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Publié par Alain Lequien

   De nombreux pèlerins répètent à qui veut l’entendre qu’il ne trouve pas de place dans les albergues dans les cent derniers kilomètres vers Santiago. Alors que l’on est au début du mois d’aout, mon expérience dit le contraire. La nuit dernière, nous étions que neuf pour douze places. Cette nuit, dans la chambrée de neuf, nous étions quatre. Le tenancier de l’albergue m’a expliqué que huit personnes avaient réservé et que certaines ne sont pas venues. « C’était, me dit-il avec sa verve, des Espagnols. » Sic…

   Lever vers 6h00 pour un départ un quart d’heure plus tard. Il fait nuit. J’ai la chance de rattraper un groupe d’Italiens portant des lampes. Je vais les accompagner jusqu’au lever du jour. Il est vrai qu’il faut faire attention, car peu de temps après avoir quitté A Ponte Campaña, il y a une descente un peu risquée parmi des blocs de pierre. De nuit, cela peut faire mal.

   En cours de route, je rencontre une église fermée qui attire mon regard par sa rugosité et sa simplicité. Je trouve que ces petites églises sont peu mises en valeur. Je passe ainsi par Casanova, O Leboreiro, Furelos pour me diriger vers Melide, une pause gastronomique.

En passant sur une large allée de la zone industrielle, je trouve de nombreuses stèles portant des noms. Pourquoi ? Mystère. Deux jeunes pèlerins espagnols interrogés n’ont pu me fournir d’explication.

   Melide est une cité dont la réputation est de servir des morceaux de poulpes avec un grand savoir-faire. Il ne faut pas mourir idiot, car je ne sais si je ne repasse pas par ici, j'aurais manqué quelque chose d'étonnant. Malgré l’heure matinale – 8h30 -, je cède à la tentation. Oui, je sais, c’est un péché… Mais non, c’est juste profiter de ce que la nature nous propose.

   Les poulpes arrivent dans de grands tonneaux de plastiques. Il s'agit pour nous de manger principalement les tentacules de couleur rougeâtre. Le cuisinier les saisit une par une, les plonge dans de grands faitouts où bouillonne l’eau où, d’après ce que j’ai compris, contient du laurier, du gros sel, du poivre… Quelques minutes plus tard, c’est cuit. Il ressort l’animal, découpe les tentacules en petites rondelles, met de l’huile d’olive et du piment.

Le tout est servi dans une assiette en bois.   

   J’ai pris un grand plaisir à déguster ce bon plat. Par contre, le vin servi dans un bol était épais comme du sang et avait un goût âcre. Je n’en ai bu qu’une seule gorgée. Et, allez-vous me dire, as-tu été malade ? Eh bien non ! au contraire, cela m’a donné des forces pour la journée.

   Je continue mon périple sans visiter les monuments, car il y a de nombreux marcheurs maintenant. Je suis pris dans un train de pèlerins. La cité fait la jonction avec les pèlerins venant du Camino Primitivo en provenance de Lugo. Les églises, comme celle de Santa María, sont de toute façon closes. 

  À Ribadiso da Baixo, je retrouve mes Italiens profitant de la rivière pour faire trempette. Ils sont parfois gênants par leur volubilité, mais ils savent s’amuser. D’ailleurs en passant, ils me font de grands signes pour venir les rejoindre. Je décline avec un grand sourire.

   Je fais quelques courses à Arzúa où je n’irais pas dans l’une de ses très nombreuses albergues. Par contre, je risque de faire du kilométrage, car rien n’apparait dans mon guide avant une bonne dizaine de kilomètres. Au pire, je dormirais dans un coin avec mon sac de couchage.

   Petite halte à la sortie de la ville auprès d’une fontaine. Un vieux monsieur un peu fatigué arrive dans une vieille voiture pour y prendre de l’eau. Elle doit être certainement très bonne, c’est ce que j’ai compris du moins. De toute façon, j’en bois, car elle est très rafraichissante et rien n’indique qu’il ne le faut pas.

   En passant par Pregontuño, Al Calzada (où je vais boire un café), A Calle, j’arrive enfin à Boavista. Il n’y a pas d’albergue, simplement un habitant local qui a ouvert un refuge en donativo dans sa maison. Je saute sur l’occasion, car j’ai trente-sept kilomètres dans les pieds. L’accueil est sympathique. Je fais la connaissance d’un couple de Polonais travaillant dans le spectacle, parti de Santander pour prendre la voie du Nord, le Camino Norte.

Il rejoint justement le Camino Frances à cette hauteur.

   Dans le refuge, seul le lit et la douche sont fournis. Il faut se débrouiller pour le reste dans les cafés avoisinants. C’est ce que je fis à la Casa Verde où je mange deux énormes sandwiches et une bière pour sept euros. La décoration est originale. Le plafond et les murs sont recouverts de commentaires et de signatures de pèlerins. J’y appose la mienne à la demande de la patronne. Sans oublier une ambiance musicale des années 60/70.

   Ce refuge est placé le long d’une route fréquentée, cela ne va pas faciliter notre repos. Sans oublier le bruit des discussions tardives et fortes des Espagnols auxquels se sont joints des Français.

   Enfin, vers minuit, cela se calme…

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

La Casa Verde.La Casa Verde.

La Casa Verde.

   Ce refuge est placé le long d’une route fréquentée, cela ne va pas faciliter notre repos. Sans oublier le bruit des discussions tardives et fortes des Espagnols auxquels se sont joints des Français.

   Enfin, vers minuit, cela se calme…

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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