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Publié par Alain Lequien

   Me voilà de retour sur mon cheminement après un arrêt de dix jours.

   Il est un peu plus de 11h30 lorsque le train arrive en gare de La Souterraine.  Je suis le dernier à me diriger vers la sortie. Je ne trouve pas de plan de la ville. Cela me manque, car je dois sortir par la Porte-Saint-Jean. Un agent de la ville m’indique la direction si bien que rapidement je me retrouve sur la voie de Vézelay. Il est vrai que La Souterraine n’est pas bien grande, et qu’il est difficile de s’y perdre.

   Je sors rapidement de la ville, passe dans un tunnel pour éviter la liaison à 2 fois 2 voies et me retrouve dans un hameau. Il fait beau, car il est un peu plus de midi. J’ai chaud et marche les premiers kilomètres d’un pas de sénateur, c'est-à-dire lentement.

   J’arrive au village de Sagnemoussouse. Dans un abri en bois, je rencontre Michel faisant une pause en ayant retiré ses chaussures. Originaire de Montbéliard, il est parti deux mois en ajoutant à ses congés payés un congé sabbatique d’un mois. Il veut aller le plus loin possible vers Compostelle. J’apprécie cette halte qui est la bienvenue.

   Notre conversation est amicale. Ayant aperçu mon bourdon et mes couleurs, il m’en demande la signification. Ce que je fais avec joie. Nous décidons de repartir jusqu’à Saint-Priest-la-Feuille, à trois kilomètres de là où il va s’arrêter ce soir. Ses habitants s’appellent étrangement les Baracats. Étonnant comme nom ?  Nous allons de concert sur une route goudronnée se révélant dangereuse. Il y passe de nombreux véhicules.

   Nous arrivons toutefois à échanger. Je m’aperçois vite que nous sommes loin de partager les mêmes valeurs. Son langage est plutôt rude contre les politiques, les templiers… Il mélange tout, persuadé d’un complot mondial. Michel se trouve être le genre de personne qui est persuadé que la vérité est inscrite sur Internet tout en disant aussi que l’on nous cache tout.  Pas très cohérent tout cela, mais bon, les rencontres c’est tout ou rien. Je préfère me taire, car rien de constructif ne semble possible.

  Arrivés à Saint-Priest, nous nous quittons considérant cette fin comme une libération. Non loin de là se trouve un dolmen visité par ma dulcinée Pauline et moi il y a quelques mois.

   Je continue mon parcours, passe dans différents hameaux. Après La Côte, en ayant grimpé d’ailleurs une longue montée, deux chiens viennent au-devant de moi en aboyant.  Leur maîtresse arrive pour les faire taire. Un monologue s’engage. Elle me dit qu'elle s'ennuie ici, que la terre n’est que de la roche, que les vieux sont gentils, mais qu'ils ne veulent pas évoluer… Bref, vous l’avez compris, un concert de reproches sur les gens du cru. J’écoute d’une oreille, car je ne sais que dire. À plusieurs reprises, j’indique que je dois y aller, qu’on m’attend à Saint-Bénévent… En vain, elle s’accroche, elle ne doit pas souvent parler à quelqu’un, et a trouvé en moi quelqu’un pour l’écouter.

   Au bout de quelques minutes, marchant à mes côtés, elle rebrousse chemin et retourne à son hameau. Ce n’est peut-être pas bien, mais il est parfois nécessaire de prendre de la distance. Je crois que c’est mon jour un peu négatif. Le reste du parcours par des petites routes ou des chemins de terre se passe sans rencontre. L’occasion de découvrir l’Étang de Masroy de toute beauté où s’ébattent des canards et des oiseaux.

   En route, je ne sais pas où, j’ai perdu ma gourde rouge fétiche que je possédais depuis plus de vingt ans. Un signe ? Bah ! on verra bien. Il va falloir en acquérir une nouvelle, car j’ai besoin d’eau. Pour l’instant, la bouteille d’eau fera l’affaire. Je m’aperçois aussi d’une spécificité de cette région, la présence au milieu des champs d’un bouquet d’arbres où les animaux se réfugient.

   Entre-temps, j’ai téléphoné au refuge Adosdanes à Bénévent-l'Abbaye. Ses propriétaires m’accueillent avec une grande gentillesse pour 14,50 euros la nuit. Ils ont effectué le Chemin en 2009. Ils louent des ânes pour des randonnées bâtées et tiennent boutique autour de l’âne et du pèlerinage. Je fais quelques courses en ville à la boutique du coin et à la boulangerie. Ce soir, c’est une soirée économique avec du saumon à l’oseille et des pâtes.

   Dans ce village, un monastère de l’ordre des Augustins fut fondé au XIe siècle. Je tente de passer à l’abbatiale toute proche pour la visiter, mais elle est close. Dommage, on verra demain matin. Sur la place, un étonnant banc creusé dans le bois, où apparaît un oiseau fétiche que l’on voit aussi à Dijon, la chouette.

   Je me couche de bonne heure, en entendant les cloches de l’abbatiale. Demain, ce sera une longue étape jusqu’aux Billanges.  

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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