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Publié par Alain Lequien

   Le réveil du téléphone a sonné à 6h00 car je voulais travailler un peu sur mon ordinateur. Je n’ai en fait émergé que deux heures plus tard. Douze heures de sommeil, j’ai les yeux un peu brouillés et la sensation de lourdeur. Je traîne encore, finit par prendre une douche pour me bousculer un peu pendant que le café coule.

   Ce matin, c’est pain Harrys et confiture laissée par Évelyne.

Après avoir versé mon obole dans la boite (12 euros pour le couchage et l’épicerie prise, ce n'est pas cher du tout), je quitte mon logis vers 9h30. Je sais, il est tard, mais bon ! Comme le temps est maussade et qu’hier j’ai marché plus longtemps que prévu, je vais me contenter d’aller à Orthez distant de dix-huit kilomètres. E puis, c’est une cité historique. Je porte pour le deuxième jour mes sandales, et j’apprécie le plaisir de marcher dans l’herbe mouillée.

   À la sortie de Beyries, une pancarte de la voie de Vézelay me souhaite bon voyage. Un peu plus loin, sur le rebord d’une maison, c’est un paon qui me fait son bonjour matinal. Il est vrai que cette maison est remplie de nombreux volatiles.

   Après une petite rivière, je quitte les Landes pour rentrer en Pyrénées-Atlantiques (64), dernier département français avant l’Espagne. En arrivant  à Sault-de-Navailles, je découvre un très beau décor dans l’église. Si ce village est beau et bien entretenu, sa remontée est fastidieuse. À la sortie, perte du fléchage qui m’entraine à suivre la route départementale vers Orthez en croisant les voitures. Pas sympa !

   À Sallespisse, je remonte la vieille rue, passe devant l’église où je me repose un peu. Une femme m’indique que je trouverais la voie de Vézelay près du nouveau cimetière. C’est vrai. J’y trouve une plantation d’arbres fruitiers de variétés anciennes réalisée par une association jacquaire. Les fruits sont mis à la disposition des pèlerins. Ce ne sera pas pour moi, car il n'y a aucun fruit à l’horizon. Le temps se gâte, il pleut désormais m’obligeant à remettre mon blouson et à m’abriter.   

Il faut repartir. Un peu plus loin, la pluie est si forte que je dois mettre le poncho pour protéger le sac. Le parcours depuis le début de l’étape est très vallonné, j’ai l’impression de me trouver en montagne. Il est vrai que le département s'appelle Pyrénées.

   En cours de route, j’évite la variante censée m’amener vers un site de protection de cistudes, une race de tortues d’Europe en voie de disparition. Le passage avec les sandales dans les chemins boueux et caillouteux se révèle difficile. Je suis obligé à regret de remettre mes chaussures. Je vais les retirer deux kilomètres plus loin. Les sandales me font quelques brûlures sous les pieds. Tiens, je découvre que ce n’est pas l’idéal non plus pour marcher. Après une longue descende sur une petite route goudronnée, j’arrive à Orthez, passant devant la tour Moncade, la résidence préférée de Gaston III dit Fébus (ou Phébus – Soleil), le célèbre comte de Foix (1331-1391).  

   Rechercher l’hôtel de la Lune fait penser à un hôtel moderne. Point n’est. L’accueil jacquaire se trouve dans une tour carrée datant du XIIe siècle qui fut remaniée au XVe siècle en retrait de la rue piétonne. La légende veut qu’elle ait abrité le célèbre chroniqueur Jean Froissart venu rencontrer Gaston Fébus en 1388.

   J’y découvre un pèlerin belge flamand, Christophe qui m’offrit une platée de spaghettis qu’il avait préparée. Heureuse attention, car j’avais faim. Après une douche réconfortante, un peu de repos, nous engageons la conversation. Cela fait huit fois qu’il parcourt le Camino par périodes de quinze jours. Il est donc expérimenté. Il s’est octroyé une journée de repos dans cette cité. Professeur de musique, organiste à Gand, il me parle des émotions suscitées par la musique.

   Orthez, capitale du Béarn au XIIe siècle, vaut le détour. L’église Saint-Pierre fut bâtie un siècle plus tard, certainement sur le site d’un édifice précédent, en témoignage de la grandeur passée de la cité. Elle fut agrandie au XIXe siècle. On peut y voir une statue contemporaine en bois représente saint Jacques pèlerin. Rejoignant Christophe, nous buvons une bière au Petit Pitchoun.  

   Dans la soirée, Jacques le bien nommé, notre hospitalier de plus de soixante-dix ans vient encaisser les sept euros de la nuit et mettre à jour notre crédentiale. Je découvre qu’il fut comme moi marathonien, notamment à New York. Autant j’avais apprécié, autant il n’a pas aimé. D’ailleurs, en comparant nos temps, nous étions du même niveau soit 3h12 pour les 42,195 kilomètres. Nous parlons aussi de semelles, de crèmes pour endurcir les pieds… Il m’appela d’ailleurs un peu plus tard pour me donner la référence d’une crème. Bref, un bon moment.

   Ce fut une soirée restaurant, en fait la dégustation d’une immense salade concoctée par Florian et son équipe à la Pizza Lazio, suivie d’une glace. Florian, n’étant pas un pousse-consommation, nous conseilla de manger d’abord la salade avant de commander une éventuelle pizza. C’était justifié tant sa salade était imposante. Donc pas de pizza. Il nous tient un discours que l’on ne peut qu’apprécier : « Tant de gens manquent, ce n’est pas la peine de gaspiller ». Merci Florian.

   Le temps s’étant rafraichi, le pull est de rigueur. Comme je n’ai pas envie de dormir – les douze heures de la veille –, j’en ai profité pour mettre à jour mon blog. Je n’en ai fait qu’une. Quel fainéant !

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.  

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