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Publié par Alain Lequien

   Nous n’avons pas décidé du lieu où nous passerons la nuit, bien que cela ne soit pas un problème pour Djam. Comme le petit-déjeuner est servi relativement tard, nous traînons un peu. Nous nous retrouvons tous au réfectoire en présence de l’inévitable équipe de télévision. Il est vrai que dans ce métier, il est indispensable de tourner plusieurs heures pour n’en conserver que quelques minutes. C’est ainsi. On prévient Djam qu’il sera filmé à la sortie de la cité pour symboliser le départ des pèlerins reprenant la route après cette étape. Cela semble naturel.

   Comme je suis son compagnon de voyage, je ferais partie du décor. J’ai d’abord refusé, mais plusieurs amis m’engagent à jouer le jeu comme je l’ai fait la veille pour convaincre Djam à répondre à l’interview. Réponse du berger à la bergère en quelque sorte !

   Dans la réalité, j’ai été un peu dupé. En fait, le réalisateur voulait m'interviewer sur le fait de cheminer ensemble. Nos compagnons de voyage ont repris le Chemin.  

Nous allons répéter à plusieurs reprises les scènes[1] : sortie de l’abbaye, descente des escaliers, passage sur le pont romain sous les yeux étonnés de touristes et pèlerins non prévenus du tournage. Nous avons même entendu quelqu’un dire : « Je connais cet acteur, c’est qui ? ».

   Enfin libérés, nous escaladons la rude montée de la sortie de Conques. La vue du village prend toute son ampleur. L’inévitable petite chapelle Sainte-Foy fait face sur un autre versant.

La tradition veut que celui qui s’en va (ou qui arrive) tire sur la corde faisant tinter la cloche afin de prévenir les moines. Hélas, elle est bloquée, aucun son ne sortira.

   Nous arrivons enfin sur un plateau où l’herbe a remplacé les arbres. Deux chemins s’offrant à nous, nous décidons de prendre celui qui passe par Noailhac. Devant nous, le groupe de trois Allemands avec lesquels nous avons conversé. Tous les autres pèlerins prennent l’autre chemin.

   C’est succession de routes sur lesquelles ont lieu des travaux importants. Ce sera, selon les informations affichées, le futur tracé officiel du chemin de Compostelle. Il faut se rappeler que dans les temps anciens, les pèlerins se déplaçaient d’un lieu à l’autre (couvent, monastère, église, hôpitaux…) en suivant le chemin le plus court.

Les chemins de grande randonnée (GR) ont plutôt une vocation touristique. Suivre le GR 65, c’est donc un mélange des deux. Ces aménagements consistent, comme en Espagne, à réaliser des sentiers le long des routes pour assurer la protection du marcheur.

   Nous prenons un café au village. Après une montée raide sous un soleil devenu lourd, nous arrivons à une petite chapelle isolée. Dans un geste de générosité, Djam laisse ses chaussures de marche sur les marches de l’autel. Générosité, car je sais que financièrement, cela doit lui coûter n’étant pas très argenté. Il me dit se sentir allégé tant physiquement (il n’a plus à les porter) que moralement (le geste du don). Sans commentaire.

   Arrivée une aire de pique-nique réalisée à ses frais en mars 2012 par un habitant du village de Fonteilles, Jean-Claude, au profit des pèlerins et des marcheurs. Merci de cette belle initiative qui est un véritable lieu de repos où nous avons mangé. Nous y rencontrons un vieux couple (plus de soixante-dix ans) qui nous ont surpris par la vivacité avec laquelle ils marchaient. Un bel exemple pour les pantouflards.          

   Nous descendons vers Decazeville. Honnêtement, ce n’est pas vraiment attirant. Cela nous pousse à rechercher un environnement plus sympathique. Nous y faisons quelques courses, notamment de la charcuterie aveyronnaise que Djam veut absolument déguster avant de quitter le département. Bientôt, ce sera le Lot.   

Nous continuons notre route sous un soleil devenu maintenant assez torride surtout quand il faut monter des côtes raides. Quelques kilomètres plus loin, après nous être trompés, nous découvrons le village de Livinhac-le-Haut sur les bords du Lot.

   Beau village plein de charme. Mon intention était de me rendre au gîte municipal, Djam bivouaquant dans le coin. En passant le pont, nous remarquons un camping sur le bord du fleuve indiquant recevoir les pèlerins. Banco ! Nous y allons. Étant sans tente, la réceptionniste me propose de dormir sous une grande tente militaire de huit lits. Nouvelle expérience rejoignant celle vécue en Espagne l’an dernier.

 

[1] L’émission passa l’automne suivant sur Arte, dans le cycle 360 degrés.

 

Étape 26 : Conques-en-Rouergue (12) à Livinhac-le-Haut (12) – 35 km (673 km)Étape 26 : Conques-en-Rouergue (12) à Livinhac-le-Haut (12) – 35 km (673 km)

  

Dans le camping, nous retrouvons nos trois Allemands et … Antoine et Marta qui ont loué un bungalow. Nous ne nous étions pas donné le mot, et voilà que le hasard (existe-t-il ?) fait que nous nous retrouvons au même endroit. Ils avaient repéré notre arrivée au bruit de nos bâtons. 

   Comme nous ne sommes pas en demi-pension, juste en hébergement, ce couple généreux, nous inviter à partager le repas du soir. Autant dire que nous avons passé une très bonne soirée, et que cette agape permit de mieux nous connaitre.

   Ah ! J’allais oublier. Dans le camping, nous cohabitions avec une chèvre et un âne, sans oublier les poules et les lapins. Un très bon moment reposant.

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.   

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