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Publié par Alain Lequien

   Je quitte le refuge d’Astorga à 6h30. Je garderais un bon souvenir de cette cité qui vaut le détour, certainement plus que le temps que j’y ai passé. Le temps est frais. J’ai dû manger quelque chose qui a du mal à passer, car mon ventre gargouille qui va m’obliger à un arrêt forcé au milieu d’un champ d’oliviers. Heureusement que c’est de nuit, je suis tranquille. 

   J’ai commencé mon parcours avec une Américaine qui parlait, parlait… Comme je répondais peu - il fallait avoir le temps de répondre -, elle était partie.

Ouf ! En passant à Murias, je prends une photo de nuit avec un soleil commençant son apparition progressive qui m’inspire.

   Après huit kilomètres, à Santa Catalina de Somoza que l’on atteint après une petite montée progressive, je prends mon petit-déjeuner composé de café et de tortillas pour moins de trois euros. J’y rencontre Olivier, un Français d’une trentaine d’années parti du Puy. Il se trouve que Simon m’a parlé de lui, car il l’a fortement impressionné. Je vais le croiser à plusieurs reprises au cours de cette journée. Sont présents aussi deux jeunes Espagnols que je croise de loin depuis plusieurs jours. Nous avons le même rythme et nous nous faisons un salut en passant. Nous assistons médusés, devant le regard incrédule du tenancier, à la bataille épique entre deux chats voulant prendre possession d’un morceau de tortillas.

   Je reprends la route toujours seul pour El Ganso, joli village situé à plus de mille mètres d’altitude. Juste avant, je croise un Espagnol parti sur le Camino avec son âne harnaché comme un cheval de course et son petit chien qui n’hésite pas à monter sur la selle de l’animal porteur.

   À Rabanal del Camino, situé à 1150 mètres d’altitude, je croise de nouveau Olivier attablé devant un café. Nous nous faisons un signe amical. Alors que je sortais de l’église (pour moi toujours un lieu de recueillement), il me rejoint et nous faisons route ensemble pendant quelques kilomètres pour aller vers Foncebadón.

   C’est l’occasion d’échanger sur le Chemin français, plus introspectif, et le Camino espagnol où les motivations apparaissent assez différentes. En quelque sorte le travail personnel en confrontation avec le résultat de la réflexion dans le monde. Ils sont complémentaires.

   Nous parlons aussi de du groupe venant perturber parfois celui qui se trouve sur le Chemin pour des raisons spirituelles. Le Nous du groupe facilite certes le parcours et la vie sur le Chemin avec ses questions : On s’arrête où ? On mange où ? On fait quoi ce soir ? Il est parfois contradictoire avec le Je du travail personnel. Je ne peux m’empêcher de penser au travail réalisé sur le chemin initiatique, le travail personnel enrichi par le travail collectif.

   Le chemin est maintenant raide, et peu à peu, Olivier me lâche. Il dépasse Foncebadón pour s’arrêter au Refugio Templario de Manjarín. Nous en reparlerons demain.

   La montée est maintenant très raide. Je vais rester au refuge de Foncebadón situé à mille quatre cent quarante mètres d’altitude. Pour quatorze euros, je passe la nuit (sur un matelas), prends le repas du soir et le petit-déjeuner à volonté de demain matin. Que demander de plus ?

   Je n’y retrouve aucune figure de mes compagnons de route, aucun Français. Cela me va très bien. J’ai plusieurs rubriques en retard pour mon blog. Je profite de ces quelques heures pour me mettre à jour. Comme j’avais froid malgré le port d’un pull, un jeune hospitalier est venu m’apporter un chocolat chaud. Qui ose dire que l’on ne prend pas soin de nous ?

   Le repas du soir est pris avec deux Néerlandaises et une Danoise. Un échange particulièrement intéressant sur nos systèmes éducatifs. Et aussi un questionnement sur le fameux Refugio Templario de Manjarín. Je ressens une certaine méfiance vis-à-vis d’eux.

   Coucher vers 22h00, je me lève tôt demain

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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