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Publié par Alain Lequien

   À 16h45, je quitte en bus Fisterra pour Santiago. Le véhicule est plein. Dans le coffre du bus, des vélos utilisés par des pèlerins. La durée du trajet fut environ deux heures en passant par Cee déjà citée, mais également des villes et villages pour certains le long de la côte. Une sorte d’interlude touristique permettant de découvrir d’autres espaces. Par exemple, ce village construit au milieu de blocs de rochers impressionnants ou cette construction moderne imitant le traditionnel bâtiment de séchage de maïs, recouvert d’un jaune éclatant.

J’aurais souhaité prendre le temps de quelques photos des petits ports de plaisance. Hélas pour moi, je ne suis pas du bon côté du bus.

   Vers 19h00, arrivé à Santiago, je me mets à la recherche d’une albergue située près de la gare. Mes pas me mènent au Seminario Menor de la Asunción, un grand bâtiment austère positionné sur une colline dominant la cité. Il a l’avantage de posséder de nombreux lits et n’est pas trop éloigné du centre-ville.

Je prends une chambre individuelle pour ma dernière nuit pour dix-sept euros (le prix est de douze euros pour la partie collective). La chambre est certes monacale (ici vivaient jadis des élèves, futurs religieux), mais je vais pouvoir dormir sans ronflements… sinon le mien.

   Le bâtiment est immense, sur trois étages, avec de nombreux lits répartis par zones. Après une bonne douche bien chaude, je sors en ville en traversant un parc, puis quelques petites rues classiques des anciennes cités. Un quart d’heure de marche, c’est largement faisable après mon périple.

J’ai bien repéré les lieux pour éviter de me perdre au retour. De plus, le bâtiment est visible de loin.

   Santiago, source du pèlerinage, possède cette capacité très espagnole d’être toujours en fête. Dès mon arrivée, j’assiste au spectacle de rue d’une chanteuse interprétant en français « J’ai deux amours, mon pays et Paris » avec un petit accent espagnol. Habillée de noir, elle a beaucoup de talent.

   Continuant mon périple,  nouveau spectacle de rue mettant en scène un clown face à un public nombreux massé sur les marches de la partie arrière de la cathédrale. Il s’adresse surtout aux gamins et aux familles par ses mimiques. L’enfant qui est près de lui se montre particulièrement participatif et déluré, faisant éclater de rire les assistants. Conquis, le public fut généreux lors du passage du chapeau traditionnel.

   Sur la grande place de la cathédrale, j’entends de nouveau le son de la cornemuse qui m’avait tant provoqué d’émotions lors de mon arrivée à Santiago. À l’écoute de ses émotions, en ne restant pas enfermé dans l’isolement de l’albergue, on peut vivre le Camino en se montrant réceptif à ce qui se déroule autour de soi.

   Le Chemin, le Camino, je le répète, n’est pas une punition que l’on s’inflige, n’est pas tristesse. Il est introspection dans la marche solitaire et ouverture lors de la vie en communauté. On ne peut s’aimer, s’appréciait, se reconnaitre pour ce que l’on est en acceptant les autres tels qu’ils sont. Cela n’empêche pas d’être critique sur leurs actions si cela apparait nécessaire. On ne doit pas juger les personnes, mais leurs actes.

   La foule est toujours aussi importante dans les rues où sont installés les restaurants à touristes. Je m’en éloigne. Dans une petite rue, je vais manger dans un petit restaurant traditionnel qui ne paie pas de mine.

Il y a un peu de monde au bar, deux ou trois touristes comme moi perdus parmi les Espagnols. Cela me va bien d’autant qu’il propose un menu du jour à sept euros qui n’a rien à voir avec le menu Pellegrino habituel. La salle de restaurant est située à l’étage. Sa superficie et son décor font plutôt penser à une salle à manger privée avec ses quatre tables. Superbe, c’est ce que je voulais, de l’authenticité. Un couple de touristes anglais est déjà attablé. Pour l’instant, nous sommes les seuls clients.

Le repas fut simple et copieux : friand maison au poisson, viande de bœuf avec frites, gâteau de Santiago à la crème. Un bon choix.

   Vers 23h30, c’est le retour vers l’albergue avant la traditionnelle fermeture des lieux à minuit. Dehors, quelques fumeurs qui grillent leurs dernières cigarettes journalières.

  Je traverse les couloirs donnant sur les salles où sont alignés de nombreux lits, et retrouve ma chambre. Belle journée, demain je prends le train pour la France.

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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