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Publié par Alain Lequien

   Je voulais éviter Cahors et prendre la variante conseillée par de nombreux ouvrages pour aller directement à Lascabanes. Mais, le destin en a voulu différemment puisque je n’ai pas trouvé le passage pour m’y rendre. Il existe en effet sur le Chemin la possibilité de modifier son itinéraire sans remettre en cause l’essentiel : marcher, communiquer, réfléchir…La prise du petit-déjeuner au couvent se déroula normalement.

  

Alors que tout le monde avait quitté la pièce, je fus entrepris par l’hospitalier rédacteur de livres qui souhaite trouver un éditeur. Difficile de le conseiller d’autant que je n’ai pas lu sa prose. Celle-ci est très diversifiée : religieux, souvenirs de montagne, souvenirs de Tunisie... Naturellement, très prudent, je lui donne quelques pistes en l’encourageant à envoyer quelques pages à des éditeurs en lien avec ce type d’écrits. Il ne faut pas s’arrêter au premier refus et faire attention à ces pseudo-éditeurs qui ne sont que des imprimeurs déguisés. Cela dura presque une demi-heure. Il me remit quelques extraits de ses écrits. Je les ai lus plus tard. Sans commentaire !

   Je quittais ce havre de paix et restais seul jusqu’au chemin de grande randonnée. Signe du destin… Allez savoir.    

Le parcours est agréable, alternant chemins forestiers et petites routes. Le ciel bleu et un petit souffle d’air viennent atténuer la chaleur matinale.

   On rencontre parfois des étrangetés naturelles sur le Chemin, comme cette pierre sculptée par l’érosion du temps dont je ne connais pas l’utilité.

   Dans les Causses, il y a de nombreuses maisons abandonnées, pierres travaillées par l’homme. Elles sont délaissées, envahies par la nature qui reprend le dessus.

Mon esprit folâtre : n’est-ce pas beau de voir l’ombre du pèlerin se projeter en avant comme pour lui dire « Pèlerin, marche vers ton destin » ?

   La nature est étonnante, tantôt verdoyante, tantôt usée par la dureté de soleil et le manque d’eau.  

   N’ayant trouvé aucune trace de l’éventuelle variante passant par l’Hospitalet et Lascabanes, je décide de revenir sur le balisage allant vers Cahors. Ah, si j’avais emmené mon Miam-Miam Dodo, je n’aurais pas eu ce problème. Ne faites pas l’erreur de trop vous fier aux balises. Je suis parfois trop confiant.

   Il est près de midi lorsque je m’arrête à Flaujac-Poujols, au Repose Pieds, une halte pèlerine avec buvette et possibilité de dormir sur le terrain de football l’été avec ouverture des douches. J’y suis accueilli chaleureusement par Alain et Driss qui m’invitent à partager leur repas. Une vraie bienveillance. Ce fut l’occasion de discuter longuement avec Alain des CAT (centres d’aide par le travail), de la prise en charge des personnes en difficultés ou handicapées. Un échange riche qui m’ouvrit les yeux sur les difficultés rencontrées par les parents d’enfants handicapés, et la force de l’amour qu’il faut pour surmonter les moments difficiles. Une leçon de vie.

   Plusieurs pèlerins connus à Conques s’arrêtent pour se désaltérer. Ce fut l’occasion d’apprendre qu’ils avaient rencontré Djam, et qu’il était en difficulté (manque d’eau). Je décide de l’attendre. Vers 16h00, il débarque contre toute attente dans la direction inverse où on l’attendait. Il s’est trompé de chemin et… a perdu son beau bâton de marche en bois.

   Alain, mon hôte, se proposa de faire le chemin en voiture et miracle (?), on retrouva le bâton à quelques centaines de mètres de la halte pèlerine. Djam avait tourné en rond.

Nous avons fêté dignement cela. Merci, Alain et Driss, pour ces quelques heures passées ensemble et votre attachement à aider ceux qui sont en difficulté sur le chemin.

   Nous reprenons la route de concert vers 17h00 pour descendre vers Cahors, petite ville préfecture du Lot, par des chemins herbeux et pierreux. Après un mouvement d’humeur (sic) de mon compagnon de voyage, nous nous séparons de nouveau. Je décide d’aller dormir au foyer de jeunes travailleurs alors que Djam pense aller bivouaquer. Il est parfois dur de se comprendre entre les générations.

   Voilà un mois que je marche. J’ai parcouru près de 800 kilomètres. Un vrai plaisir pour la tête, et physiquement, cela bouscule la machine humaine. 

   À 21h00, je suis couché.

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

 

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