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Publié par Alain Lequien

  

Tard dans la soirée, un autre pèlerin est arrivé dans la chambrée. J’apprendrai à Mussidan qu’il s’agit d’un chroniqueur rédigeant des articles pour différents organes de presse. Il passe ainsi de refuge en refuge.

   Autour du café matinal, je fais connaissance d’un Montpelliérain venu pour le mariage qui doit se dérouler dans le château dans l’après-midi. Un beau lieu pour cela. Il se trouve que nous avons appartenu à la même compagnie américaine, IBM. Notre conversation a vite dévié sur la Compagnie, l’emploi des nouvelles technologies, et cette nouvelle communication économique qui s’installe, plus virtuelle que réelle.

   Après ces échanges matinaux, comme quoi les sujets sont très variés, je dois rejoindre le GR (chemin de grande randonnée) pour poursuivre mon parcours.

   C’est une succession de chemins, de petites routes peu fréquentées qui me mener jusqu’à Planèze. Ayant croisé des chercheurs de champignons, l’un m’a parlé d’une chasse, l'autre d’une pêche. Comme quoi c’est drôle d’employer des mots différents pour aller simplement cueillir des champignons. En traversant une ferme, deux chiens hargneux se précipitent sur moi et viennent mordre mon bourdon.

Une femme sort en le leur criant après. Elle m’explique que l’un d’entre eux a reçu un coup de bâton, et que depuis, « ils font toujours ça ».         

   À Planèze, je suis interpellé par un homme qui me lance un « Salut Compostelle ». À l’évidence, il a envie de parler bien que son épouse sorte un moment juste pour voir avec qui il parle. Je m’arrête bien sûr, même si je suis en train de monter une côte assez raide. Il me raconte que l’ancien chemin situé en contrebas a été supprimé, car des paysans ont labouré le passage.

Il me raconte des histoires sur ceux qui passent devant sa maison maintenant. J’ai beaucoup de difficultés à partir tant il ne me laisse pas la parole. On n’est dans le début des pays du sud.

   Les chemins se succèdent aux chemins. Le seigneur soleil tape de plus en plus fort. Je décide de m’arrêter en pleine forêt, à une intersection où se trouve un refuge de chasse entre Mauriac et Douzillac. Je rencontre à l’entrée de Saint-Louis-en-l’Isle une cavalière partie promener son cheval.

La traversée de ce village est rapide, la clé de l’église devait se trouver normalement au restaurant, mais celui-ci est fermé...
   Je n’ai pas perdu au change lorsque j’arrive à Sourzac, un village situé de l’autre côté de l’Isle. Le bel ensemble église-tourelle-presbytère surplombant la rivière est exceptionnel. Il s’agit en fait d’une abbaye fortifiée construite au XIe siècle, dont l’église a subi des modifications au fil du temps pour en faire un style mélangeant le roman et le gothique. Sur les murs, on peut encore découvrir des traces de nombreuses fresques peintes. On peut aussi y admirer une exposition de chasubles de grande beauté qui donne toute la dimension de la richesse des lieux

Étape 23 : Château de Puyferrat (Saint-Astier – 24) à Mussidan (24) - 25 km - (628 km)Étape 23 : Château de Puyferrat (Saint-Astier – 24) à Mussidan (24) - 25 km - (628 km)

   C’est maintenant la montée raide par un petit chemin pour me diriger vers Mussidan que j’atteins une heure plus tard. Il est 14h00. Il va falloir attendre 15h30 pour récupérer la clé. Une petite bière au café en attendant (la vendeuse m’a prise pour un touriste, et m’a vendu la plus chère).

   Muni de ma clé, je m’installe seul dans des locaux bien tenus au tarif canon de dix euros, petit déjeuner en libre-service compris. Que dire de Mussidan ? Ce n’est pas grand, les gens sont très accueillants, les prix bien maitrisés (sauf qui vous savez...).

    À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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