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Publié par Alain Lequien

 

  Ce fut une nuit de réconfort, pas de ronflements (sauf les miens, j’y suis habitué). Une bonne douche bien fraiche m’a permis de démarrer la journée dans de bonnes conditions. À 7h00, je prends un petit-déjeuner bien fourni.

   Aujourd’hui, par obligation, car il n’y a pas d’hébergement entre Deba et Markina, je vais ralentir ma marche, sinon je devrais parcourir quarante-cinq kilomètres. La faute en incombe à une albergue fermée. Et bien tant pis ! On fera avec. Direction vers la petite cité de Zumaia située à trois kilomètres de là. Montée, descente, à la manière du Camino del Norte, très accidenté et montagneux.

   Traversée de l’avant-cité où plusieurs musées abritent des trésors basques. Il est trop tôt, je n’ai pas le temps d’attendre les heures d’ouverture. En longeant le port, je hume les effluves des zones maritimes, fortes et salées. Les habitants sont gentils, m’indiquant où se trouve l’albergue municipale. Je les en remercie, il est trop tôt pour m’arrêter. Je ne suis pas un escargot même si je viens de Bourgogne.

  

En ville, mon attention est attirée par la statue d’une belle lavandière avec son seau. On voit souvent en Espagne ce genre de représentation très figurative. Nous devrions faire de même en France pour sauvegarder l’image de nos vieux métiers dans la mémoire populaire.

   Un peu plus loin, l’ermitage San Telmo, patron des navigateurs, domine la mer. C’est à la fois d’une grande simplicité et d’une grande richesse.    

   La montée se poursuit sur une route suivie d’une piste cimentée traversant de beaux paysages. Mes amis, il n’y a pas photo, c’est nettement plus chic que le Camino Frances. Pourvu que cela dure ! Je suis doublé par un Français, du moins je le croyais tant il s’exprimait bien dans notre langue. Un peu plus tard, j’apprendrais qu’il est Irlandais.

   Les petits chemins me font penser à mes balades savoyardes. Et à Mandrin poursuivi par les gapians qui lui tendent un piège. Décidément, cet ouvrage sur le grand capitaine des contrebandiers me trotte en tête assez souvent en ce moment. Il était prérévolutionnaire[1].

   Toujours aussi peu de monde. Que sont devenus mes compagnons de route du début de ma pérégrination ? Djam a-t-il continué ? J’avais un doute, car l’hospitalier de Saint-Jean-de-Port ne l’a pas aperçu dans sa montée du lendemain. Bruno ? Je n’ai pas de doute, c’est un battant et il avait sa mission à remplir à la chapelle Sainte-Marie d'Eunate, près de Puenta-la-Reina. Un vrai homme de devoir. Marta et Antoine ont-ils repris leur périple vers Fatima ? Et bien d’autres…   

   De nouveau, de dures montées sous un soleil radieux. Pourtant, il est à peine 11h00 du matin. J’arrive à Itziar dont l’église-forteresse se détache nettement sur la vieille ville. J’entreprends la descente vers Deba, ma destination du jour. À l’entrée, un saint Roch est emprisonné derrière une glace. Impossible de le manquer avec ce mur peint en bleu criant. L’arrivée dans la station balnéaire a lieu alors que midi sonne. Oui, vraiment, c’était une petite étape menée tambour battant.

 

[1] Toujours dans ma tête. Prévu en 2018/2019.

Les dépacements à Deba.Les dépacements à Deba.
Les dépacements à Deba.

Les dépacements à Deba.

   La cité, fondée au XIVe siècle, compta trois hôpitaux de pèlerins. De nombreux voyageurs débarquaient ici pour commencer leur pèlerinage vers Saint Jacques.

   Je passe d’abord à l’église, les habitants ayant prévenu qu’elle serait fermée cet après-midi. Je ne sais pourquoi. Sous le porche de l’église Santa Maria la Réal, le tympan d’une grande beauté me fait penser à celui de Vézelay. Je pense aux groupes et à mes amis emmenés sur la colline éternelle. Le cloitre est de belle facture tout en étant de notre conception française. Utilisé comme lieu d’expositions temporaires (sculptures et peintures), c’est un bon moyen d’animer ces lieux anciens et leur donner une nouvelle vie.

   Naturellement, je ne pouvais manquer de photographier une belle Vierge à l’enfant que Pauline aurait aimé admirer, ainsi qu'un Saint-Roch dans sa petite chapelle. Sur ce Camino que, ce dernier et saint Martin de Tours sont très présents pour accompagner les pèlerins.

   À l’office de tourisme, on me délivre un lit numéroté et une clé pour accéder au gîte communal pour cinq euros. Ça va ! C’est loin d’être le luxe puisqu’il s’agit d’une ancienne école désaffectée, du moins, cela lui ressemble. Chose étonnante, pour y accéder, il faut prendre deux ascenseurs situés sur une place permettant de monter rapidement le dénivelé.

   Après la douche, le lavage du linge, je me suis installé au soleil sur la terrasse du bâtiment. Assis sur une chaise, je travaillais sur mon ordinateur lorsqu’un hélicoptère est venu tourner lentement au-dessus de nous. Je ne sais ce qu’il recherchait, mais son manège a bien duré dix bonnes minutes.  

   L’après-midi, je suis allé me baigner. Eh oui, pourquoi pas ? Je ne suis pas en punition. L’eau est sablonneuse et chaude. La plage est bondée, et j’ai un peu de mal à trouver de la place pour bronzer un peu. Un peu seulement, car avec ma peau de blond châtain, j’attrape facilement des coups de soleil. Je sais aussi que la mer, je ne vais plus l’avoir en ligne de mire pendant quelques jours, jusqu’à Portugalete, près de Bilbao. Alors, il faut en profiter.

   Le soir, repas pèlerin (dix euros avec du vin local à volonté) chez Alvarez, en compagnie de quelques pèlerins dont Patrick et trois Français rencontrés à Irún lors de mon arrivée avec Jean-Claude et à San Sébastian. Ces derniers me racontent leur passage le long du chemin de grande randonnée, hors du Camino. Ils ont découvert des merveilles géologiques quand la marée est basse. Zut ! J’ai raté cela.

   Vers 21h00, tout le monde rentre au bercail et regagne son lit. À 22h00, c’est l’extinction des lumières.

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

 
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