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Publié par Alain Lequien

   La plupart d’entre nous se sont levés à 7h00. C’est de nouveau la convivialité qui prime dans ces agapes du matin. J’ai complètement récupéré de mes ennuis de la veille. Le lieu peut-être, ou l’ambiance ? Sœur Bernadette nous remet une petite médaille de la congrégation à laquelle elle appartient. « C’est, dit-elle, pour nous protéger dans notre cheminement. » Missionnaire, elle se déplace dans de nombreux pays pour porter secours aux populations déshéritées.

D’esprit ouvert, cela fait plaisir de parler avec elle qui possède une grande qualité d’écoute sans jugement. Nous prenons les traditionnelles photos de souvenir de ce moment privilégié.

  C’est en compagnie de Christophe que nous quittons Donapaleu (Saint-Palais en basque) pour prendre la direction d’Ostabat-Asme, lieu où se regroupent les trois voies venant de Vézelay, Le Puy-en-Velay et Tours. Le fléchage annonce que Santiago est à 849 km. Cette distance est naturellement théorique, il y a tant de variantes. Mais il nous indique que nous sommes encore loin du but.      

D’ailleurs en soi, ce but n’est pas important. Ce qui compte, c’est le chemin pour y parvenir.

   Nous rejoignons la fameuse stèle de Gibraltar érigée en 1964 à la limite de trois communes, au pied du mont Saint-Sauveur. Peu après une grande montée pierreuse nous permet d’atteindre la chapelle de Soyarce où l’on peut prier en l’honneur de sainte Rita, la patronne des cas désespérés. Christophe m’explique le sens de la croix basque représentant les quatre éléments. Passionnant.

   Le fléchage est clair, sans ambigüité. Nous passons par la chapelle d’Harambeltz venant d’être rénovée. C’était un haut lieu jacquaire. Hélas, elle est close. Nous arrivons à Ostabat-Asme par un chemin pierreux étonnant donnant l’impression d’entrer dans un tunnel. Dans ce petit village où jadis il y avait de nombreuses maisons hospitalières, nous rencontrons Marie-Pierre et les deux enfants. Une nouvelle occasion de partager notre vécu.

   Christophe, qui a de nombreuses musiques en tête - il est inspiré par les événements, me dit-il – décide de s’arrêter pour les noter. Vers 13h00, je le quitte pour me diriger vers Saint-Jean-Pied-de-Port.

   Je fais un long chemin par les crêtes qui va me mener à Larceveau, puis à la Croix de Galzetaburu. Datée de 1714, elle est classée aux Monuments historiques, marquant l'entrée en Garazi.

À Gamarthe, dans une ferme, le paysan offre une dégustation de produits du terroir en libre-service. C’est ainsi que je vais prendre du yaourt liquide, du gâteau basque et du café en donativo. Une femme fait du fromage. On est bien dans la tradition de l’accueil pèlerin. 

  Un peu plus loin, j’aurais aimé bénéficier de l’accueil en chambres paysannes. Contacté par téléphone, j’ai droit à un refus, car je suis seul. Je dois continuer vers Saint-Jean-le-Vieux où je m’installe au gite du camp romain. J’y rencontre Thommas, un pèlerin allemand venant du sud de Vienne après 900 kilomètres de marche. Il doit rentrer chez lui dans les jours à venir. Nous décidons de prendre le repas spécial pèlerin concocté par l’auberge du village, arrosé d’une bonne bière basque brune. À découvrir tant elle a une saveur particulière.

   Vers 21h30, tout le monde dort d’un profond sommeil.

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.    

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