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Publié par Alain Lequien

    Je me lève vers 6h00. Le temps est froid et maussade. Comme nous sommes en montagne, le plafond du ciel est très bas. Après un solide petit déjeuner, j’attends le départ du groupe équipé de lampes pour éviter de me perdre sur ces chemins de montagne. Nous allons ainsi atteindre la Cruz de Ferro qui se détache dans la nuit sombre.

   Il nous faut nous abriter sous la chapelle, car maintenant il tombe une petite pluie froide et il faut recouvrir le sac de sa couverture. Je ne mets pas le poncho, car il ne pleut pas assez.

   Direction maintenant Manjarín où Olivier a dû dormir. Je suis très étonné. Lorsque je passe devant le lieu supposé du Refugio Templario de Manjarín, cela ne ressemble nullement une albergue. Tout est silencieux, il ne semble pas y avoir la moindre activité. Je plains Olivier s’il a trouvé porte close et s’il a dû rejoindre Acelbo situé sept kilomètres plus loin. Cela me fait penser à notre galère en trouvant porte close après Léon. 

  Cette minuscule enclave de montagne abritait autrefois un hôpital pour les pèlerins. Le refuge est réputé pour avoir conservé une atmosphère médiévale où les pèlerins ne trouvent ni salle de bain ni douche. Au fil des ans, l’hospitalier vêtu d'une tunique blanche à croix rouge, aidé par des adeptes de l'Ordre du Temple Refondé (??) aurait reçu plus de 70 000 pèlerins. Je suis trop libre par nature pour aller dans un tel lieu qui, s’il parait sympathique et sortant de l’ordinaire, me parait incompatible avec mes valeurs éthiques. 

   Le terrain est parfois difficile, mais comment ne pas admirer cette végétation se détachant entre le jour naissant, le brouillard et la pluie fine qui vous glace. Depuis quelque temps, je fais route avec une Coréenne dont j’entends les petits pas saccadés. Sinon, aucun bruit, quelquefois des mots italiens et espagnols parvenant de façon confuse de groupes marchant rapidement qui nous croisent. Nous arrivons à plus de 1500 mètres d’altitude à la Pena de la Escurpia.

   C’est la descente rapide au milieu des rochers. Avec mes sandales, ce n’est pas terrible, je risque à chaque instant de glisser et de me ordre les pieds.  

   À Cabeza del Acebo, je prends un bon café corsé bien chaud qui me remet en selle. J’en avais besoin même si la pluie a cessé maintenant, car il fait encore froid. De loin, j’aperçois le soleil qui fait son apparition. La journée ne sera donc pas uniquement de la pluie.

   À partir de Riego de Ambros, le paysage change assez fortement. C’est un grand plaisir de passer ainsi au milieu de la végétation. Sans oublier cette descente vers Molinaseca. Décidément, ces monts de Léon vont me laisser un grand souvenir.

   Je pousse mon parcours quotidien jusqu’à Ponferrada, à 600 mètres d’altitude, en passant par Campo. Le temps d’apercevoir en passant une piste de voitures et d’avions téléguidés. C’est le changement. Je quitte la solitude du chemin, des sentiers de montagne pour une grande ville.

   À l’arrivée au refuge San Nicolás de Flüe Suize de plus de 200 lits. Il y a une longue queue. Après une bonne heure, je peux accéder à un lit. Il y a tant de monde que lorsque je tape cette chronique, les hospitaliers vont installer des matelas dans la bibliothèque servant aussi l’Internet.

   Je n’ai pas eu le temps de visiter le château templier. C’est au XIIe siècle qu’ils prirent possession de la forteresse initiale, la renforçant et l’agrandissant pour assurer la protection des pèlerins allant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il s’étend sur plus de huit mille mètres carrés. Ils l'occupèrent jusqu'à la dissolution de leur ordre en 1312.

  J’ai pris le temps de visiter la chapelle du lieu, décorée d’une fresque très réaliste de Maitre Jacques, mais aussi de la Basilique Nuestra Señora de la Encina.

   Voilà une journée pleine où je suis de nouveau seul face à moi-même. Hormis les deux Espagnols déjà cités, et quelques Coréens, pas de têtes connues. Une multitude d’Italiens.

   Il est bientôt 19h00, et je vais aller prendre mon menu Pellegrino dans un bar. De toute façon, il n’est pas possible de cuisiner, il y a trop de monde qui attend.

   Coucher vers 22h00, je ne pus m'endormir que vers minuit. Devinez pourquoi.

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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Mammatinik 07/08/2012 09:01


oh, vous êtes juste 2 journées de marche devant mon fils !!! peut être l'avezvous doublé!