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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

   Après une mauvaise nuit, alternant périodes de sommeil et d’éveil dans le noir, je suis l’un des premiers à me lever. Vers 5h00, je quitte le dortoir de quarante lits pour aller dans la première pièce, espérant dormir sur le canapé. Il est déjà occupé. Je me rabats sur un mauvais fauteuil. L’homme allongé ronfle, mais ce n’est pas grave. N’ayant plus envie de dormir, je travaille un peu sur mon ordinateur. Cela ne vient pas. Vous savez, comme tout auteur, il arrive cette page blanche où rien de concret n’arrive à l’esprit ! Je vais prendre une douche. L’eau est chaude contrairement à hier soir.

   Vers 6h00, plusieurs pèlerins se lèvent et viennent préparer leurs sacs hors du dortoir. J’approuve cette démarche, car elle évite de déranger ceux qui veulent dormir plus longtemps. Je fais de même, car je dois rejoindre Guy devant le bar près de sa pension. Comme je suis en avance, je patiente devant la pension. Un Italien me propose du thé, que j’accepte avec plaisir. Nous échangeons sur le Chemin en anglais. Il prend la route après lui avoir dit que j’attendais un ami. Peut-être cherchait-il un compagnon de route ? Je ne le reverrais pas.

   Guy arrive. Nous dirigeant vers le bar, nous nous apercevons qu’il n’est pas encore ouvert. Nous décidons d’attendre. Les propriétaires arrivent au bout de dix minutes en voiture. Nous prenons un solide petit-déjeuner avant de partir en direction d’Olveiroa. Nous passons devant le monument des émigrants à deux faces dont je vous ai parlé hier. En gravissant la route, nous passons non loin de l’auberge municipale. Aucun pèlerin en vue.

   Guy[1], âgé d’une cinquantaine d’années, est un grand sportif courant sur les longues distances. Mais ce sont surtout nos beaux et bons échanges qui sont riches. Nous partageons des valeurs humanistes communes. Ayant conservé quelques restes sportifs, de temps en temps comme des gamins, nous nous tirons un peu la bourre, comme on dit. Il est souvent le gagnant. L’abandon de la compétition pour des raisons médicales a été pour moi une petite mort qu’il m’arrive encore de ne pas assumer.  

  Nous suivons en fait l’ancien Camino Real, le chemin des rois. Certains chemins passent dans la forêt d’eucalyptus, d’autres sont goudronnés comme trop souvent. Arrivée à l’Alto da Cruz, le soleil refait son apparition.

   Les villages défilent, Zas, À Pena, Vilaserio (où nous nous étions arrêtés avec Éric l’an dernier), Pesadoira, Cuiña… Beaucoup de petites églises rurales au granit recouvert de lichens, de séchoirs de maïs, les fameux hórreos. On se croirait en Bretagne… 

   Comme il est midi, je propose à Guy de découvrir le pot-au-feu galicien que j’avais apprécié l’an dernier avec Henri. Mais point… En fait, je vais m’apercevoir plus tard que je me suis trompé… d’endroit. Ce n’est pas bien grave, on a bien mangé quand même près de la petite église rurale dont les anges couvraient le mur du cimetière.

   Nous reprenons la route vers Olveiroa. Le chemin contourne le Monte Aro. Nous apercevons l’Embalse da Fervenza, une retenue d’eau de 1250 hectares de superficie alimentant une centrale hydroélectrique. Puis, c’est Lago, Corzón, Mallón… Guy s’est arrêté, je marche seul pour l’instant. Au loin, c’est une forêt d’éoliennes que l’on aperçoit. Très franchement, je trouve que cela dénature le paysage. 

   Arrivé à Olveiroa, j’attends Guy en sirotant un coca dans une albergue neuve où de nombreux pèlerins ont fait halte. Mon compagnon de voyage arrive, il s’était trompé de route à l’entrée du village. Après nous être rafraichis (il fait toujours très chaud), nous décidons de continuer, car les pèlerins sont trop nombreux dans cette albergue.  

  Je reconnais le chemin parcouru l’an dernier. Nous entamons la montée du Monte d’O Sino en suivant le chemin forestier serpentant au pied des éoliennes. Il est vrai que s’il fait chaud, l’endroit est venteux. Au loin, l’élargissement du Rio Xallas dont nous devons franchir une des branches.

Nous avons du mal à trouver le sentier qui doit mener au pont. Pendant que je continue un moment, Guy revient en arrière. Ce manège va durer une bonne heure. Finalement, nous trouvons le bon sentier que je ne reconnais pas. Il est vrai aussi qu’à cause de la végétation, le marquage jaune est assez défaillant.

 

  Après le pont, c’est l’arrivée à O’Logoso. L’auberge en construction l’an dernier est ouverte. Ouf ! J’avais été obligé d’aller jusqu’à Cee. Nous nous y arrêtons. L'endroit est agréable, les hospitaliers accueillants, la nourriture de bon aloi. Tout près, un magnifique hórreo remis en état. Nous allons nous y reposer après cette longue marche de 36 km sous le cagnard.

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

 

[1] J’ai gardé un fort contact amical avec Guy. Quand il vient à Dijon pour le travail, nous nous voyions à chaque fois. Lors de divers cheminements (voie d’Arles, voie du Piémont), Guy et son épouse m’ont hébergé à plusieurs reprises quand je suis passé à Montpellier. Comme quoi, les liens sont et demeurent forts.

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