collines qui les surplombent. Quitte à crever, autant que cela soit avec de belles images au fond des yeux. Je plaisante bien sûr, je n'ai nullement envie de mourir...

   Bon, ceci dit, cette marche m'a redonné le moral face aux mauvaises nouvelles de la vie. Chacun a son sac de pierres à porter. Et c'est l'occasion de partager avec vous ces quelques images de notre belle région de Bourgogne.

   Je suis parti de l'église de Meursault où mon épouse et votre serviteur ont eu entendu chanter une messe en si de Mozart par une chorale dans laquelle deux de mes amis sont choristes. Salut à vous, Françoise et Paul.

   Je me suis dirigé vers l'oratoire de Saint-Christophe. De loin, une petite chapelle ! Peut-être ? Allez savoir. Ce qui est sûr, c'est que je passe d'abord devant un petit monument où une statuette est enfermée derrière une grille. Il fait partie du chemin des oratoires constitué depuis 2007. Encore une chose que j'ignorais !

   Passage devant le clos de Rougeot (rien à voir mes amis avec le prestigieux Clos de Vougeot). Puis, après une petite montée, j'accède à un étrange ensemble me faisant penser à une chapelle, à moins que cela soit un ermitage. Ses briques peintes de couleurs vives (brun et noir) sont parsemées de larmes blanches (ça me fait penser à quelque chose, cela !). Sans oublier ses étranges dalles sorties tout droit d'une luxueuse demeure. Étonnant ! Mon ami Georges (voir plus loin) va enquêter...

 

  De l'oratoire, on peut profiter d'une belle vue sur la cité vinicole de Meursault (pour ceux qui ne connaissent pas, Meursault est une ancienne cité clunisienne située après Beaune sur la route de Chagny). On y déguste (avec modération) un petit vin de pays comme aiment le dire les Bourguignons en plaisantant : « Le Meursault est un vin d'une belle teinte or-vert, limpide et brillant, très franc de goût avec ses arômes de grappe mûre et une saveur de noisette. »

   Si le village possède un peu de vin rouge (100.000 bouteilles quand même), c'est surtout  pour son blanc (1.800.000 bouteilles) qu'il rayonne sur une bonne trentaine de climats[1] bien situés sur la Côte. Ronds et fruités dans la partie basse, davantage de structure et de sensualité sur le haut du coteau.

   En route, je rencontre cette étrange brouette comme on en voit beaucoup au milieu des vignes. Enfin, c’est l’arrivée à la statue de saint Christophe qui se cache derrière sa grille.

   Portant le Christ, il tient à la main son bâton de marche. Après tout, n'est-il pas le saint patron des voyageurs ? Et ne porte-t-il pas ce nom (Kristos phorein) justement à la suite d'une légende où il est fait allusion à un géant dénommé « Réprouvé » qui aurait aidé l'Enfant Jésus à traverser une rivière ? Autrefois également, il passait aussi pour mettre à l'abri des maladies quiconque apercevait sa statue.

   Continuant mon chemin, je passe devant ces petits promontoires où les chasseurs tirent le gibier. Il faut faire attention en ce moment, la chasse se terminant fin février. Aussi, pour faire entendre ma présence (je suis sûr qu’ils râlent), je me mets à chanter, faux bien sûr. Mais, personne n'est là pour m’entendre, en essayant de faire des vers sur Compostelle ; à la manière de mes frères Compagnons. 

   Je dois marcher relativement vite, car j'arrive rapidement au hameau de Blagny où existait jadis un établissement cistercien classé. Du XIIe au XVIIIe siècle, la terre de Blagny a appartenu à l’abbaye de Maizière, une dépendance de Cîteaux (l’abbaye). De cette époque, subsiste une chapelle du XVe siècle, aujourd'hui close. Et pas âme qui vit bien qu'aujourd'hui, ce lieu soit un domaine viticole géré par la même famille depuis 1811. Je passe devant l'oratoire Saint-Charles, datant de 1740, sans statue... Un reste du passage des révolutionnaires ?

   J'arrive non loin de Saint-Aubin que l'on peut voir de loin. Par un sentier raide (bonjour la pente, je suis essoufflé), j'aperçois en contrebas le petit village de Gamay (oui, c’est bien celui qui donna son nom à un cépage prestigieux). Comme le circuit que j'effectue est une boucle, je retourne vers Saint-Christophe par la forêt, au milieu des buis (je peux voir mon ombre sur le sol). Ayant rejoint de nouveau l'oratoire de Saint-Christophe, je fais un détour par le chemin de grande randonnée (GR) pour visualiser  le village d’Auxey-Duresses (encore un vin de pays).

   Continuant sur des chemins pierreux, je descends vers Meursault. Je rencontre mon ami Georges[2] avec sa compagne. Ce fut l'occasion d'une grande discussion comme on les aime, et la prise d’une photo souvenir sur la place. En partant, je vois que sur l'hôtel du Chevreuil, une femme nous observe...

   Eh bien ! Voilà un bon moment de passer...

   À suivre… Alain, Bourguignon la Passion.

 

[1] En Bourgogne, le climat est une parcelle de vigne, soigneusement délimitée et nommée depuis des siècles, qui possède son histoire, bénéficie de conditions géologiques et climatiques particulières et du savoir-faire du viticulteur. Il y en a plus de mille se succédant sur le mince ruban courant de Dijon à Santenay, au sud de Beaune. Certains répondent à des noms illustres comme Chambertin, Romanée-Conti, Clos de Vougeot, Montrachet, Corton, Musigny...

[2] Georges va m’accueillir quelques mois plus tard, lors de mon passage en tant que pèlerin à Meursault.

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