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Publié par Alain Lequien

    Ce matin, je pars très tôt, à peine 6h00, car les sorties de ville sont moins stressantes lorsque la circulation est nulle. En passant, je prends la photo de l’immense château dominant la vieille ville dans la lumière blafarde du matin.

   Le premier village est Columbrianos où je prends cette photo très intéressante d’un maître Jacques réalisé en faïence. Après quelques kilomètres j'arrive à Fuentesnuevas où non seulement il y a l’Ermita Santo Cristo, mais aussi l’envol du soleil entre deux montagnes.

Marchant seul, mon pas est assez rapide. Je traverse différents hameaux aux maisons typiques comme celles avec des terrasses en bois. Plongé dans mes réflexions, je ne suis entrecoupé que par les buen Camino des cyclistes, et quelques Hola ou Buen diaz des gens du cru. Le trajet se fait majoritairement sur route jusqu’à Camponaraya où je fais provision de bouche (tomate, orange, charcuterie, pain).

   Après la sortie de cette cité, tout change après le passage sur le pont de l’autoroute. Le modernisme est toujours présent certes, mais les paysages deviennent magnifiques. La route fait place à des chemins au travers des vignes.

Je marche un moment avec un Coréen du sud, mais notre anglais mutuel parait à l’un et à l’autre un peu incompréhensible.

   Je traverse des villages typiques de vignerons et d’éleveurs. Cela sent la campagne. Puis à Cacabelos, une cité de 4000 âmes.  Quelques kilomètres plus loin, j’arrive à Villafranca del Bierzo, une grande et belle cité située dans une vallée. Elle fut une étape majeure du Camino dès le XIIe siècle sous le nom de Vicus Francorum ou Villa Francorum en raison des nombreux pèlerins francs qui s'y fixèrent définitivement.

Étape 56 : Ponferrada (Cast.) à Trabadelo (Cast.) – 33 km (1571 km)
Étape 56 : Ponferrada (Cast.) à Trabadelo (Cast.) – 33 km (1571 km)Étape 56 : Ponferrada (Cast.) à Trabadelo (Cast.) – 33 km (1571 km)
Étape 56 : Ponferrada (Cast.) à Trabadelo (Cast.) – 33 km (1571 km)

Moins glorieuse, en 1809 la garnison française se rendit à la milice espagnole. Je la traverse assez rapidement, car il est seulement midi. Mon intention est de me rendre au-delà aujourd’hui.

   Le problème, quand on arrive trop tôt au bout d’une étape, c’est d’avoir l’impression de perdre son temps, de ne plus être en mouvement. En passant, un maître Jacques attire mon attention. Aussi, mon intention première est de faire halte à Pereje.

J’entame une longue montée sous le soleil qui m’amène à trouver un coin sympathique et ombragé le long d’une rivière pour y déjeuner seul. Je me trouve à l’écart de la route.

   La longue et peu séduisante route aménagée pour les pèlerins longe à la fois une route de montagne peu fréquentée et surtout l’autoroute qui passe en hauteur.

De chaque côté, on peut toutefois admirer la vallée encaissée entre deux montagnes.

   La déviation vers Pereje est presque une respiration. Moins de bruit, plus d’arbres, bref ce que j’aime. Mais en arrivant au refuge, il n’y a déjà plus de place. Il me faut aller plus loin.

Ce fut Trabadelo qui se trouve à cinq kilomètres de là. Soit une heure de marche.

   Votre serviteur n’hésite pas, il y va d’autant plus rapidement qu’il n’est pas tard et que le soleil tape fort. Alors, autant en finir... La déviation vers ce village passe en forêt sur une route ombragée. Une vraie respiration. Je vois d’ailleurs plusieurs groupes de pèlerins (ou de marcheurs) qui se sont arrêtés pour profiter de la fraicheur. Moi, j’ai hâte d’une bonne douche… et d’une bonne cerveza.

   Je fais halte à la première albergue privée trouvée. L’accueil est peu commercial, miss sourire a dû se lever du mauvais pied, mais bon. L’idéal est d’avoir un lit et une bonne douche. Je profite d’ailleurs des lieux pour laver toutes mes affaires ce que je n’avais pu faire en ville.

En faisant un tour au village, je découvre un café où le patron parle français. Lui demandant le menu du soir - il y a de la truite – je retiens mon repas pour le soir pour huit euros cinquante.

   Revenu au refuge, je vois arriver Charles à qui je propose de partager une bière. Il prend la dernière place du refuge. Il e dit avoir reçu quelques subsides de la part de son père. Nous allons manger chez notre Espagnol francophone où nous sommes servis comme des rois.

   Coucher vers 21h00. Je grimpe sur le lit du dessus. Tant pis pour mon dos.

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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