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Publié par Alain Lequien

 Après mon arrivée à Santiago, j’ai cherché où loger. En venant, j’ai aperçu de nombreuses albergues. Mais toutes se situaient assez loin de la cathédrale. Et puis, j’ai envie d’un lit douillet sans la proximité des chambres collectives des albergues. Près de la cathédrale, à moins de cinquante mètres, j’aperçois le San Martin Pinario, un hôtel intégré dans un ancien monastère datant du XVIe siècle. C’est certes un peu prétentieux de ma part, peut-être onéreux pour ma bourse. Mais, qui ne tente rien n’a rien.

   Vous qui me connaissez bien, il m’arrive parfois d’avoir du culot. J’entre et me dirige directement vers la réception pour demander s’ils ont des chambres pour pèlerins. Le réceptionniste me dit qu’il n’y en a plus.

Peut-être a-t-il lu ma déception sur mon visage ? Il me propose de patienter un quart d’heure pour s’assurer que les chambres retenues sont bien confirmées.

   C’est alors qu'il m'annonce la bonne nouvelle, l’une d’entre elles vient d’être annulée. Quand il me donne le prix, je lui fais répéter deux fois : vingt-trois euros petit-déjeuner compris. Soit deux fois le prix de l’albergue. Pas cher ! Comme j’ai l’intention de passer une journée à Santiago, je réserve deux nuits.   

Certes, c’est une chambre sans charme au quatrième étage sous les toits, mais j’ai un lit confortable avec des draps, douche et w.c. privatifs. Je peux accéder à l’environnement luxueux de l'hôtel. Le restaurant situé dans une grande salle ancienne voutée de plusieurs mètres de hauteur sert un déjeuner à douze euros et un diner à dix euros, vin compris. C'est moins cher qu’en ville.  Sans oublier de bénéficier d'un très beau cloitre à faire rougir bien des abbayes.

   Je m’installe, me douche longuement, me repose un peu et profite du wifi pour mettre à jour plusieurs chroniques. Puis, je me rends sur la place de la cathédrale où se regroupent tous les nouveaux arrivants, certains étant arrivés plus ou moins tard. C’est ainsi que je me congratule avec des Coréens, un Espagnol, deux Italiens, mais pas de trace de Charles, Simon, Bjorn, Ramon et les autres… Je tenterais plus tard.

   Après diner, où je mange de nouveau du poulpe – question qualité et goût, rien à voir avec ce que j’ai mangé à Melide -, je sors en ville. Je vois beaucoup de monde : des jeunes, des vieux, des femmes, des enfants. Les petites rues touristiques sont remplies de restaurants pleins à craquer malgré les difficultés économiques. Il est clair que la ville qui reçoit plus de 270 000 pèlerins par an vit très bien de sa vigueur.

   On peut assister à des spectacles de rues. Un orchestre avec des chanteurs fait particulièrement recette à tel point que les assistants reprennent en chœur les chansons et dansent. Ainsi, après la solitude et les efforts du chemin, il existe chez les pèlerins une volonté de s’amuser, de se défouler après la grande retenue. Cette tradition existait d’ailleurs au Moyen âge, comme on peut le lire dans des chroniques locales.

   Derrière la cathédrale, un second spectacle avec deux jeunes acteurs déguisés en clown fait aussi salle comble. Salle n’est pas le vrai mot d’ailleurs. Le public est assis sur les marches, ceux qui n’ont pas trouvé de place forment un grand cercle. Tous applaudissent à tout va le jeu des acteurs.

   Sur la grande place de la cathédrale, malgré la nuit qui est tombée, des groupes chantent, dont de nombreux scouts italiens. Il est vrai que les pèlerins italiens arrivent en seconde position derrière les Espagnols loin devant les Français. L’an dernier, plus de vingt mille compatriotes ont reçu le Compostela pour un parcours réalisé en une ou plusieurs fois, soit sur une année comme votre serviteur, soit sur plusieurs années pour d’autres. Chacun fait comme il peut.

   Bonne nuit, à demain.

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