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Publié par Alain Lequien

   Il est 9h00 lorsque je quitte le refuge après avoir pris le temps de rédiger ma chronique d’hier. En passant devant sa maison, j’eus droit de sa part et de sa mère à un bon voyage sonore.

   La route démarre bien tout en descente. Le soleil brille dans le ciel. Après la descente, c’est la remontée, c’est inévitable. En passant, deux jeunes cyclistes me lancent un bon courage. Arrivé sur une grande départementale, j’aperçois des vaches broutant dans un paysage vallonné. On se croirait en Savoie. Oui, c’est vrai, j’aime ce département que je fréquente de temps à autre.

   J’arrive au pont du Dognon. Voyant l’eau en contrebas, je me mets à penser que les pèlerins d’autrefois devaient utiliser les services d’un passeur pour traverser Le Taurion d’une rive à l’autre. La perte de nombreux petits métiers…

   C’est bientôt une montée raide à travers bois. Elle m’apparait très rafraichissante avant d’arriver à un petit hameau. Laissant passer un tracteur, le conducteur me fait en souriant un grand bonjour, puis m’indique le chemin. Celui-ci longe son exploitation puis s’enfonce dans les bois avant de retrouver des prés. Je suis étonné des nombreuses fleurs digitales que l'on ne trouve plus dans nos régions.

   Routes goudronnées, chemins herbeux, chemins forestiers se succèdent. Après le passage devant un château en travaux (pas terrible d’ailleurs), je prends un nouveau chemin boueux me ramenant en forêt. Alors que je marche en pleine réflexion, je tombe sur deux couples de randonneurs attroupés autour d’un étrange tronc de bois d’arbre décoré par on ne sait qui. On peut y voir de nombreuses choses que nous portons dans nos sacs de randonnée – gourde, cuiller… - ainsi qu'un drapeau français, des pin’s… Certainement l’œuvre d’un ancien jacquet.  

   Les randonneurs, dont deux ont effectué le Chemin, me proposent d’immortaliser ce moment sur une photo, tant pour eux que pour moi. J’en profite pour mettre le tampon rouge présent sur ma crédentiale. Je mets un mot de passage sur le livre du pèlerin. C’est l’occasion d’un échange sur notre parcours. Ils effectuent une randonnée dans la région. Je les reverrais après Lourdes (pas la cité mariale), et ce soir à Saint-Léonard-de-Noblat. Je pars vers Le Châtenet-en Dognon, puis bifurquant, je suis le fléchage qui nous mène par des routes peu fréquentées.

   N’ayant plus d’eau dans ma gourde, je décide d’en demander au hameau de Lourdes. Très aimablement, une dame me la remplit d’eau fraiche, et m’offre même un verre. Boire de l’eau de Lourdes devrait me permettre de guérir de mes passions-poisons (sourire).

   M’arrêtant un peu plus loin pour déjeuner – morceau de pain, banane – voilà de nouveau mes randonneurs.  Il commence à pleuvoir, donc je dois remettre mon k-way. Nous parcourons un kilomètre de concert. La pluie redoublant, ils s’arrêtent pour s’abriter sous un arbre et en profitent pour déjeuner à leur tour. Je continue donc seul, mais cela ne me gêne guère.

   Le chemin longe la forêt, puis un bois, avant de passer près de plusieurs moulins avec un marquage particulièrement expressif. Retour à la route goudronnée avec une longue montée me menant au hameau de Lussac où je découvre le foyer Jean XXIII situé au château. Alors que je prenais une photo, je suis littéralement chassé par une personne. Bizarre…

   Lorsque j’ai rencontré les randonneurs à Saint-Léonard, ils m’ont indiqué qu’ils avaient été bien accueillis. Ma tête ne devait certainement pas lui revenir. Cela m’a peut-être désarçonné puisque je n’ai plus retrouvé le marquage du chemin entrainant un détour de deux kilomètres pour rejoindre une route à grande circulation.

   La montée vers Saint-Léonard fut pénible. Arrivé en ville, je me suis dirigé vers la collégiale pour y jeter un œil rapide avec mon œil de pèlerin. En effet, avec ma Pauline, nous l’avions déjà fait il y a longtemps. Mon intention initiale était d’aller à Aureil, situé non loin de Limoges. C’est alors que je rencontre Évelyne, qui tient le refuge de la Halle aux Grains. Elle me fait signe pensant que j’étais un des pèlerins qu’elle attendait. Devant la négative, elle m’invita toutefois à boire une bière.

   Ayant à effectuer un aller et retour rapide à Dijon et à Bourg-en-Bresse pour une journée, je ne savais pas comment résoudre la garde de mon sac pour éviter de l’emmener avec moi. Elle me proposa de le garder jusqu’à mon retour, à charge pour moi de revenir le prendre. Une aubaine pour moi. Je prends donc pension (10 euros + 3 euros de petit déjeuner) pour la nuit avec un retour deux jours plus tard afin de reprendre le Chemin pour mon étape suivante.

   Comme je suis sur place, je revisite la collégiale en prenant mon temps. On peut y voir une étonnante pierre tombale en serpentine datant du XIe ou XIIe siècle. Elle passe pour abriter l’ancien tombeau de saint Léonard. Au-dessus est accroché le fameux verrou composé de chaines, collier, cadenas et entraves qui témoignent de la rigueur des châtiments corporels d’autrefois. Ils représentent les chaines offertes par les prisonniers libérés à Saint-Léonard. La tradition populaire en aurait fait un symbole de la délivrance ainsi que le pouvoir de rendre fécondes les femmes stériles. Sans oublier d’exaucer les jeunes filles espérant se marier dans l’année.

   Au gite, je rencontre deux marcheurs sympathiques arrivés entretemps, Ghislaine et Michel. Nous décidons de diner ensemble au restaurant. Nous échangeons sur le Chemin bien sûr, mais aussi d’autres choses concernant la vie. Ancienne archéologue, travaillant désormais à Pôle Emploi (?), Ghislaine par son expérience de marcheuse fut de bons conseils. Michel, joaillier à la retraire, partage avec nous une vision simple de la vie. Ce fut une belle soirée en dégustant, le mot n’est pas trop fort, le repas peu onéreux (13,50 euros) concocté par le Restaureau, notamment le steak tartare arrosé de vin du Ventoux. Au retour, malgré le cri des nombreuses corneilles, et le son lourd de la cloche de la collégiale sonnant tous les quarts d’heure (je plains les voisins), la nuit fut propice au repos.  

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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Alain, comme promis j'ai recherché la publication que tu m'as demandé. Elle n'est plus éditée alors j'en ai fait une photocopie. Tu peux me donner ton adresse à Dijon par l'intermédiaire de mon
site internet et je la posterai.


Bonne route et reviens vite sur le chemin"semé d'étoiles" !!! comme le bouquin de H. Vincenot. Yves.
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