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Publié par Alain Lequien

   C’est maintenant le départ officiel. Comme tout le monde est encore fatigué, et qu’il pleut, je ne réveille pas Yohan pour aller à l’éventuelle bénédiction des pèlerins. Éventuelle, car ici, il y a peu de monde, pas comme au Puy-en-Velay.

   Nous faisons donc la grasse matinée, car une longue marche escarpée de 26 km nous attend. Et puis, il faut que je règle mon problème de téléphone qui m’a lâché en appelant mon épouse. J’ai beau être sur le Chemin, je peux difficilement être complètement absent de mes liens familiaux.

   À 11h00 et nous prenons la route pour Saint-Père-sous-Vézelay à travers un chemin boueux. Le fléchage bleu et jaune nous y aide. Il continue de pleuvoir. Ce jour-là, pendant tout le trajet, ce ne fut qu’alternance de l’eau, du vent, de la froideur avec de temps en temps, un petit rayon de soleil. Quelle galère !

   Notre première rencontre fut celle de vignerons en train de soigner leurs vignes. Les vins des  coteaux de Vézelay sont réputés de bonne facture. Un petit bonjour en passant. Devant nous, nous apercevons quelqu’un en train de marcher.

Progressivement, nous la rattrapons à l’entrée de Saint-Père. Petite discussion : c’est une pro ayant déjà été à Saint-Jacques. Elle entame pendant 25 jours un périple vers Saint-Jean-Pied-de-Port. Elle me dit cette phrase étonnante, que je fais mienne : « Mes pieds me démangent ». 

 

  En passant devant l’église Notre-Dame, nous pouvons admirer ce joyau de l’art gothique bourguignon datant du XIIIe et XVe siècle. Le trajet étant long. Comme nous sommes partis tard, nous n’avons pas le temps de visiter les Fontaines-Salées, un site archéologique important avec un temple gallo-romain dédié à la déesse de l’eau. Il nous faut reprendre le parcours à travers la nature.

   Après avoir longé la Cure, son centre d’entrainement de canoë  et le camping, nous prenons un chemin boueux pendant quatre kilomètres. Après une longue montée, nous passons par Précy-le-Moult avant de rejoindre, par le macadam, Pierre-Perthuis.

   Nous traversons un pont étonnant surplombant la Cure, et empruntons la route des Deux-Ponts. Nous profitons du lieu pour nous restaurer. Par une longue montée, nous prenons un chemin passant en forêt où nous doublons une famille de randonneurs. Quelques centaines de mètres plus loin, nous découvrons avec surprise le cadavre d’un renard mort sur une branche d’arbre située à deux mètres de hauteur. Objet de grande discussion. Est-il mort à cet endroit ? Fut-il déposé par un promeneur ? Mystère ?

Nous arrivons à Domecy-sur-Cure, puis Bourg-Bassot. Le chemin nous permet de voir en surplomb le château du maréchal Vauban à Bazoches.

Naturellement, ayant écrit une biographie[1] sur ce grand homme, je ne pouvais que faire voir son château à mon petit-fils, et faire une photo souvenir.   

   Quittant le château après avoir salué quelques visiteurs attendant le guide, nous nous rendons à l’église où il est enterré dans le caveau familial. De style gothique, l’église consacrée à saint Hilaire date du XIIe siècle, remaniée au XVIe siècle. Elle comprend trois chapelles, dont celle de Saint-Sébastien où se trouve le caveau familial.

   Celui-ci peut apparaitre décevant, car il n’y a qu’une modeste plaque qui tranche d’ailleurs avec le décor très dense de la chapelle réalisé au pochoir. Si sa dépouille demeure en ce lieu avec celle de Jeanne d’Osnay son épouse, il en est tout autre de son cœur. Il rejoignit, à la demande de Napoléon 1er, celui de Turenne au musée des Invalides.

   En sortant, nous retrouvons notre marcheuse qui s’arrête ce soir ici.

 

  Nous reprenons notre parcours par des chemins boueux, rejoignons Neuffontaines.

   Le temps nous parait long. Il vente, il pleut et surtout, nous avons froid. Nous avons hâte d’arriver, mais rien ne nous indique que c’est le cas. En passant, nous découvrons sur une colline, de loin, la chapelle romane Saint-Pierre du Mont Sabot. Cette ancienne église du prieuré est inscrite aux monuments historiques.

   C’est le passage à Vignes-le-Haut, puis Vignes-le-Bas et avant de rejoindre une nouvelle montée sur un chemin boueux (encore) et glissant. Un tracteur est en train de couper les arbustes de la bordure, ce qui rend notre passage encore plus difficile. Son conducteur nous fait un signe amical avec un grand sourire. Nous arrivons enfin au terme de notre étape.

   Nous sommes accueillis vers 18h00 avec amabilité par Jenny et John. Après nous être allégés de nos sacs, nos hôtes nous invitent à partager une bière et un jus d’orange devant un feu réparateur. John parlant peu le français, notre conversation se déroule en anglais au grand dam de Yohan.

   Après une bonne douche réparatrice bien chaude, nous passons à table : un repas copieux avec des hôtes charmants.

   Ensuite, comme il ne faisait que quelques degrés dans le local réservé aux pèlerins, nos hôtes nous invitent à dormir dans la maison. Grande découverte pour Yohan : les lits sont chauffés par une bouillotte.

   On ne chôme pas. Très rapidement, nous nous endormons sans demander notre reste.

   À demain... Yohan et Alain.

 

[1] Alain Lequien, Vauban le Bourguignon, éditions de Bourgogne. Aujourd’hui, disponible chez l’auteur.

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