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Publié par Alain Lequien

   Avant mon départ, je tiens à remercier mon ami Jérôme W. de m'avoir prêté, comme l'an dernier, son ordinateur portable ultraléger pour mettre à jour et diffuser mes chroniques quotidiennes. Ainsi qu'Éric C., journaliste au Bien Public qui, le jour de mon départ, écrivit un petit article décrivant avec talent le sens de ma démarche et mes motivations. Enfin, pour la bonne bouche, ma tendre et bien-aimée Pauline qui me

laisse m’éloigner sur les routes malgré ses appréhensions légitimes. Sans oublier Mamie Clémence qui désormais partage notre vie.

   Il est 9h00 lorsque je prends la route. Le temps est agréable : il ne pleut pas (un miracle en ces temps où la météo fait des siennes). La fraicheur permet de cheminer dans de bonnes conditions. Il n’y a pas grand-monde dans les rues.

Quelques personnes me regardent, surprises. Qui est donc cet hurluberlu portant un gros sac, un bâton avec ses couleurs, le rouge et le blanc (tiens, cela fait penser au vin), marchant lentement en suivant la ligne du tram ? C’est ainsi que je quitte Dijon par Chenôve pour rejoindre Marsannay-la-Côte.

   Hier, il y avait un super-trail à cet endroit. Je l’ai déjà fait, et l’aurais surement parcouru si je n’allais pas à Saint-Jacques. Il est l’heure de la messe, de nombreuses voitures entourant l’église. Je passe devant les caves de mon ami Jean-Louis H. avant d’entamer mon parcours au milieu des vignes. Le marquage pour le Chemin est bien indiqué. Merci à la Confraternité des Amis de Saint-Jacques de Bourgogne.

   Après la traversée de Couchey endormi, j’arrive à Fixin, passe devant le Clos Napoléon avant de faire ma pause victuailles à l’entrée du parc Noirot où trône le Réveil de Napoléon cher à mon ami Vincent B. Une petite discussion avec des amateurs d’escalade avant de reprendre la route. Montée, descente, le parcours est agréable.

Il y a un peu de monde désormais, car nous sommes dimanche. Je croise un groupe de vététistes tout de bleu vêtus. Comme certains semblent avoir des problèmes avec leur matériel, je les double sans difficulté. Ça discute fort, ils ne semblent pas d’accord.

   Passage devant l’ancien château monastique clunisien de Gevrey-Chambertin où se trouve, depuis 2012, la statue d’un moine assis, réalisée par une artiste bourguignonne, Laetitia de Bazelaire.

Elle symbolise le lien profond existant entre le château et ce grand mouvement monastique. Le château  ne se visite plus. Dommage ! Il me parait très beau.

   Après une montée raide, j’entame la traversée de la forêt de Gevrey-Chambertin reboisée en partie de pins noirs dont les graines proviennent de l’empire austro-hongrois, graines fournies au titre des dettes des guerres napoléoniennes.

Deux vététistes me doublent et s’arrêtent : c’est mon ami Christophe Sch. et son fils. Petit échange amical avant que chacun reprenne sa route. C’est maintenant la descente par un chemin pierreux et boueux : les restes des dernières pluies.

   Au loin, j’aperçois un viticulteur qui travaille dans les vignes en utilisant la charrue. Cela fait chaud au cœur de voir perdurer les vieilles traditions dans notre beau pays de Bourgogne. Arrivée au château de Clos-Vougeot (voir précédemment) après avoir croisé des fans d’escalade de Chambolle-Musigny. Vu ainsi, le château est magnifique. Jusqu’à Nuits-Saint-Georges, je retrouve le chemin dont j’ai parlé dans une rubrique précédente : Romanée-Conti, Grands-Echezeaux… bref, de vrais petits vins de pays (il faut un peu d’humour) que nous aimons partager entre amis.

   À Nuits-Saint-Georges, j’ai le bonheur d’être reçu amicalement par Sonie et Daniel C. qui m’ont offert gîte et couvert. Si Sonie est absente pour des raisons d’entrainement en montagne – son projet est de gravir le Mont-Blanc cet été - la soirée fut riche et instructive, autour d’un Volnay de leur production. Je sais, je sais ce que vous pensez… Ce n’est peut-être pas raisonnable, mais je suis au début de mon Chemin. Et puis, cela fait tellement plaisir à mon hôte de partager le vin, le sang du Christ. Moi aussi, j’ai un cadeau à faire en leur remettant l’un de mes ouvrages,  les Mystères de la Côte-d’Or. L’échange de cadeaux donnés avec le cœur fait plaisir : Daniel, en me recevant amicalement, et votre serviteur, en lui remettant quelque chose qu’il a écrit.     

   Vers 21h00, déclinant l’invitation de regarder la télévision – je veux déjà me détacher de cette surinformation qui prend une partie de notre liberté -, je regagne la chambre préparée par Sonie.  Très vite, Morphée me prend dans ses bras. Il est vrai que je suis fatigué. Il faut que mon organisme s’habitue progressivement à cet effort répétitif. Mon sac de quinze kilos est maintenant allégé des huit cents grammes de mon livre. Mes épaules me font un peu mal. Je réglerai différemment mon sac demain.

   À demain. Alain, Bourguignon la Passion.

 

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