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Publié par Alain Lequien

 

  Je pars à 7h30 après un bon petit-déjeuner. C’est important le matin. Le ciel est très couvert, mais il ne pleut pas. Pas encore, car après vingt minutes de marche, la pluie se met à tomber. Et cela va durer jusqu’à mon arrivée à La Réole, soit durant un peu plus de quatre heures.

   C’est une étape rapide comme si je suivais cette expression populaire : « Le cheval sentant l’écurie, accélère ».

   Le parcours fut un peu fastidieux sous la pluie. C’est une succession de petites routes, les villages s'enchainant au rythme de mon pas rapide. De nombreux viticulteurs travaillent dans les vignes pour couper l’herbe entre les rangées de ceps ou répandre des produits. 

  Près de Coutures, je passe devant un élevage de chevaux qui ont une particularité étonnante : les animaux regardent tous dans le même sens, me présentant leurs derrières, alors que je ne vois rien au loin. Ils en veulent aux pèlerins ?

   Je me dirige ensuite vers la commanderie de Roquebrune dont l’église Saint-Jean Baptiste est close. Fondée au XIIe siècle par les Templiers, elle fut reprise par les Chevaliers de Malte. Il n’en reste que le logis. J’échange avec une brave dame de la mairie en lui demandant qui possède la clé. Eh bien, non, ce n’est pas possible. Je lui demande quand l'église est ouverte, elle me répond : « C’est le lundi et le jeudi ». Comment peut faire un pèlerin de passage ? Sa réponse est évidente avec une grande candeur : « Eh bien, revenez quand c’est ouvert… » Donc acte ! À cette réponse idiote, je ne peux m’empêcher de sourire intérieurement.

   À la sortie de la petite cité, une vieille grue à tonneau transformée en pot de fleurs géant.

   À Saint-Hilaire-la-Noaille, une dame me déconseille de passer par le tracé : c’est boueux, le ruisseau déborde. Je suis donc la route. Après une cote ardue, je descends vers La Réole. Avec difficulté, je trouve la gare qui va me permettre de me rendre à Bordeaux pour aller voir nos chers patriarches, René et Clémence. Passant à une heure de train, il n’aurait pas été normal de ne pas aller leur faire la bise.    

   Dans le train, ma présence pose question à une jeune fille très forte. Elle m’annonce de tout go qu’elle aimerait faire le chemin, mais qu’elle a un chat. Habillée d’un rouge flamboyant, cette brave jeune fille fait certainement plus de cent kilos. Je la vois difficilement parcourir une telle distance. Cela me parait difficile de lui dire que sa morphologie est un gros handicap. Aussi, j’argumente sur la répétitivité du parcours, les chemins boueux… Un homme qui écoutait notre conversation en souriant intervient. Il nous raconte les trente kilomètres à pied effectués en pleine nuit après une soirée bien arrosée.

   Arrivé à la gare Saint-Jean, j’ai quelques difficultés à trouver le bus pour rejoindre Eysines. Il me faudra une heure et quart pour arriver et embrasser nos patriarches, René, 96 ans, et Clémence, 89 ans. Je les trouve en bonne forme. Ils sont heureux de me voir. Un vrai moment de repos familial où Clémence s’évertue à bien me nourrir. « Tu as maigri, me dit-elle, il faut manger. » Et moi qui me trouve un peu fort ! Connaissant mes petits défauts, elle a même acheté un gâteau au chocolat pour ma venue.

   Le soir, je vais regarder un match de football avant d’aller dormir sur le canapé. On est bien en famille, non ?

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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