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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

   Quelques mois après mon passage, c’est avec tristesse que je vous conte mon passage au sanctuaire de Nosa Señora da Barca à Muxía.

   En effet, au petit matin du 25 décembre 2013, un incendie provoqué par la foudre détruisit le toit et en grande partie les retables et les images religieuses du sanctuaire. La sacristie et les objets du culte furent totalement dévastés par les flammes. L’incendie s’est étendu à travers la charpente de bois qui soutenait le toit d’ardoises. L’image gothique de Notre-Dame-de-la-Barque, datant de la seconde moitié du XIVe siècle et portant une couronne d’or, fut préservée de l’incendie. Le curé de la paroisse la conservait au presbytère. 

   Aussi, le parcours conté se situe avant ce drame.   

   En sortant de Muxía, vers la pointe, on longe le Monte Corpiño, en suivant le Camino da Pel, le chemin de la Peau.

Le nom de ce dernier provient de la présence d’une fontaine se trouvant à proximité où les pèlerins effectuaient leur toilette comme symbole de purification et de respect avant de pénétrer dans le sanctuaire.

   L'histoire la plus ancienne de Muxía est liée à l’ensemble des imposantes pierres situé à Punta da Barca, un endroit privilégié près de la mer, le sanctuaire de Nosa Señora da Virxe da Barca et le phare de Punta da Barca. 

La légende raconte que l'apôtre Jacques fut mis à mal par les habitants de la ville de Duio qui refusèrent sa prédiction. Lui désobéissant en rendant hommage au Soleil, la région fut submergée sous les eaux entraînant la fin de ses habitants. Jacques se retira sur la Côte de Muxía pour prier et demander à Dieu que le peuple cesse son aversion pour sa prédication.

   Pour l’encourager dans son évangélisation difficile de la Galice, la Vierge serait venue jusqu’à ce promontoire rocheux fouetté par les vagues  dans un bateau en pierre, accompagnée de rameurs angéliques.

   À partir de cette légende chrétienne, d’autres mythes commencèrent à se développer. Ils donnèrent lieu à de nombreux rituels et engendrent des histoires magiques. 

  Trois pierres symbolisent principalement cette apparition : l’oscillante Pedra de Abalar, longue de près de neuf mètres, large de sept mètres, la Pedra dos Cadrís (pierre des reins) sous laquelle il faut passer dessous et La Pedra do Timón.

   La Pedra de Abalar, la pierre à bouger, est censée être le bateau de pierre resté sur place après la rencontre entre l'apôtre et la Vierge. Selon la tradition, seuls les innocents ou ceux libres de tout péché y parviennent. Une croyance populaire veut que cette pierre se balance pour exaucer les vœux de celui qui le mérite.

Elle aurait une autre utilité, elle serait la seule à présager un malheur, à déterminer la culpabilité ou l'innocence de quelqu’un.  

   À la Pedra dos Cadrís ou Piedra de los kidneyos, en raison de sa forme, sont attribués des propriétés curatives. La tradition veut qu’il faille passer neuf fois en dessous pour guérir les maladies rénales, les maux de dos et de tête. Elle symbolise la voile du bateau de la Vierge.  La Pedra do Timón est ainsi nommée pour sa ressemblance avec le gouvernail d'un navire. Selon la légende, elle serait le gouvernail du bateau de la Vierge.

Muxia : sanctuaire de Nosa Señora da Virxe da Barca.
Muxia : sanctuaire de Nosa Señora da Virxe da Barca.
Muxia : sanctuaire de Nosa Señora da Virxe da Barca.
Muxia : sanctuaire de Nosa Señora da Virxe da Barca.

Muxia : sanctuaire de Nosa Señora da Virxe da Barca.

   J’ai appris que quelques jours plus tard, le premier dimanche suivant le 8 septembre, une populaire romería (fête religieuse) sera organisée. Elle est le trait d’union entre la dévotion des marins à la Sainte Vierge et la célébration de traditions préchrétiennes comme l’est le culte des pierres. Ce jour-là, outre la dégustation de la caldeirada, on fait danser la Pierre d’Abalar en essayant de la déplacer on passe sous la Pedra dos Cadrís pour guérir.  

Construit à l’initiative des comtes de Monforte, le sanctuaire de Nosa Señora da Barca (Notre-Dame-de-la-Barque) fut érigé pour commémorer cet événement. Il domine l’océan et nous gratifie de sa superbe silhouette en pierre granitique construite au début du XVIIIe siècle à l’emplacement d’un temple datant du XIIe siècle. Aux alentours, le paysage est d’une austère beauté rappelant les temps celtiques : côte très échancrée, rochers aux formes magiques lissés par l’érosion.

Muxia : monastère et paysage.Muxia : monastère et paysage.

Muxia : monastère et paysage.

   J’ai la chance d’assister à un mariage local haut en couleur, restant près de la sortie du sanctuaire pour assister à la fin de la cérémonie. J’ai profité de la sortie des assistants pour prendre quelques photos, notamment la statue de la Vierge et les beaux vitraux modernes contant l’histoire du lieu. J’ai été pris par le temps car un civil me demanda de quitter rapidement les lieux.

   Je me dirige vers le Monte Corpiño où j’ai pu apercevoir en contrebas le sanctuaire et son ancien monastère, ainsi que les collines tombant dans la mer, des murets de pierre à l’irlandaise décomposant le paysage en petits champs dont l’utilité serait de retenir la terre. 

   Sur cette hauteur, un étrange monument représentant un rocher fendu. Il serait dédié selon mes sources aux nettoyeurs des côtes à la suite des naufrages.

Retour en ville, le soleil commence à se coucher à l’horizon. Le temps venteux devient frisquet. En redescendant vers le port, je décide d’aller manger du poisson frais. Un restaurant propose une sorte de bouillabaisse de poisson de roche dénommée caldeirada, la fameuse recette traditionnelle de la romería. Je la déguste avec délectation.

   En sortant, je tombe sur Octave, le jeune français rencontré à plusieurs reprises. Étudiant en architecture à Barcelone, il revient du sanctuaire où il a pris des photos du soleil couchant. Nous prenons rendez-vous demain-matin très tôt pour prendre le bus en direction de Santiago. Peut-être est-ce lui, le pèlerin à la tente ? J’ai oublié de lui poser la question.  

   À demain, à Santiago - Alain, Bourguignon la Passion.

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